La Nouvelle-Calédonie toujours bloquée, Paris voit des « progrès »

La Nouvelle-Calédonie toujours bloquée, Paris voit des « progrès »
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Keystone-SDA

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20 mai 2024 – 23h55

(Keystone-ATS) La situation restait très tendue lundi en Nouvelle-Calédonie. Le territoire est toujours en proie à des blocages malgré les moyens massifs engagés par l’Etat français pour rétablir l’ordre, qui commencent selon Paris à apporter de « nets progrès ».

Lors d’un Conseil de défense lundi soir à Paris, le troisième en six jours, le président Emmanuel Macron a déclaré constater “de nets progrès dans le rétablissement de l’ordre”. Il a toutefois annoncé que « pour un temps » des militaires seraient mobilisés pour « protéger les bâtiments publics » de l’archipel.

Aucune solution à la crise sécuritaire et politique que traverse le territoire français du Pacifique Sud (270 000 habitants) n’est en vue dans l’immédiat, après six morts et une semaine d’émeutes en réaction à une réforme du corps électoral contestée par les indépendantistes.

«Encore un long chemin»

Le Premier ministre français Gabriel Attal a de son côté prévenu lundi “qu’il reste encore du chemin à parcourir avant un retour à la normale”. « Les forces de sécurité intérieure continuent d’arriver nombreuses sur place grâce au pont aérien que nous avons mis en place. Nous faisons des progrès”, a-t-il écrit sur X.

De la gauche à l’extrême droite en passant par la majorité, des voix s’élèvent chaque jour pour réclamer un report du projet de loi constitutionnelle lié à la réforme, qui doit être adopté au Congrès avant fin juin.

Quatre présidents d’exécutifs d’outre-mer (La Réunion, Guadeloupe, Martinique et Guyane française) réclament même son « retrait immédiat » afin « d’éviter une guerre civile ».

La maire macroniste de Nouméa, Sonia Lagarde, a appelé lundi le chef de l’Etat à reporter cette réforme, accusée par les indépendantistes de “minimiser davantage le peuple indigène kanak” en élargissant le corps électoral pour les élections provinciales.

Situation précaire »

Sur le terrain, les résultats du déploiement massif des forces de l’ordre sont toujours attendus, alors que les pénuries se multiplient.

Lundi matin, les barrages érigés par les indépendantistes semblaient plus nombreux et encore plus imposants, comme entre les quartiers Montagne Coupe et Montravel à Nouméa, où deux étages de voitures calcinées bloquent désormais les rues. Des hommes, le visage caché derrière des foulards et équipés de barres de fer, occupaient la route.

Signe des difficultés à maîtriser la situation, l’aéroport international restera fermé aux vols commerciaux au moins jusqu’à 9 heures jeudi, malgré les demandes répétées de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande pour pouvoir évacuer leurs ressortissants.

“La situation reste précaire, même si elle s’améliore”, a déclaré sur BFMTV la porte-parole du ministère de l’Intérieur français, Camille Chaize, après une nouvelle nuit de violences et de dégâts.

Aéroport inaccessible

Malgré une opération lancée dimanche avec 600 gendarmes, la route menant de Nouméa à son aéroport, bloquée en de nombreux endroits par des indépendantistes, n’est toujours pas accessible aux habitants. Peu après le passage des gendarmes, une grande partie des « 76 barrages neutralisés » ont été aussitôt réinstallés par les indépendantistes.

La plupart « filtrent » et laissent passer les pompiers ou les ambulances, indique lundi dans un communiqué l’Unité de coordination des actions sur le terrain (CCAT), un collectif indépendantiste accusé par les autorités d’alimenter les violences mais qui affirme rester « dans une approche apaisée ». ».

Des conséquences « catastrophiques »

Depuis le début lundi dernier d’une vague de violences sans précédent dans l’archipel depuis quarante ans, six personnes ont été tuées : un Caldoche (Calédonien d’origine européenne), trois Kanak et deux gendarmes dont les dépouilles ont été ramenées lundi par un avion militaire sur un base aérienne près de Marseille.

Dans la nuit de dimanche à lundi, d’importantes détonations ont été entendues à Nouméa, notamment des grenades de désencerclement, utilisées par la police pour disperser les émeutiers.

D’une manière générale, les voies de communication restent bloquées là où les émeutiers – estimés entre 3 000 et 5 000 – ont installé leurs barrages routiers, et l’archipel vit au rythme du couvre-feu nocturne et sous l’état d’urgence.

 
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