situation « très tendue » malgré l’état d’urgence

situation « très tendue » malgré l’état d’urgence
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16 mai 2024 – 17h17

(Keystone-ATS) Un millier de policiers et gendarmes supplémentaires seront déployés en Nouvelle-Calédonie. La situation reste « très tendue » dans l’archipel français après trois nuits de violentes émeutes, malgré le déploiement de l’armée et l’instauration de l’état d’urgence.

Après deux nuits d’embrasement sur fond de révolte contre la réforme électorale, la nuit de mercredi à jeudi a été moins violente mais la situation reste “très tendue”, a déclaré le Premier ministre Gabriel Attal, en annonçant de nouveaux renforts dans l’archipel.

Le gouvernement va « déployer un millier de personnels de sécurité intérieure supplémentaires, en plus des 1 700 personnels déjà sur place », a-t-il détaillé. Il a déploré la persistance de « pillages, émeutes, incendies, attentats » pour lesquels le gouvernement souhaite les sanctions « les plus lourdes ».

État d’urgence

Dans le cadre de l’état d’urgence, en vigueur depuis jeudi matin, l’armée a été déployée dans l’archipel avec pour mission notamment de « sécuriser » les ports et l’aéroport de Nouméa, fermés depuis lundi. Le réseau social TikTok, prisé des émeutiers, a de son côté été interdit sur l’archipel.

Les émeutes ont éclaté lundi soir après une mobilisation indépendantiste contre une réforme constitutionnelle du collège électoral, rejetée par les représentants du peuple indigène kanak. Ce projet vise à élargir l’électorat aux élections provinciales à tous les calédoniens et résidents d’origine pendant au moins dix ans. Les indépendantistes jugent que ce dégel risque de « minimiser encore davantage le peuple autochtone kanak ».

Les violences ont fait cinq morts, dont un gendarme de 22 ans qui a reçu une balle dans la tête mercredi. Deux hommes âgés de 20 et 36 ans et une jeune fille de 17 ans figurent également parmi les victimes, selon les autorités. Un deuxième gendarme est également décédé jeudi après avoir été touché par un « tir accidentel » d’un collègue, selon les autorités. Au total, 64 gendarmes et policiers ont été blessés depuis lundi, selon un bilan publié jeudi et plus de 206 personnes ont été interpellées.

Réunion annulée

La « reprise du dialogue politique » souhaitée par Emmanuel Macron s’est heurtée à un accroc avec l’annulation d’une visioconférence que devait tenir jeudi le chef de l’État avec les élus locaux. Elle a été annulée notamment parce que les « différents acteurs ne souhaitent pas dialoguer entre eux pour le moment », a affirmé l’Elysée.

Le retour à l’ordre est une “condition préalable à la poursuite du dialogue”, a toutefois prévenu Gabriel Attal, alors que le gouvernement a ciblé certains indépendantistes. Dix « dirigeants » de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), frange la plus radicale du Front de libération kanak (FLNKS) socialiste, ont ainsi été assignés à résidence, selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, qui évoque une « mafia ». » et organisation « violente ».

Dans un communiqué publié mercredi, les dirigeants du CCAT avaient soutenu que “les abus commis (…) n’étaient pas nécessaires”, mais étaient “l’expression des personnes invisibles de la société qui subissent de plein fouet les inégalités”.

Pillage et incendies

Si la nuit de mercredi à jeudi a été moins violente, la région de Nouméa a été une nouvelle fois la proie de pillages et d’incendies. C’est là que les habitants ont commencé à organiser la protection de leurs quartiers et à ériger des barricades de fortune. En raison du manque d’approvisionnement dans les magasins, les pénuries alimentaires provoquent de très longues files d’attente devant les magasins.

La violence, “il faut la traverser, exploser parce qu’on n’est pas entendu”, a déclaré un jeune habitant, qui a refusé de donner son nom.

Les émeutiers “vivent avec le sentiment d’exclusion, de colère, d’échec et ils n’attendent qu’une opportunité” pour sombrer dans la violence, a déclaré Daniel Goa, le président du parti, sur Radio France Internationale (RFI). l’Union calédonienne (UC) séparatiste, les jugeant « sans conscience politique ».

Sans faire de lien direct avec les violences, M. Darmanin a également accusé l’Azerbaïdjan d’ingérence en Nouvelle-Calédonie, Bakou dénonçant des accusations « infondées ». L’Azerbaïdjan, en désaccord avec Paris, a invité les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie et d’autres territoires français d’outre-mer à Bakou en juillet 2023.

 
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