un vote attendu par l’extrême droite européenne – .

un vote attendu par l’extrême droite européenne – .
un vote attendu par l’extrême droite européenne – .

OnSur On a cherché, écouté, scruté, mais le résultat a été décevant. Dans un scrutin qualifié d’historique, les enjeux internationaux – et les enjeux écologiques, les deux domaines étant étroitement liés – sont largement absents des débats télévisés organisés dans le cadre des législatives.

La guerre en Ukraine et celle menée par Israël à Gaza ébranlent une architecture internationale née après la Seconde Guerre mondiale et déjà bien pourrie. Voir aux portes du pouvoir un groupe d’extrême droite connu pour ses connexions avec la Russie – Mediapart l’a suffisamment documenté – ne peut qu’attiser les craintes et susciter des interrogations sur le rôle de la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, au sein de l’Union européenne.

Autant de questions cruciales qui méritent d’être débattues, mais qui ne sont pas soulevées dans l’espace public de médias audiovisuels à l’horizon très limité et qui réduisent les sujets internationaux à des querelles franco-françaises ou à des controverses sur le « domaine réservé » du président de la République (les affaires étrangères et l’armée).

Le président russe Vladimir Poutine observe des exercices militaires dans la région de Léningrad en 2018. © Mikhaïl Klimentiev / AFP




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Après près d’une heure de débat entre Gabriel Attal, Jordan Bardella et Manuel Bompard sur TF1 le 25 juin, l’un des présentateurs a déclaré : « Malheureusement, on ne pourra pas parler de la France dans le monde, mais cela fera peut-être l’objet d’autres débats. » Les plus optimistes s’en contenteront ” peut être “D’autres soupireront devant cette myopie journalistique. Mais ce qui est sûr, c’est que si nous ne regardons pas le monde, c’est le monde lui-même qui nous regarde.

Moscou en soutien au RN

Certains s’en réjouissent. Mercredi, Moscou a choisi son camp. Sans surprise, les Russes se sont réjouis de la demande croissante des Français. « d’une politique étrangère souveraine répondant aux intérêts nationaux »et un « Rompre avec le diktat de Washington et de Bruxelles ».

Le même jour, Vladimir Poutine a rencontré à nouveau, moins d’un mois après sa visite d’Etat à Pékin, le dirigeant chinois Xi Jinping à Astana, à la veille d’une réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai. Le président chinois a déclaré que son pays soutenait la Russie, qui assure la présidence tournante des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Egypte, Emirats arabes unis, Ethiopie et Iran), dans l’unification des nations du « Sud global », pour empêcher une « nouvelle guerre froide » et en opposition à « Sanctions unilatérales illégales et hégémonie ».

Les Russes peuvent d’autant plus se frotter les mains que Viktor Orbán, proche du Kremlin et soutien de Donald Trump, en assume la responsabilité depuis 1est Juillet est la présidence tournante de l’Union européenne. Le Premier ministre hongrois s’est rendu en Ukraine et a plaidé auprès du président ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il envisage une « cessez le feu rapidement »ce qui serait « limité dans le temps et permettrait d’accélérer les négociations de paix »Ce dernier a insisté sur l’importance d’une « juste la paix » pour son pays.

Puis, à la surprise de ses partenaires, Orbán s’est rendu vendredi à Moscou pour rencontrer Poutine. « Le nombre de pays qui peuvent dialoguer avec les deux camps diminue. La Hongrie devient peu à peu le seul pays d’Europe qui peut dialoguer avec tout le monde. »Orbán a fait part de son intention au leader du Kremlin. Cette initiative personnelle n’a pas été bien accueillie à Bruxelles. L’Union européenne (UE) a réagi, notamment par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Josep Borrell. Le dirigeant hongrois n’a pas reçu de réponse. “ne pas envoyer”a-t-il insisté vendredi, soulignant qu’Orbán « ne représente donc en aucune manière l’UE ».

Les résultats des élections en France – européennes et législatives – ne peuvent que renforcer la stratégie du dirigeant hongrois en faveur d’une large union des partis d’extrême droite au Parlement européen, réunissant Identité et Démocratie (ID, avec le Rassemblement national), les Conservateurs et Réformistes européens (ECR, dont Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni) et le parti « Patriotes pour l’Europe » qu’il vient de lancer avec le leader du Parti de la Liberté autrichien (FPÖ) Herbert Kickl et l’ancien Premier ministre tchèque et leader de l’ANO Andrej Babis.

