la colère des geôliers grandit

Ambiance mitigée entre chasse à l’homme et protestations des geôliers

Publié aujourd’hui à 13h22

Quelque 350 enquêteurs sont mobilisés en France pour traquer le commando qui a attaqué mardi à l’arme lourde un fourgon de prison, tuant deux agents. L’agression a permis l’évasion d’un prisonnier récidiviste.

L’attaque, spectaculaire et rarissime en France, a été menée mardi en fin de matinée par un commando qui a lancé une voiture-éperonnée contre une camionnette au péage d’Incarville, avant d’ouvrir le feu à l’arme automatique contre ses occupants. .

La police “avance très bien” dans son enquête, a assuré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sur la chaîne France 2. “Nous vous traquons”, a également déclaré mercredi le Premier ministre Gabriel Attal aux fuyards. “L’enquête progresse” et mobilise “des moyens massifs”, a-t-il assuré.

Avancement de l’enquête

L’enquête avance pour retrouver le commando qui a attaqué un fourgon de prison, tuant deux surveillants et en blessant trois autres pour échapper à un récidiviste, a assuré jeudi Gérald Darmanin, alors que des surveillants pénitentiaires en colère bloquaient à nouveau les prisons.

“350 enquêteurs” sont mobilisés sur la trace des auteurs de l’attaque sanglante et du détenu en fuite, Mohamed Amra et “ils avancent très bien” dans leurs investigations, a indiqué le ministre de l’Intérieur sur France 2.

Une perquisition a eu lieu mercredi à Évreux (Eure) dans le cadre de cette enquête, a indiqué à l’AFP une Source proche du dossier, sans plus de précisions.

La chasse est également organisée au-delà des frontières, avec « notice rouge » émise par Interpol à la demande des autorités françaises pour localiser l’évadé au cas où il parviendrait à quitter le pays.

Le casier judiciaire de Mohamed Amra, 30 ans, comporte 13 mentions. Il était détenu depuis janvier 2022 à la maison d’arrêt d’Évreux purgeant plusieurs peines, notamment pour extorsion et violences armées.

Selon une Source proche du dossier, il est également impliqué dans un trafic de drogue, soupçonné d’avoir commandité des meurtres liés à ce trafic.

Bloquer le mouvement

Choqués par le meurtre de deux de leurs confrères, abattus mardi matin dans le guet-apens au péage d’Incarville (Eure), les surveillants pénitentiaires ont décidé de reconduire jeudi le mouvement de blocage des établissements entamé la veille, pour « maintenir la pression » à propos du gouvernement.

A Caen, une quarantaine d’agents se sont rassemblés vers 6h30 devant le centre pénitentiaire, où étaient basées les victimes. A Caen-Ifs, autre établissement à l’autre bout de la ville, près de 70 agents brûlaient des pneus et les visages restaient fermés, marqués par le deuil et la fatigue.

Leurs représentants syndicaux ont été reçus mercredi à Paris par le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, qui a pris plusieurs engagements. Mais ils voulaient un accord écrit, qui leur a été envoyé jeudi matin.

“L’accueil des annonces est mitigé localement, il ne semble pas suffisant pour l’instant et nous sommes méfiants”, a déclaré Loïc Boyer, président du syndicat FO justice à Caen.

“Tous les établissements sont bloqués”

Ce « procès-verbal de décisions » prévoit notamment d’équiper les agents d’armes longues, en plus des armes de poing actuelles, lors des transferts et de limiter les extractions les plus dangereuses, en ayant recours à la visioconférence ou en déplaçant les magistrats en prison. .

Pour Ludovic Motheron, directeur pénitentiaire CGT de Nouvelle-Aquitaine, il n’y a toujours « rien de concret ». “On nous a promis quelques petites choses pour essayer de faire baisser un peu la pression” mais rien dans l’immédiat, et au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan (Landes), “on a durci le mouvement”, dit-il. déclare-t-il.

Des membres du personnel observent une minute de silence lors d'une manifestation devant le centre pénitentiaire de Lutterbach-Mulhouse, à Lutterbach, dans l'est de la France, le 15 mai 2024.

“Tous les établissements sont bloqués” en Provence-Alpes-Côte-d’Azur avec juste un “service minimum” assuré, selon Jessy Zagari, déléguée régionale FO.

Etudier les propositions

“Les collègues étudient la liste des propositions et si elle est approuvée, nous la remballerons, mais pour le moment de nombreux établissements préféreraient voir des points et des mesures supplémentaires”, a-t-il déclaré.

Le petit village normand d’Incarville, secoué mardi par l’attaque meurtrière organisée par le commando lourdement armé au péage de l’autoroute A13, organise jeudi à 18 heures un hommage aux deux agents tués, un moment de « recueillement silencieux ». « sans prise de parole, selon le maire, interrogé par l’hebdomadaire local La Dépêche de Louviers.

De son côté, le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, doit se rendre en fin d’après-midi à la brigade de gendarmerie de Louviers (Eure), voisine d’Incarville, pour s’entretenir avec les responsables « qui sont les premiers intervenus sur les lieux de l’embuscade meurtrière au bilan ». .

Des vidéos de cette attaque spectaculaire ont été diffusées sur les réseaux sociaux et Gérald Darmanin a annoncé avoir saisi la justice pour enquêter sur la fuite de ces images.

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AFP

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