«On ne sait toujours pas quand on s’arrête»

«On ne sait toujours pas quand on s’arrête»
«On ne sait toujours pas quand on s’arrête»

Une belle ambiance pour terminer une journée désertique. Un désert tennistique, avec la pluie qui a privé Roland-Garros d’un mercredi alléchant. Un désert humain aussi sur le court Philippe-Chatrier avec ces loges toujours aussi vides et cette ambiance un peu creuse constatée par Caroline Garcia en début d’après-midi. Pour la session de nuit, rien de tout ça. Des chansons, une tribune bleue bien décidée à encourager au maximum Richard Gasquet dans sa mission impossible et un génie tennistique du Français qui a même impressionné Jannik Sinner.

L’issue de ce 2ème tour semblait écrite d’avance mais Richard Cœur de Lion n’a pas voulu céder. S’il l’a fait, c’est face aux preuves de supériorité adverse (6-4, 6-2, 6-4). Gasquet se souviendra avec tendresse de cette soirée. Les joies de la session nocturne sur le Central ne sont pas si communes. “Il y avait de belles émotionsil expliqua. C’est agréable de jouer le soir. Il y avait pas mal de monde, c’était la première fois que je voyais le tribunal le soir. C’était agréable de jouer.»

A-t-il eu un petit pincement au cœur en sortant du tribunal ? A presque 38 ans, alors qu’il se bat pour retrouver sa place dans le Top 100 et que seul l’amour du jeu le fait encore avancer, cela aurait été logique. Mais, comme beaucoup d’autres récemment, dont le roi de Paris, Gasquet n’a pas tranché. Ou plutôt : Gasquet se laisse encore le temps de décider. L’édition 2025 aura-t-elle lieu avec lui ?

Les heures supplémentaires des vétérans ont une logique

Je ne sais pasa-t-il admis d’emblée. Je n’ai pas de réponse au-delà de cela. Je le prends mois par mois. C’est difficile à savoir, on ne sait toujours pas quand on s’arrête. Je ne sais pas exactement. J’essaie déjà de voir, d’aller plus haut dans les 100 premiers. Après, on verra si c’est l’année prochaine. Je n’en ai aucune idée. Évidemment, plus ça avance, plus il se passe des choses, mais je ne peux pas répondre à cette question. C’est bien de gagner un match ici, c’est bien pour l’avenir, mais on ne sait pas comment on va jouer. Si vous avez une blessure. Tout est possible

Cette réponse est peut-être difficile à entendre mais résume parfaitement l’état d’esprit de ces vétérans qui font des heures supplémentaires sur le circuit en quête de sensations fortes et de grands combats plutôt que de savourer les triomphes passés. Nadal n’est pas le seul : Stan Wawrinka, éliminé quelques minutes après Gasquet, Andy Murray, Fabio Fognini et Gaël Monfils résistent. Parce qu’ils savent qu’ils sont capables d’accomplir quelque chose, qu’il s’agisse de gagner un tournoi, de profiter du frisson d’un match palpitant du Grand Chelem ou simplement de s’amuser avec la Next Next Gen.

A Roland, en 2024, Gasquet a simplement remporté un match du Grand Chelem. Une banalité au vu de son total dans l’exercice ? Non, cette 116e victoire dans un Majeur, obtenue contre Borna Coric sur « sa » Suzanne-Lenglen, est précieuse, car rare : «Je n’avais plus gagné un match du Grand Chelem depuis un certain temps (US Open 2022, NDLR). L’année dernière, j’ai fait 4 jours, également en Australie. C’est sympa de gagner ce match, de pouvoir jouer au centre, c’était fabuleux, avec tout ce public face au numéro 2 mondial. C’est super. J’espère pouvoir continuer à jouer un peu plus à ce niveau.

Richard Gasquet face à Jannik Sinner au 2e tour de Roland-Garros, le 29 mai 2024.

Crédit : Getty Images

Si je perds trois fois de suite sur le gazon…

Ce niveau, même Sinner l’a souligné par la suite, mérite d’être poussé un peu plus loin. Oui, en un match, une semaine, Gasquet peut encore livrer du tennis de très haut niveau. Le problème est de continuer. C’était déjà le cas avant, c’est encore plus le cas aujourd’hui. “La fin, on ne sait pas exactement si c’est là, à Bercy, l’année prochaine, ici, ou avantil a continué. J’ai du mal à me connaître. Après, quand tu perds 2-3 matches, tu dis que tu arrête, une semaine après c’est fini. Là tu gagnes un match, tu te dis : on va essayer de continuer un petit peu. Si je perds trois fois de suite sur gazon… C’est des hauts et des bas. On ne sait jamais exactement

Alors, de Gasquet à Roland, c’est peut-être fini. Ou peut être pas. L’épicurien qu’il est continuera tant que le plaisir sera là. Mais aussi tant que le niveau est là. Jusqu’a quand ? C’est une question qui revient souvent autour de la Porte d’Auteuil. Mais elle n’a toujours pas trouvé de réponse concrète, et c’est une bonne chose.

Trop chauvin ou trop timide : les spectateurs français en font-ils trop ?

 
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