En pleine guerre à Gaza, initiative de reconnaissance d’un État de Palestine

L’Irlande a annoncé mercredi, conjointement avec l’Espagne et la Norvège, la reconnaissance d’un Etat palestinien, y voyant “la seule voie crédible vers la paix et la sécurité pour Israël et la Palestine”.

Aujourd’hui, l’Irlande, la Norvège et l’Espagne annoncent qu’elles reconnaissent l’État de Palestinea déclaré le chef du gouvernement centriste Simon Harris lors d’une conférence de presse.

Chacun de nous va désormais prendre les mesures nécessaires pour donner effet à cette décisionajouta-t-il en saluant un jour historique et important pour l’Irlande et la Palestine.

Les membres du gouvernement et les députés applaudissent lorsque le Premier ministre espagnol prononce un discours annonçant que l’Espagne reconnaîtra la Palestine comme État le 28 mai, lors du Congrès des députés à Madrid le 22 mai 2024.

Photo : AFP / THOMAS COEX

Il est maintenant temps de passer des paroles aux actes, de dire aux millions de Palestiniens innocents qui souffrent que nous sommes avec eux et qu’il y a de l’espoir.a déclaré le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez depuis la tribune de la Chambre des députés.

Le leader socialiste, qui a annoncé à l’automne son intention de reconnaître un Etat palestinien, manœuvrait depuis des mois pour rallier les autres capitales européennes.

Mercredi, c’est le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre qui a été le premier à annoncer cette reconnaissance, le 28 mai.

Nous devons donner vie à la seule alternative offrant une solution politique aux Israéliens et aux Palestiniens : deux États vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité.a-t-il déclaré en lançant une appel fort à d’autres pays de se joindre à cette initiative.

Comme la Norvège et l’Espagne, l’Irlande reconnaîtra un Etat palestinien à partir du 28 mai, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Michael Martin.

Il s’agit d’une déclaration sans équivoque de soutien à une solution à deux États, seule voie crédible vers la paix et la sécurité pour Israël et la Palestine, ainsi que pour leurs peuples.» a soutenu le Premier ministre irlandais.

Selon le décompte de l’Autorité palestinienne, 142 pays sur les 193 États membres de l’Autorité palestinienneONU ont jusqu’à présent annoncé qu’ils reconnaissaient un État palestinien.

Solution à deux États

La reconnaissance des deux États est la pierre angulaire sur laquelle la paix doit être construiteil a continué.

Aujourd’hui, nous disons que nous reconnaissons l’État d’Israël, nous reconnaissons son droit à exister en paix et en sécurité à l’intérieur de frontières internationalement reconnues, la reconnaissance de l’État de Palestine envoie le message qu’il existe une alternative viable au nihilisme du Hamas.il ajouta.

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Le Premier ministre irlandais Simon Harris prononce un discours lors d’une conférence de presse pour reconnaître l’État de Palestine dans les bâtiments gouvernementaux, à Dublin, le 22 mai 2024.

Photo : AFP / PAUL FAITH

Le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza n’a rien à offrir si ce n’est de la douleur et de la souffrance aux Israéliens comme aux Palestiniens, tout comme il n’y a pas d’avenir dans la version extrémiste du sionisme, qui alimente la violence des colons et l’appropriation illégale des terres en Cisjordanie.il ajouta.

Nous espérons offrir espoir et encouragement au peuple palestinien pendant l’une de ses périodes les plus sombres.a souligné Simon Harris : En Irlande, nous vous voyons, nous vous reconnaissons, nous vous respectons, nous continuerons à travailler pour que vous et vos enfants puissiez avoir l’avenir meilleur que vous méritez et qu’un jour, les enfants palestiniens et les enfants israéliens puissent vivre côte à côte dans paix et sécurité.

Faisant un parallèle avec la reconnaissance de l’Irlande indépendante en 1919, Simon Harris a souligné que prendre notre place sur la scène mondiale et être reconnu par les autres comme ayant le droit d’y être était une question de la plus haute importance pour notre État.

De notre propre histoire, nous savons ce que cela signifieil a noté, la reconnaissance est un acte d’une grande valeur politique et symbolique.

Le terrorisme paie

Israël, de son côté, a annoncé le rappel pour consultation de ses ambassadeurs à Dublin et Oslo, estimant que les deux capitales veulent envoyer le message que le terrorisme paie après les attaques sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a déjà publié mardi soir un message vidéo à destination de Dublin sur le réseau social reconnaître un État palestinien risque de faire de vous un pion entre les mains de l’Iran et le Hamas.

Pour Israël, les projets de reconnaissance d’un État palestinien sans solution négociée constituent un récompense pour le Hamas, mouvement islamiste palestinien soutenu par l’Iran, pour son attaque du 7 octobre depuis la bande de Gaza vers le territoire israélien.

En représailles à cette attaque, qui a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes, essentiellement des civils, selon un bilan duAFP établi à partir de données officielles israéliennes, Israël s’est engagé à détruire le Hamas et a lancé une vaste opération militaire à Gaza.

Selon le ministère de la Santé du gouvernement de ce territoire palestinien dirigé par le Hamas, 35 647 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées dans cette opération militaire israélienne qui a également provoqué une catastrophe humanitaire selon leONU.

Le Hamas attribue ce succès à Résistance palestinienne

Un haut responsable du Hamas a déclaré mercredi que résistance courageuse Le conflit palestinien a conduit trois pays à reconnaître l’État de Palestine.

