Vie professionnelle | Comment échapper au flou ? – .

Vie professionnelle | Comment échapper au flou ? – .
Vie professionnelle | Comment échapper au flou ? – .

Souffrez-vous de flou ? Le phénomène n’est pas nouveau, mais selon plusieurs experts, il a atteint de nouveaux sommets ces dernières années : les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle n’ont jamais été aussi floues, voire inexistantes.


Publié à 1h22

Mis à jour à 9h00

Le terme flou (ou « flou » en français, aussi appelé « flou professionnel ») est apparu au début des années 2000, mais il revient en force dans le langage des travailleurs depuis la pandémie.

«Je définis le flou comme l’incapacité de gérer ses rôles dans différentes sphères, entre les sphères professionnelle, familiale et non professionnelle, liées aux loisirs et au temps personnel », explique Olivier Caya, professeur à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke.

L’intensification du travail, le recours aux outils technologiques comme les smartphones et le télétravail ont renforcé la flou : les frontières entre travail et vie personnelle sont poreuses et perméables.

« Nous pouvons tous travailler 24 heures sur 24 ! » s’exclame Nicolas Chevrier, psychologue du travail. C’est aux individus de décider, de mettre en œuvre certaines stratégies. Sinon, nous risquons d’être surexposés au stress, ce qui entraîne une détérioration de la santé mentale. Et c’est une voie royale vers l’épuisement. »

Contrecarrer l’hyperperformance

Les managers ont également un rôle à jouer. Ils doivent être attentifs au risque de glissement vers le flou et le surmenage. Oui, cela nécessite une nouvelle façon de diriger et de gérer, estime Angelo Dos Santos Soares, professeur au Département d’organisation et de ressources humaines de l’UQAM.

« Il faut rompre avec la philosophie du taylorisme du début du XXe sièclee siècle où il existe une hiérarchie entre ceux qui savent et ceux qui exécutent, a-t-il déclaré. Nous avons désormais besoin de gestionnaires qui comprennent et se concentrent sur le contexte du travailleur, qui font preuve d’empathie et de compassion. »

En ce sens, se demander si la charge de travail est adéquate et si le travailleur dispose d’une autonomie suffisante dans l’exécution de ses tâches est crucial, souligne M. Dos Santos Soares. « Nous devons nous demander si nous n’encourageons pas une culture d’hyperperformance et craindre que cela ne se produise pas. Le patron doit prendre soin des salariés, au sens large, c’est ce qu’on appelle le « travail du se soucier». »

Évidemment, le contexte mondial favorise flou : selon Olivier Caya, la pression sociale à travailler beaucoup, à avoir un « grand agenda », est réelle.

Il y a une pression pour montrer que nous sommes engagés, je pense entre autres aux signaux de visibilité dans le numérique. Nous montrons que nous sommes là, en ligne, que nous nous comportons en bons citoyens corporatifs…

Olivier Caya, professeur à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke

Avec un pied dans les emails, décrits par la neuroscientifique Sonia Lupien comme des « armes de destruction massive » dans son dernier livre, et l’autre dans la vie à la maison, le travailleur fragmente son attention (et sa concentration) comme jamais auparavant. Les conséquences sont immenses.

« Vous avez l’impression de travailler comme un fou, mais vous n’accomplissez pas grand-chose », explique M. Caya, « donc le stress augmente, mais la productivité diminue. »

Reprendre le contrôle

Olivier Caya évoque une idée : bloquer dans son emploi du temps du temps de travail personnel équivalent au temps pris, par exemple, pour une réunion. « De cette façon, on limite le sentiment de perte de contrôle sur notre agenda », explique le professeur. Il faut apprendre à forcer un travail en profondeur. »

Parler de nos attentes et de nos besoins aux personnes avec qui nous travaillons en étroite collaboration est aussi une stratégie gagnante, affirme-t-il. Par exemple, on peut dire que « recevoir des emails inutiles » nous rend malheureux.

S’accorder un temps de récupération, pendant lequel le cerveau n’est occupé par rien, est tout aussi important. “Nous avons développé une dépendance aux appareils technologiques”, note Angelo Dos Santos Soares. C’est bien d’instaurer des moments de déconnexion, de se donner le droit de ne pas répondre aux mails ou au téléphone. »

Pour Nicolas Chevrier, prendre des pauses régulières, réserver un espace physique à vos activités professionnelles si vous travaillez à domicile, remettre en question votre rapport à la technologie et rechercher l’équilibre entre travail et famille font partie d’une saine hygiène. la vie au travail.

“Certaines personnes n’ont pas de problème avec flou, dit-il, mais d’autres doivent se discipliner et fixer des lignes directrices. »

 
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