Reprise au Caire des discussions sur une trêve à Gaza

Reprise au Caire des discussions sur une trêve à Gaza
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5 mai 2024 – 01h30

(Keystone-ATS) Les discussions ont repris samedi au Caire sur les moyens de parvenir à une trêve dans la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas palestinien, sur fond d’accusations réciproques des belligérants d’entraver tout accord.

Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé la bande de Gaza, notamment Rafah, ville du sud du territoire palestinien dévasté et assiégé, tuant 32 personnes ces dernières 24 heures, selon le ministère de la Santé du mouvement islamiste Hamas.

Au septième mois de la guerre déclenchée par une attaque sanglante sans précédent du Hamas le 7 octobre contre Israël, la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, a averti que le nord de Gaza était frappé par une « véritable famine ». progressant vers le sud du territoire palestinien.

Au lendemain des accusations du Hamas selon lesquelles le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait obstacle à tout accord en voulant lancer un assaut sur Rafah, un responsable israélien accuse à son tour le mouvement palestinien de bloquer tout accord en insistant sur sa demande d’arrêt de la guerre. .

L’offre des médiateurs (Egypte, Qatar, Etats-Unis) présentée au Hamas fin avril prévoit une trêve associée à la libération des prisonniers palestiniens en échange de celle des otages enlevés lors de l’attentat du 7 octobre.

Samedi, une délégation du Hamas conduite par Khalil al-Hayya a tenu une première série de discussions au Caire avec des médiateurs qui attendaient la réponse du mouvement palestinien.

Il n’y a eu « aucun développement » samedi et de nouvelles discussions sont prévues dimanche, a déclaré un responsable du Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007.

« Vous sapez tout accord »

« Les informations selon lesquelles Israël aurait accepté de mettre fin à la guerre dans le cadre d’un accord d’échange de prisonniers ou selon lesquelles Israël autoriserait une médiation pour garantir que la guerre cesserait sont inexactes », a-t-il déclaré. AFP à Jérusalem un responsable israélien après la reprise des négociations au Caire.

“Jusqu’à présent, le Hamas (…) entrave ainsi la possibilité de parvenir à un accord” sur une trêve, a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat.

Un responsable du Hamas a réaffirmé samedi à l’AFP que son mouvement “n’accepterait en aucun cas un accord qui ne prévoit pas explicitement la fin de la guerre”.

“Nos informations confirment que (Benjamin) Netanyahu ralentit personnellement un accord par des calculs personnels”, a également affirmé ce responsable, qui a requis l’anonymat.

Israël n’est pas présent au Caire et un responsable israélien avait indiqué plus tôt que son pays y enverrait une délégation en cas d’avancées sur le « cadre » de l’échange entre otages et prisonniers, tout en prédisant des « négociations difficiles » pour parvenir à un véritable accord. .

Selon le site américain Axios, le chef de la CIA, William Burns, se trouverait dans la capitale égyptienne.

Vendredi, le Hamas a affirmé se rendre au Caire avec un « esprit ouvert », tout en insistant sur ses exigences : « la cessation totale de l’agression israélienne » et « le retrait » des forces israéliennes de Gaza.

Israël a toujours rejeté ces conditions de la part du Hamas, qu’il considère comme une organisation terroriste au même titre que les États-Unis et l’Union européenne, et qu’il a juré d’anéantir après l’attentat du 7 octobre.

Dans la soirée, des milliers de personnes, dont des proches d’otages, ont manifesté à Tel-Aviv pour exiger que le gouvernement Netanyahu conclue un accord de trêve permettant le retour des otages.

Une pancarte à l’effigie de M. Netanyahu indique : « C’est vous qui sapez tout accord ».

« Au-delà de l’acceptable »

Alors que les efforts et les appels à une trêve se multiplient, Benjamin Netanyahu continue de déclarer son intention de mener une offensive terrestre sur Rafah, ville qui constitue selon lui le dernier bastion majeur du Hamas sur le territoire palestinien.

“Nous ferons le nécessaire pour vaincre et vaincre notre ennemi, y compris à Rafah”, a réitéré cette semaine M. Netanyahu, soulignant qu’il lancerait cette offensive “avec ou sans accord” de trêve.

Pour Hossam Badran, membre du bureau politique du Hamas, les menaces de M. Netanyahu contre Rafah « visent clairement à faire dérailler toute possibilité d’accord ».

Les États-Unis, principal allié d’Israël, ont exprimé à plusieurs reprises leur opposition à une attaque contre cette ville, où vivent 1,2 million de Palestiniens, pour la plupart déplacés par la guerre.

Selon le secrétaire d’État Antony Blinken, les États-Unis ne peuvent pas soutenir une telle opération « car les dégâts qu’elle causerait seraient au-delà de ce qui est acceptable ».

« La famine arrive »

Rafah, située à la frontière fermée de l’Égypte, est le principal point de passage terrestre de l’aide humanitaire vers le territoire palestinien assiégé par Israël et menacé de famine selon l’ONU.

Une offensive serait « un coup dur pour les opérations humanitaires dans la bande de Gaza », a prévenu le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU.

L’aide internationale, strictement contrôlée par Israël, arrive au compte-goutte dans la bande de Gaza et reste très insuffisante pour répondre aux besoins des quelque 2,4 millions de Gazaouis.

 
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