Pluie de condamnations après l’attentat meurtrier sur Rafah

Pluie de condamnations après l’attentat meurtrier sur Rafah
Pluie de condamnations après l’attentat meurtrier sur Rafah
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Keystone-SDA

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27 mai 2024 – 19h44

(Keystone-ATS) Israël fait face lundi à une vague de condamnation internationale après un bombardement nocturne sur Rafah qui a fait 45 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza. L’attaque a mis le feu aux tentes occupées par des Palestiniens dans un camp de personnes déplacées.

L’armée israélienne a assuré lundi qu’elle enquêtait sur la mort de victimes civiles, le Premier ministre Benjamin Netanyahu le qualifiant d’« incident tragique ». La veille, l’armée avait affirmé avoir ciblé deux hauts responsables du Hamas à l’aide de « munitions de précision », « cibles légitimes au regard du droit international », selon elle.

Le gouvernement a de son côté indiqué qu’il examinait les faits concernant ce bombardement, qu’il a qualifié de « grave », assurant qu’Israël cherchait à « limiter les pertes civiles ».

L’ONU veut une enquête

L’ONU a « condamné les frappes israéliennes » et appelé à une enquête « complète et transparente » après l’attaque survenue dans la ville peuplée de Rafah, où Israël a lancé des opérations terrestres le 7 mai malgré les avertissements de la communauté internationale.

Cette frappe meurtrière a été dénoncée notamment par l’Union européenne (UE), l’Union africaine (UA), la France, ainsi que l’Egypte et le Qatar, deux pays médiateurs des efforts diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu. incendie dans la guerre dévastatrice qui a commencé il y a près de huit mois.

Corps carbonisés et démembrés

La Défense civile palestinienne a fait état de nombreux corps « carbonisés » dans l’incendie qui a ravagé le camp de déplacés de Barkasat, géré par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), au nord-ouest de Rafah.

Mohammed al-Mughayyir, responsable de la Défense civile dans la bande de Gaza, décrit un « massacre » : « nous avons vu des corps calcinés, démembrés (…), des cas d’amputations, des enfants, des femmes et des personnes âgées blessés ».

Lieu désigné « zone humanitaire »

Des images du Croissant-Rouge palestinien, selon lesquelles le lieu visé par la frappe avait été désigné par Israël « comme zone humanitaire », montraient des scènes de chaos, des ambulances aux sirènes hurlantes et des secouristes en pleine nuit sur un site en danger. . incendie, évacuant les blessés, dont des enfants.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a déclaré recevoir un « afflux de blessés brûlés » dans l’un de ses hôpitaux de campagne.

« Du feu partout »

“Le massacre de Rafah hier a fait 45 morts”, selon un bilan fourni lundi par le ministère de la Santé de l’administration du Hamas dans la bande de Gaza, qui fait également état de “249 blessés”.

« Nous venions de terminer la prière du soir. Nos enfants dormaient (…), tout à coup nous avons entendu un grand bruit et il y avait du feu tout autour de nous. Les enfants criaient. Le bruit était terrifiant. Cela ressemblait à des éclats d’obus traversant les pièces », a déclaré une Palestinienne qui a refusé d’être identifiée.

Cette frappe intervient quelques heures après des tirs de roquettes sur Tel-Aviv depuis Rafah, revendiqués par le Hamas.

Les décisions de la CIJ ignorées

Le Hamas a dénoncé un « horrible massacre ». En Cisjordanie occupée, l’Autorité palestinienne a accusé Israël d’avoir « délibérément pris pour cible » le camp de Rafah.

De son côté, le président français Emmanuel Macron s’est dit « indigné ». Son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, a promis que son pays ferait « tout son possible pour demander des comptes aux autorités israéliennes « barbares ».

Le chef de la politique étrangère de l’UE, Josep Borrell, s’est dit « horrifié », tandis que la Jordanie a fermement condamné les « crimes de guerre en cours », ajoutant que la frappe israélienne à Rafah « défie les décisions de la Cour internationale de Justice (CIJ).

L’Union africaine a de son côté dénoncé un “mépris” à l’égard de l’arrêt de la CIJ, la plus haute juridiction de l’ONU, qui a ordonné vendredi à Israël de suspendre ses opérations à Rafah. Selon l’ONU, celles-ci ont contraint quelque 800 000 personnes à fuir en près de trois semaines.

« Des efforts de médiation compliqués »

Médiateur clé avec le Qatar et les États-Unis, l’Égypte a condamné un « bombardement délibéré des forces israéliennes sur des tentes de personnes déplacées » à Rafah, appelant Israël à « mettre en œuvre les mesures décrétées par la CIJ ».

Le Qatar a averti que les frappes israéliennes à Rafah pourraient « compliquer les efforts de médiation », appelant « à une action urgente pour prévenir le génocide et protéger les civils ». L’Arabie saoudite a également condamné « la poursuite des massacres » et le Koweït a dénoncé des « crimes de guerre flagrants ».

L’armée israélienne a également déclaré qu’elle examinait un “incident” impliquant des “tirs” lundi à la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte, ajoutant qu’elle discutait avec “les Egyptiens” à ce sujet. L’armée égyptienne a de son côté annoncé la mort d’un garde-frontière dans une « fusillade » à la frontière avec Israël.

La barre des 36 000 décès franchie

La guerre a été déclenchée par une attaque sur le sol israélien le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza.

Les représailles d’Israël, qui dit vouloir détruire le Hamas, ont fait au moins 36 050 morts dans la bande de Gaza, principalement des civils, selon le ministère de la Santé de l’administration du Hamas dans le territoire palestinien.

Hôpitaux hors service

Après près de huit mois de guerre, la pression monte sur Israël et l’ONU met en garde contre une famine imminente dans la bande de Gaza assiégée, où la plupart des hôpitaux ne fonctionnent plus.

Mardi, l’Espagne, la Norvège et l’Irlande reconnaîtront l’État de Palestine, une annonce faite la semaine dernière et qui a suscité la colère d’Israël.

 
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