Ces reconnaissances successives sont le résultat direct de cette résistance courageuse et de la persévérance historique du peuple palestinien, nous pensons qu’il s’agit d’un tournant dans la position internationale sur la question palestinienne.Bassem Naïm, membre du bureau politique du mouvement islamiste palestinien, a déclaré à l’AFP.

La reconnaissance de l’État de Palestine par trois pays constitue un moment historiquea déclaré mercredi l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), voyant la voie vers la stabilité, la sécurité et la paix dans la région.

C’est moments historiques dans lesquels le monde libre triomphe […] après de longues décennies de lutte nationale palestinienne, de souffrance, de douleur, de racisme, de meurtre, d’oppression, d’abus et de destruction auxquels le peuple palestinien a été soumisa déclaré Hussein al-Sheikh, secrétaire général du comité exécutif duOLPsur le réseau social

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Un Palestinien et ses enfants sont assis dans une pièce détruite après qu’une frappe aérienne israélienne a ciblé un immeuble résidentiel à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 22 mai 2024.

Photo : AFP / EYAD AL-BABA

Combats, hôpital assiégé et aide humanitaire bloquée

Tôt mercredi, une équipe duAFP Des tirs d’artillerie et des frappes aériennes ont été signalés dans et autour de Rafah (sud), ville où certains secteurs sont le théâtre d’opérations terrestres depuis le début du mois malgré l’opposition de la communauté internationale.

L’armée israélienne a alors ordonné des évacuations massives de Rafah où elle disait vouloir détruire les derniers bataillons du Hamas, son réseau de tunnels, et sauver les otages.

Le fonctionnement des deux hôpitaux toujours en activité à la pointe nord de la bande de Gaza, tous deux situés à proximité du camp de Jabalia, est désormais menacé par la recrudescence des combats entre l’armée israélienne et les combattants du Hamas.

L’hôpital Al-Awda est assiégé depuis trois jours,AFP un responsable de l’établissement, Mohammad Saleh, faisant état de tirs israéliens sur les bâtiments de l’hôpital et tireurs d’élite présents dans les environs et dans les maisons adjacentes.

Rik Peeperkorn, chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les territoires palestiniens, a rapporté un intensification des hostilités autour de l’hôpital Kamal Adwan.

Depuis qu’Israël a pris le contrôle du côté palestinien du poste frontière de Rafah avec l’Égypte le 7 mai, l’acheminement de l’aide humanitaire a pratiquement cessé, notamment le carburant, essentiel aux hôpitaux et à la logistique humanitaire.

Des niveaux de faim catastrophiques

Selon l’ONU, 1,1 million de personnes dans le territoire palestinien sont confrontées niveaux de faim catastrophiques. L’agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens, l’UNRWA, a annoncé qu’elle suspendrait ses distributions alimentaires à Rafah. en raison du manque de fournitures et de l’insécurité.

>>Un homme court en tenant un carton dans les bras, tandis que des dizaines d'autres personnes derrière lui s'affairent à récupérer d'autres cartons sur la plate-forme d'un camion.>>

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Les Gazaouis se précipitent vers les camions transportant l’aide acheminée au port humanitaire temporaire pour obtenir, entre autres, des boîtes de biscuits énergétiques.

Photo : AFP

Confrontés aux sévères restrictions imposées à l’aide par voie terrestre, les États-Unis ont annoncé en mars la création du port temporaire à Gaza, une initiative jugée insuffisante par lesONULE ONG et par les dirigeants américains eux-mêmes.

Depuis son entrée en fonction vendredi, environ 569 tonnes d’aide ont été livrées à Gaza, selon l’armée américaine. Mais cette aide n’a toujours pas été distribuée à la population, a annoncé mardi soir le ministère américain de la Défense.

Demande de mandat d’arrêt international

Dans ce contexte de guerre et de menace de famine, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Karim Khan a déclaré lundi avoir demandé des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes tels que affamer délibérément des civils, homicide volontaire Et extermination et/ou meurtre.

Les dirigeants du Hamas, dont Yahya Sinouar, leader du mouvement à Gaza, sont également visés par cette demande de mandats d’arrêt contre extermination, viol et autres formes de violence sexuelle Et prise d’otage comme crime de guerre.

>>Portrait.>>

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Le procureur général de la Cour pénale internationale, Karim Khan

Photo : Reuters / PIROSCHKA VAN DE WOUW

M. Netanyahou a rejeté avec dégoût la comparaison du procureur de La Haye entre Israël et le Hamas, son ministre de la Défense dénonçant une décision vil. Le Hamas condamné les tentatives du procureur […] assimiler la victime au bourreau.

Le président américain Joe Biden a fustigé lundi soir une approche scandaleux de la CPI contre les dirigeants israéliens et a réitéré son soutien à Israël.

Sous la pression mardi de la Maison Blanche, Israël est également revenu sur sa décision d’interrompre la retransmission par l’agence de presse américaine Associated Press (AP) de sa vidéo en direct depuis la bande de Gaza.

AP a attribué la panne à utilisation abusive du gouvernement de Benjamin Netanyahu de la loi votée début avril qui permet d’interdire la diffusion de médias étrangers en Israël compromettre la sécurité d’État.

Hors de Gaza, l’armée israélienne a mené mardi une opération à Jénine, fief des groupes armés palestiniens au nord de la Cisjordanie occupée, qui a fait huit morts selon l’Autorité palestinienne.

 
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