le Vatican ne sanctionnera pas le cardinal Lacroix à la lumière du rapport produit par l’ancien juge André Denis

le Vatican ne sanctionnera pas le cardinal Lacroix à la lumière du rapport produit par l’ancien juge André Denis
le Vatican ne sanctionnera pas le cardinal Lacroix à la lumière du rapport produit par l’ancien juge André Denis

Le Vatican ne mènera pas de procès canonique contre le cardinal Gérald Cyprien Lacroix, visé par des allégations à caractère sexuel, au vu des conclusions d’une enquête “sûrement incomplète” selon son auteur, l’ancien juge. André Denis.

En effet, l’ancien juge de la Cour supérieure du Québec n’a pas pu rencontrer la victime présumée dans le cadre de son enquête ordonnée par le pape François.

“J’ai tenté à plusieurs reprises de convaincre le requérant de m’aider dans mon mandat”, a déclaré M. Denis lors de la présentation à - du résumé de son rapport envoyé au Vatican. “Il n’en reste pas moins que mon enquête s’en trouve sérieusement affectée.”

« Mon enquête ici est-elle valable ou incomplète ? C’est sûrement incomplet», a-t-il dit tout en ajoutant qu’il est néanmoins «utile».

Ainsi, l’ex-juge affirme qu’il ne peut pas déterminer que la dénonciation est infondée et qu’il « ne peut certainement pas l’approuver sur la base des faits révélés par l’enquête ».

Dans son rapport de 66 pages envoyé au Vatican, M. Denis affirme que « Mgr Gérald Lacroix n’a jamais fait preuve de familiarité, de geste inapproprié ou d’allusion à caractère sexuel […] à une certaine époque de sa vie comme membre de l’Église de Québec.

L’ancien juge fonde sa décision sur une revue de presse datant de janvier 2024, sur des rencontres avec « des dizaines d’intervenants » – dont Mgr Lacroix – et sur la consultation des archives de l’archidiocèse de Québec et de l’Institut séculier Pie X.

L’ancien juge André Denis a présenté son rapport au pape François sur les allégations sexuelles concernant le cardinal Gérald C. Lacroix.

Photo Jean-Philippe Guilbault

« Les faits recueillis au cours de mon enquête démontrent que je ne peux pas lier Mgr Lacroix à la dénonciation du plaignant», ajoute-t-il.

Processus « peu crédible »

Il n’en fallait pas plus pour que le Vatican abandonne la procédure du procès canonique qui aurait été envisagée si les conclusions du rapport avaient été complètement différentes.

C’est en février dernier que le pape François a demandé la tenue d’une telle enquête après le nom de Mgr Lacroix est apparu comme un agresseur présumé dans un recours collectif intenté contre des membres de l’Église de Québec.

Mgr Lacroix est accusé d’avoir attouché une jeune fille alors âgée de 17 ans entre 1987 et 1988.

L’enquête demandée par le pape a été immédiatement rejetée par l’avocat à la tête du recours collectif contre le diocèse, M.e Alain Arsenault, qui ne croit pas qu’un tel processus « soit crédible » puisqu’il manque « d’autonomie ».

Si l’ancien juge André Denis a assuré que son éventuelle rencontre avec la victime présumée aurait été totalement confidentielle, Me Arsenault soutient que « de nombreux procès canoniques ont conduit à des abus [envers les présumées victimes]».

Avocat en droit civil, Me Alain Arsenault

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUÉBEC

Une réserve partagée par le spécialiste des questions religieuses, Alain Pronkin. « Il n’y a aucune garantie. Le seul qui peut le garantir, c’est le Pape ! », selon M. Pronkin, qui souligne que les noms des victimes présumées « circulent en interne au Vatican ».

« Nous devons également aborder la question du véritable choix [qui appartient] c’est à la victime de choisir la manière dont elle porte plainte”, ajoute M.e Arsenault. Selon l’avocat, c’est dans les procédures civiles que les victimes d’abus sexuels commis par des membres du clergé « ont les meilleures chances d’obtenir réparation ».

Au total, 160 plaignants sont représentés dans ce recours collectif.

Le cas en dates

  • Août 2020 : la demande d’action collective contre l’archidiocèse de Québec est demandée à la Cour supérieure du Québec ;
  • Mai 2022 : le Tribunal autorise l’exercice de ce recours collectif ;
  • Août 2022 : une première liste de 101 candidats anonymes est déposée ;
  • 25 janvier 2024 : la liste des plaignants est modifiée à 147 personnes et le nom du cardinal Lacroix est alors ajouté comme défendeur ;
  • 8 février 2024 : le pape François demande une enquête sur les faits allégués ;
  • 6 mai 2024 : L’ancien juge André Denis adresse son rapport de 66 pages au Pape
 
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