Au Tchad, le Premier ministre Succès Masra présente sa démission au président élu Déby

Au Tchad, le Premier ministre Succès Masra présente sa démission au président élu Déby
Au Tchad, le Premier ministre Succès Masra présente sa démission au président élu Déby
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Le Premier ministre tchadien démissionnaire Succès Masra, à N’Djamena, le 8 mai 2024. ISSOUF SANOGO / AFP

Le Premier ministre tchadien, Succès Masra, a annoncé avoir présenté sa démission mercredi 22 mai, un peu plus de deux semaines après sa défaite à l’élection présidentielle du 6 mai remportée par le général Mahamat Idriss Déby Itno, chef de la junte. au pouvoir depuis trois ans.

« Je viens de présenter ma démission et celle du gouvernement de transition, devenue sans objet avec la fin de la présidentielle »Et “conformément à la Constitution”écrit M. Masra sur sa page Facebook, dans un message authentifié auprès de l’AFP par ses services.

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M. Déby, 40 ans, a été proclamé président de transition par une junte de quinze généraux le 20 avril 2021 à la suite du décès de son père Idriss Déby Itno, chef de l’Etat depuis plus de trente ans, tué par des rebelles alors qu’il retournait au front. Le jeune général a été officiellement déclaré élu à l’élection présidentielle avec 61% des voix. Il doit prêter serment jeudi lors d’une cérémonie d’investiture à N’Djamena.

M. Masra, qui a obtenu 18,54% selon les chiffres validés par le Conseil constitutionnel, a contesté ce résultat, s’estimant élu dès le premier tour lors de ce scrutin qualifié par son parti de “mascarade” et par des ONG internationales de “pas crédible”. Il avait déposé un recours en annulation du vote, rejeté par le Conseil constitutionnel le 16 mai.

Des combats « pacifiques »

L’économiste, âgé également de 40 ans, était un ancien opposant farouche de Déby père et fils avant de rejoindre la junte et d’être nommé premier ministre par Mahamat Déby quatre mois avant l’élection présidentielle. Il avait été accusé par le reste de l’opposition et une partie importante de la société civile opposée à la junte d’avoir été candidat à l’élection avec l’accord tacite du général Déby de « donner un vernis démocratique » a un “vote décidé d’avance”. Et de pérenniser le tandem au pouvoir.

Mais, au fil de la campagne, il avait rassemblé des foules considérables lors de ses meetings, au point de s’enhardir et de se dire capable de gagner, voire de pousser M. Déby au second tour.

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Après le rejet de son recours par le Conseil Constitutionnel et la proclamation des résultats officiels, M. Masra a joué l’apaisement en admettant qu’il n’y avait pas de résultat. «plus de recours judiciaire au niveau national» et a appelé ses partisans à continuer “pacifiquement” LE « combat politique ».

Si les partisans de Masra manifestaient dans les rues, cela pourrait ouvrir la voie à des violences meurtrières, les manifestations de l’opposition étant systématiquement réprimées – parfois dans le sang – dans ce pays marqué, depuis son indépendance de la France en 1960, par des coups d’État, des régimes autoritaires et les assauts réguliers des forces de l’ordre. une multitude de rébellions.

Une élection peu « crédible »

Mahamat Déby a été adoubé dès son installation par l’armée en 2021 par une communauté internationale, la France en tête, prompte à condamner les putschistes ailleurs en Afrique. Le 17 mai, le président français Emmanuel Macron a annoncé “félicité” pour son élection.

Paris dispose encore d’un millier de soldats au Tchad, considéré comme un pilier de la lutte antijihadiste au Sahel, après l’expulsion des soldats français du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

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En phase avec l’opposition, des ONG internationales s’inquiétaient avant le vote, comme la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), d’une élection « ni crédible, ni libre, ni démocratique », “dans un contexte délétère marqué par (…) la multiplication des violations des droits de l’Homme”.

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La junte a violemment réprimé toute opposition et exclu du vote les rivaux les plus dangereux du général Déby. Deux mois avant le scrutin, Yaya Dillo, son cousin et principal rival pour l’élection présidentielle, a été tué par des militaires lors d’un assaut contre le siège de son parti. « Assassiné » d’un « Une balle à bout portant dans la tête », selon son parti. Des ONG internationales réclament, en vain, une enquête indépendante sur sa mort.

Le Monde avec l’AFP

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