« L’Amour ouf », le fourre-tout épuisant de Gilles Lellouche

Avec notamment Adèle Exarchopoulos et François Civil au casting, le film mélange comédie, drame, film de genre et bien plus encore, sans la maîtrise nécessaire pour ne pas finir par se confondre.

Adèle Exarchopoulos est Jackie dans « L’Amour ouf » de Gilles Lelouche. Photo Cédric Bertrand/Trésor Films/Chi-Fou-Mi Productions/Shelter Prod/Artémis Productions/France 2 Cinéma

Par Samuel Douhaire

Publié le 24 mai 2024 à 6h55

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En 2016, Gilles Lellouche conquiert la Croisette avec Le grand bain, un feel-good movie imparable avec ses hommes en difficulté trouvant leur salut dans la pratique de la nage synchronisée. Six ans plus tard, l’acteur-réalisateur revient en sélection officielle par le biais de la compétition avec un projet bien plus ambitieux et casse-cou, tant par son budget conséquent (35,7 millions d’euros) que par ses paris esthétiques. .

J’adore ouf, c’est celui qui réunit Jacqueline, dite Jackie, et Clotaire dans une petite ville du nord de la France au milieu des années 1980. Entre la lycéenne orpheline et le petit voyou, un simple échange de regards suffisait. Mais la vie sépare ceux qui s’aiment, très violemment et en faisant grand bruit : Clotaire, après avoir rejoint une bande de braqueurs, est condamné à douze ans de prison pour le meurtre commis par le fils de son patron. A sa sortie de prison, le jeune homme, plus écorché vif que jamais (désormais incarné par François Civil), compte bien récupérer ce qui lui est dû… et retrouver Jackie (Adèle Exarchopoulos), désormais mariée.

Photo Cédric Bertrand/Trésor Films/Chi-Fou-Mi Productions/Shelter Prod/Artémis Productions/France 2 Cinéma

Pour raconter cette passion contrariée pendant près de vingt ans, Gilles Lellouche démontre une envie de cinéma aussi sincère que bruyante. Cadrages hyperréalistes, panoramiques ultra-rapides, effets visuels riches en reflets et expérimentations chromatiques bizarres, tout y est. Mais le réalisateur ne veut pas se contenter d’une comédie ou d’un drame romantique. Du coup de foudre, on passe rapidement aux coups de poing puis aux coups de feu. Lellouche veut faire du Paul Thomas Anderson, du Martin Scorsese (pour l’extrême violence des règlements de comptes entre gangsters), du John Woo (pour la chorégraphie des combats et des fusillades) et, d’ailleurs, du Jacques Demy (dans une comédie musicale séquence pour le moins incongrue). C’est beaucoup pour un seul film, même s’il dure près de trois heures, surtout quand on n’a encore le talent ni de l’un ni de l’autre, et sa vision très fleurie de l’amour est celle d’un éternel adolescent.

De ce fourre-tout sans fin et, finalementépuisante, on sauvera cependant la première heure, portée par la jeune et redoutable Mallory Wanecque (découverte fin 2023 dans Le pire) et Malik Frikha. La performance touchante d’Alain Chabat en père protecteur et complice. Et une belle séquence de dialogues, tendres puis tendus, entre Jackie, Clotaire et un directeur de supermarché méprisant où, pour une fois, Gilles Lellouche se retient d’être malin avec sa caméra – ça repose…

p J’adore ouf, de Gilles Lellouche (France, 2h46). Avec Adèle Exarchopoulos, François Civil, Mallory Wanecque, Malik Frikha. Concours. Sortie le 16 octobre 2024.

 
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