Questionnaire philosophique | Osez aimer et cultiver le lâcher prise

Une fois par mois, -inspiré du « Questionnaire Socrate » du magazine Philosophie, interroge une personnalité sur les grandes questions de la vie. Ce dimanche, la pianiste et compositrice Alexandra Stréliski, dont la tournée se poursuit à travers le Québec et qui présentera son spectacle en version orchestrale à la Maison symphonique lors du Festival de Jazz, répond à nos questions.


Publié à 1h25

Mis à jour à 8h30

Qui suis je ?

Je suis une petite pianiste frisée qui joue son âme sur un piano et qui a enfin osé monter sur scène pour la partager avec les autres.

Sommes-nous libres ?

Nous sommes libres si nous en avons les moyens, mais la majorité d’entre nous doit se battre pour subvenir à ses besoins fondamentaux. Je dirais que nous avons une liberté très relative et inégale.

Que retenez-vous de votre formation ?

Amour, respect et ouverture sur le monde.

Un penseur/philosophe/auteur qui vous accompagne depuis longtemps ?

L’une des premières phrases qui m’a marqué étant adolescente a été : « Je ne sais qu’une chose, que je ne sais rien » de Socrate. Déjà, je trouvais rassurant que l’intelligence puisse résider dans le doute plutôt que dans la certitude. J’aime aussi la posture d’humilité derrière cette pensée. Au fil du temps, je me rends compte que je me méfie des personnes trop rigides dans leur position ou de celles qui paradent avec leurs connaissances. Plus je vieillis, plus j’apprécie la nuance, la diversité des points de vue et la curiosité.

Qu’est-ce qui tourmente votre conscience ?

La nature éphémère de la vie. Quand j’avais 6 ans, j’ai demandé à mes parents : « Maman, si tout le monde meurt un jour, est-ce que ça vaut quand même la peine d’aimer ? » Et cela résume bien mon existentialisme. Je pense que perdre l’amour est ma plus grande peur. Perdre les gens que j’aime, bien sûr, mais aussi perdre l’amour en général. Celle qui nous fait avancer, qui nous inspire, qui nous fait grandir et qui nous fait créer. J’ai peur qu’un jour l’inspiration disparaisse. Tout simplement. Immediatement. Garder mon cœur ouvert malgré ce risque est l’un de mes grands défis.

La chose la plus surprenante que vous ayez faite par amour ?

J’ai déménagé aux Pays-Bas six mois par an.

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PHOTO JOSIE DESMARAIS, ARCHIVES -

Alexandra Streliski

L’endroit ou l’état d’esprit idéal ?

Quand je joue du piano, j’entre dans une sorte de transe qui ressemble à l’état que l’on ressent lorsque l’on médite longuement. Il y a une sorte d’amour et de lâcher prise universel qui réside là. C’est très gentil.

Un avantage à être égoïste ?

Je dirais de prendre soin de nos propres besoins et de ne pas rejeter notre bagage émotionnel et nos traumatismes sur les autres. Apprenez à vous observer pour prendre vos responsabilités. Je trouve qu’on se projette trop souvent sur les autres sans s’en rendre compte.

Une qualité que vous n’aurez jamais ?

Je ne suis pas le plus patient. Je dois souvent me rappeler que le processus est plus important que le résultat.

Un rêve ou un cauchemar récurrent ?

J’ai longtemps rêvé que je mourais dans un accident d’avion. Si jamais cela m’arrive, vous pouvez sortir cet article et vous dire que je l’ai vu venir. Haha !

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PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES -

Alexandra Streliski

Votre démon ?

Sur scène, notre pire ennemi est notre propre ego. Si nous nous observons trop, nous pouvons trébucher. Il faut cultiver le lâcher prise et avoir confiance que le corps et l’âme feront leur travail par eux-mêmes. Une excellente analogie avec la vie, je pense.

Un endroit parfait pour rêver et créer ?

Un endroit calme, avec de grandes fenêtres d’où l’on peut voir les montagnes et la mer, avec parfois des torrents de pluie et du vent soufflant à travers les feuilles des arbres.

Une belle mort, selon vous ?

Entouré de ceux que nous aimions de tout notre être.

Qu’est-ce qui t’énerve dans la vie ?

Des gens qui ne connaissent pas les autres, qui n’écoutent pas ou qui ne sont pas conscients de leur privilège.

Complétez la phrase : Si Dieu existe…

Si Dieu existe, dites-lui de confisquer les épées et les fusils.

 
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