Le terrain de golf qui était là avant tout – .

Le terrain de golf qui était là avant tout – .
Le terrain de golf qui était là avant tout – .

Le Château Frontenac n’avait pas été construit. Mais il était là. Le premier tramway du Québec n’avait pas été construit. Mais il était là. La première automobile n’était pas arrivée ici. Mais elle était là. Le téléphone n’existait pas au Québec. Mais il était déjà là.

Je parle du Royal Québec qui fête ses 150 ans cette année.

C’était entre les deux mandats de John A. Macdonald comme premier ministre du Canada.

Des banquiers écossais décidèrent de fonder un club de golf au Québec. Il se trouvait sur les plaines d’Abraham. On l’appelait le « cove field ». Bien sûr, c’était un endroit tout indiqué pour jouer au golf. Des images d’époque (dont celle que vous pouvez voir ci-contre) montrent à quel point les immigrants écossais se gâtaient en établissant un terrain de golf sur les plaines.

Nous sommes alors en 1874. Aucun autre terrain de golf n’existe en Amérique du Nord, à l’exception du Royal Montréal, ouvert quelques mois auparavant.

À l’époque, il s’agissait de balles en gutta-percha, c’est-à-dire moulées dans la gomme d’un arbre. Les joueurs disposaient d’un bois numéro 1, d’un bois numéro 3 et d’un « putter ». C’était tout.

En 1915, le terrain se déplace vers le secteur de la Chute Montmorency pendant une dizaine d’années avant de se déplacer plus à l’ouest vers le secteur Boischatel.

Comme il y a 100 ans

Si vous allez jouer au Parcours Royal du Royal Québec aujourd’hui, vous jouerez le même parcours qui a été joué en 1925.

« L’histoire du Royal Québec, c’est un peu l’histoire du golf dans notre pays », résume bien Serge Bergeron, actuel capitaine du club.

Le Royal Québec a tenu une journée médias mercredi pour parler un peu de son histoire et inviter les journalistes à jouer une partie. En 14 ans comme journaliste, on m’a proposé de nombreux pots-de-vin sans jamais broncher. Mais une partie de golf sur un parcours exceptionnel, c’est définitivement mon point faible. Je plaisante, ce n’était pas un pot-de-vin. Il était mouillé la moitié du temps et j’ai joué comme un pied.

Bref, j’ai joué avec le capitaine, M. Bergeron, qui a pris grand soin de me parler de l’importance de l’histoire et des traditions du Royal Québec.

Parce que pour ceux qui connaissent moins ce club de golf, il est unique.

Pour illustrer cela, il y a 100 ans, on parlait des soirées au Royal Québec comme étant parmi « les événements les plus chics de l’été à Québec ». On disait que « Tout-Québec » était à Boischatel. C’était déjà prestigieux d’être vu au Royal Québec.


Collection Claude Gravel

Des juges, des parlementaires, des hommes d’affaires venaient défiler dans les allées magnifiques, vêtus de costumes clairs et de pantalons amples. C’était l’endroit idéal.

Mes foutues sandales

Et le Royal Québec est fier de ces traditions. Ça reste une expérience d’y mettre les pieds, et ce dans tous les sens du terme. Je suis revenu avec ma casquette au chalet.

« Vous devez enlever votre casquette dans le chalet s’il vous plaît. »

J’avais mes sandales au chalet. Parce qu’après avoir joué au golf, c’est vraiment agréable d’enlever ses foutues chaussures mouillées.

« Les sandales ne sont pas autorisées dans le chalet, désolé. »

J’ai porté un bermuda confortable parce qu’il faisait chaud, avec un polo par-dessus.

« Tu dois mettre ton pull dans ton pantalon, s’il te plaît. »

Eh bien, je joue au golf depuis 25 ans. Je connais les règles de savoir-vivre. Mais peut-être que je ne m’attendais pas à autant.

Je me suis impliqué dans tout ça. Je ne suis pas chez moi. Je vais respecter les règles d’un club qui fête ses 150 ans.

Cela peut paraître excessif. Mais aucun des 800 membres ne vous le dira. Au contraire. Cela fait partie de l’expérience et du respect de l’histoire de ce golf.

J’ai confronté le capitaine à ce sujet : « N’as-tu pas peur de passer pour un snob avec tout ça ? »


Jean-Nicolas Blanchet

« Non, ce n’est pas du snobisme ! », m’a répondu Michel Théberge, administrateur au Royal Québec, qui s’est joint à la discussion après ma tournée. Il est membre depuis l’âge de 11 ans. Le club est comme sa maison d’été.

« Le code vestimentaire et les valeurs du club sont associés à 150 ans d’histoire. Ici, ce n’est pas comme ailleurs. Ce n’est pas une question de prétention ou de snobisme. On a le devoir de continuer cette longue tradition », explique M. Théberge, sans sandales.

Et cela semble bien fonctionner, car le club, qui compte des centaines de membres, n’a aucune dette.

L’arrivée d’un autre club prestigieux, la Tempête, « a forcé le Royal Québec » à être meilleur, admet Serge Bergeron. Mais ce sont des clubs très différents, selon lui.

Pour Michel Thivière et Serge Bergeron, la recette est simple pour vivre encore 150 ans : continuer à respecter les traditions pour en faire une expérience unique, même si je ne peux pas mettre mes sandales dans le chalet.

Plein d’histoires folles

En 150 ans, il y a évidemment des histoires fascinantes. L’ancien lieutenant-gouverneur du Québec, Michel Doyon, publiera un livre sur le sujet le 19 octobre prochain. C’est lui qui m’a aidé à retrouver les photos d’archives ci-contre.

Voici quelques anecdotes sur l’histoire du club :

– L’homme qui a conçu le parcours Royal était Willie Park, un golfeur écossais qui a remporté l’Open britannique en 1887 et 1889. La maladie l’a emporté avant qu’il puisse voir les résultats de son travail à Québec.

– La cotisation annuelle pour être membre du Royal Québec (qui portait un autre nom à l’époque) était de 2 $ avant 1899. Aujourd’hui, il faut débourser 155 $ pour jouer une partie en tant que visiteur. Il y avait 30 membres à l’époque. Aucun n’était francophone. Cela est arrivé beaucoup plus tard.

– En 1899, la cotisation annuelle est passée à 4 $. Cela a provoqué une révolte et le club a failli fermer.

– Durant la crise économique de 1929, le club est lui aussi sur le point de fermer ses portes. Une promotion visant à offrir un sac de golf aux nouveaux membres est lancée pour aider le Royal Québec à passer au travers.

– Pendant la Seconde Guerre mondiale, la situation économique est toujours difficile. Le club décide alors d’organiser une loterie en tirant un réfrigérateur. Quelques centaines de dollars sont ainsi récoltés et cela va aider le Royal Québec à survivre.

– En 1956, l’Open Labatt est présenté. On y retrouve un jeune golfeur talentueux, mais pas encore très connu. Il s’agit d’Arnold Palmer.


Archives royales du Québec

– En 1983, le Royal Québec accueillait les Internationaux Labatt où encore une fois, on retrouvait Arnold Palmer, mais aussi, le génie des fosses de sable, Lee Trevino.

 
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