Les maraîchers nantais nient être à l’origine des bidonvilles.

Les maraîchers nantais nient être à l’origine des bidonvilles.
Les maraîchers nantais nient être à l’origine des bidonvilles.

En tant qu’employeurs de Roms vivant dans des bidonvilles, la métropole compte sur la contribution des maraîchers pour contribuer à réduire le nombre de campements. Ces derniers rappellent qu’ils n’ont aucune obligation réglementaire en la matière.

Le Figaro Nantes

Le 11 juin 2023, la Fédération des Maraîchers Nantais voyait ses terrains dégradés par des militants écologistes lors d’une manifestation. Un an plus tard, si l’attaque est moins frontale, voilà que les maraîchers sont à nouveau pris pour cible. A la veille du démantèlement d’un des plus grands bidonvilles de France, ils étaient publiquement invités à participer à l’évacuation des campements abritant au moins 700 personnes au niveau de la prairie des Mauves, à Nantes.

Interrogée lors d’une conférence de presse précédant le conseil métropolitain sur le nombre précis de migrants en provenance d’Europe de l’Est présents sur le territoire, la présidente de Nantes Métropole, Johanna Rolland, a répondu que « Si on le compare à la moyenne des départements français, oui il y a une situation significative, et qui est notamment liée – je le dis car cela doit faire partie de la solution – à l’activité maraîchère. » Et le représentant du PS d’ajouter : « Et si nous voulons avancer collectivement, il faudra aussi que chacun d’entre nous s’assoie autour de la table pour apporter sa contribution à la résolution collective des problèmes. »

Marre d’être le bouc émissaire de politiques ratées dont nous ne sommes pas responsables

Régis Chevallier, president of the Nantes Market Gardeners Federation

« Marre d’être le bouc émissaire de politiques ratées dont nous ne sommes pas responsables », a réagi le président de la Fédération des maraîchers nantais, Régis Chevallier, dans une lettre ouverte adressée à Johanna Rolland en début de semaine. « Jamais les élus de la majorité de Nantes Métropole n’ont pris la peine de contacter la profession maraîchère pour initier un dialogue et une action commune », dit-il. Surtout depuis « Le logement ne fait pas partie de nos responsabilités. Nous ne sommes pas tenus de fournir un logement à nos salariés et stagiaires, qu’ils soient en CDI, en CDD, saisonniers ou temporaires, et qu’ils soient de nationalité française ou non. »

« En tant que maraîcher, je ne suis pas responsable de la politique de la ville. Il est difficile d’entendre des accusations sur un sujet où nous n’avons aucune obligation réglementaire. »il explique à la Figarojoignable par téléphone. « C’est dommage que vous n’ayez pas l’énergie de venir nous voir. » Le secteur s’est senti d’autant plus ciblé que certains employeurs ont du mal à trouver des logements pour leurs salariés : « Nous sommes choqués car c’est un sujet épineux, sur lequel nous travaillons à notre niveau, ce n’est pas acceptable de recevoir 3 articles de presse »De plus, chaque année, ils offrent un brin de muguet à un élu à l’occasion de la Fête du Travail et ont une entente de partenariat avec l’institution.

De qui est-ce la faute ?

Régis Chevallier précise que la filière embauche environ 2 500 CDI, entre 2 500 et 3 000 CDD, avec un pic éphémère de 5 000 à 6 000 contrats au moment de la récolte du muguet. « Oui, certains vivent dans des bidonvilles, mais pas la majorité. »Il ajoute qu’il n’existe pas de statistiques sur le sujet. Il poursuit : « Je suis heureux de proposer des solutions, mais quand on propose des solutions de logement en zone agricole par exemple, c’est interdit. ».

Le 28 juin, lors du dernier conseil métropolitain, Rodolphe Amailland, maire de Vertou et président de l’Association des maires du vignoble nantais, a lui aussi fustigé ces critiques. « J’en ai un peu marre d’entendre que c’est la faute des employeurs, des maraîchers, des viticulteurs du vignoble nantais parce qu’ils emploient des Roms pour un travail pour lequel ils les paient parfaitement légalement, et que c’est leur faute s’il y a des bidonvilles. »

Et d’insister :« J’en ai assez, je le dis : les maraîchers, les viticulteurs emploient beaucoup de monde dans leurs exploitations. Ils emploient des Français, des salariés de beaucoup nationalités et ce n’est pas un problème. Cependant, il n’y a que les Roms qui occupent en quelque sorte illicite « Les gens d’autres nationalités, qui sont employés par ces mêmes employeurs, ne posent aucun problème à personne. »

Une rencontre à la rentrée

« Nantes Métropole s’étonne de la lecture de propos tenus en Conseil métropolitain qui visaient simplement à rappeler la nécessité, partagée par tous, de continuer, sur ce sujet majeur de la résorption des bidonvilles, à travailler avec l’ensemble des parties prenantes, y compris les employeurs des populations concernées. »indique la communauté à Figarorappelant le travail effectué avec eux pendant des années. « Une convention sur les questions d’emploi a été signée entre la Fédération des maraîchers nantais et Atdec, l’agence de Nantes Métropole en charge de l’emploi. Par ailleurs, des premières discussions ont eu lieu sur la stratégie métropolitaine de résorption des bidonvilles et vont se poursuivre, une nouvelle réunion sera proposée pour la rentrée prochaine avec les élus concernés. ».

Le secteur maraîcher préférerait, comme indiqué dans sa lettre, ne pas être une cible mais « un acteur local respectable qui crée de la valeur pour la région ».

 
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