Le Tour de France 2024 sur les sentiers blancs – .

Le Tour de France 2024 sur les sentiers blancs – .
Le Tour de France 2024 sur les sentiers blancs – .

Tout sauf l’ennui. Tel est le mantra des organisateurs du Tour de France. Il faut donc trouver de quoi animer la course et ne jamais accumuler ces étapes de transition, où le peloton musarde jusqu’à une arrivée en masse, qui se règle en un éclair par une poignée de sprinteurs affamés. Le contre-la-montre individuel est arrivé vendredi 5 juillet après deux journées de ce type, ouf. Et pour ce dimanche, conclusion de la première semaine avant un repos bien mérité, voici un défi d’un autre genre : les « chemins blancs » du département de l’Aube.

Les coureurs s’élanceront sur une boucle de 199 km autour de Troyes, parcourant 32 km de chemins de terre calcaire empruntés par les vignerons champenois pour circuler entre leurs parcelles. Après 50 km d’asphalte, pour se mettre en jambes, les coureurs devront parcourir quatorze de ces sections de longueur variable (entre 1,2 et 4,2 km), avec poussière et graviers garantis. Au programme de belles images, et une tactique bien précise à développer, tout en espérant éviter les crevaisons.

Dans le sillage des Strade Bianche italiennes

La piste blanche est à la mode. Elle a été propulsée au premier plan par une toute jeune course italienne, les Strade Bianche, né en Toscane en 2007. L’épreuve, à travers les vignobles de la région du Chianti, était plutôt une randonnée au début, mais sa réputation a rapidement grandi au point qu’elle s’est retrouvée inscrite au calendrier du World Tour de l’Union Cycliste Internationale (UCI).

En Italie, les Strade Bianche et leurs petits cailloux sont devenus presque aussi classiques que le Paris-Roubaix français et ses pavés. Parcours piégeux, suspense infernal, spectacle garanti. Tout pour plaire. La nouveauté répond aussi à l’engouement du grand public pour le gravel, ce vélo mi-route, mi-VTT, qui fait de plus en plus d’adeptes, comme en témoignent ses ventes en hausse de… 1 823 % depuis 2019. Les organisateurs du Tour de France n’y sont pas restés indifférents.

En 2016, le directeur de course Thierry Gouvenou et ses adjoints partent à la recherche des sentiers blancs français. Mais les intégrer ne va pas de soi. Le Giro vole la vedette à la Grande Boucle et devient le premier grand tour à les inclure à son programme, en reprenant quelques secteurs des Strade Bianche (une trentaine de kilomètres) lors de sa onzième étape en 2021. Côté français, c’est finalement le Tour féminin qui s’y essaie, avec treize petits kilomètres sur sa quatrième étape en 2022. Une expérience concluante.

Le patron du Tour, Christian Prudhomme, est bien décidé à franchir le pas pour ce Tour 2024, dont le parcours réserve de belles routes crayeuses du côté de Troyes. « Nous avons répertorié une quarantaine de sentiers, pour ne garder que les plus praticables »affirme Yannick Talabardon, ancien coureur cycliste et régulateur de la Grande Boucle, impliqué dans son tracé. « Les premiers secteurs, assez vallonnés et longs, ressemblent aux courses flamandes classiques et offrent des opportunités d’attaques. Ceux plus proches de l’arrivée demandent de bien se positionner pour faire valoir sa puissance », il décrit.

Éviter les pièges

Presque toutes les équipes sont venues découvrir le parcours, moins rude que les Strade Bianche, mais qui peut néanmoins réserver de mauvaises surprises. « On ne peut pas courir comme on le ferait sur une course d’un jour comme Paris-Roubaix »souligne Marc Madiot, le manager de l’équipe Groupama-FDJ. « Dans un Grand Tour, il s’agit surtout de rester au sommet, de ne pas avoir de problèmes et de toujours garder ses coéquipiers autour de soi. » Le jugement le plus courant dans le peloton : le Tour ne se gagne pas ici, mais il peut se perdre sur un coup du sort.

Certains n’ont pas manqué de râler face à cette étape fatigante pour des organismes déjà mis à rude épreuve en fin de première semaine. « Cela n’a aucun sens »a déclaré Richard Plugge, le patron de Visma-Lease a bike, la formation de Jonas Vingegaard. « Je n’aime pas les chemins de gravier »évacue Patrick Lefevere aux commandes du Soudal-Quick-Step, l’équipe de Remco Evenepoel. « Il y a dix ans, les équipes n’étaient pas forcément prêtes pour ce genre d’étape, mais aujourd’hui elles ont tout ce qu’il faut techniquement pour relever le défi »répond Yannick Talabardon.

Il y en a un qui reste pour l’instant assez serein : Tadej Pogacar. Il faut dire que le Slovène s’est baladé à deux reprises sur les routes blanches italiennes : en 2022, puis en remportant la dernière édition des Strade Bianche en mars, au terme d’une échappée solitaire de plus de 80 km. Une démonstration reconductible ?

 
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