Les espoirs d’Orbán

Pour Orbán, la création de cette union permettrait à l’extrême droite de devenir la deuxième force au Parlement européen. « Tout dépendra de la capacité de Marine Le Pen en France et de Giorgia Meloni en Italie à coopérer »il a déclaré à l’hebdomadaire Indiquer fin mai, expliquant également que « La seule base stable pour l’avenir de l’Europe est de retrouver le chemin des valeurs chrétiennes ».

Le dirigeant hongrois estime avoir remporté la première moitié. La seconde, dit-il, aura lieu en novembre aux Etats-Unis, avec la possible victoire de Donald Trump face au président sortant Joe Biden, dont l’état de santé semble de plus en plus compromettre sa réélection. Orbán a d’ailleurs emprunté au candidat républicain son slogan pour les six prochains mois de la présidence tournante : « Rendre sa grandeur à l’Europe » (« Rendre sa grandeur à l’Europe »).

En Israël aussi, un gouvernement du Rassemblement national (RN) ne serait pas vu avec hostilité, malgré le passé antisémite du parti, selon les déclarations lundi du ministre de la Diaspora Amichai Chikli. Il a déclaré qu’une élection de Marine Le Pen à la présidence serait une bonne chose. « excellent pour Israël [avec] dix points d’exclamation ».

Interrogé pour savoir si le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu partageait sa position, il a répondu : ” Il semble que [M. Nétanyahou et moi-même] Nous sommes du même avis. Ce n’est pas une affaire personnelle. Pour lui, cela s’explique par les positions concernant le Hamas, la Cour pénale internationale et « La lutte de la communauté juive contre l’antisémitisme ».

Amichai Chikli, membre du Likoud, a rencontré Marine Le Pen en mai à Madrid lors d’un festival organisé par le parti d’extrême droite Vox : « J’ai été très impressionné par certaines de ses actions. » La semaine dernière, le ministre a salué les déclarations de Jordan Bardella, qui s’est dit opposé à une solution à deux États.

Scholz préoccupé

D’autres s’inquiètent. Parmi les Européens, le seul dirigeant à s’être exprimé est le chancelier allemand Olaf Scholz, lui aussi sorti affaibli des élections européennes. Rompant avec une ligne traditionnelle de non-ingérence, il a expliqué qu’il envoyait chaque jour des SMS à Emmanuel Macron. « Nous discutons de la situation, qui est vraiment préoccupante.il l’a déclaré lors d’une réunion des élus de son parti, le SPD. En tout cas, je croise les doigts pour que le peuple français que j’aime et apprécie tant, ce pays qui compte tant pour moi, parvienne à empêcher l’arrivée au pouvoir d’un parti populiste de droite.

Que les capitales soient inquiètes ou réjouies, nul doute qu’une éventuelle victoire du Rassemblement national ne sera pas, comme l’a si bien résumé Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), une simple victoire de l’opposition. « choc politique »mais aussi un « choc géopolitique ».

Dans un éditorial, le journal suisse La météo est désolé de ce qui se passe dans le pays voisin, cette France qui « est un phare politique » ; cette France qui, souligne la rédactrice en chef Madeleine von Holzen, « a établi des principes républicains qui placent l’universalisme au sommet de ses valeurs ».

« Ce pilier hérité de la philosophie des Lumières affirme l’existence d’une unité du genre humain et celle d’un État de droit pour tous les citoyens. C’est le refus des particularismes, des privilèges et des inégalités de droits »se souvient le journaliste. Qui ajoute : « Voir la France s’en éloigner, c’est commencer à douter de la possibilité d’une société humaniste. »

C’est le sens de la tribune signée par plus de 1 000 historiens français et publiée dans Le monde cette semaine : « La France ne doit pas tourner le dos à son histoire. Jusqu’à ce jour, l’extrême droite n’est arrivée au pouvoir que dans la tourmente d’une défaite militaire et d’une occupation étrangère en 1940. Nous ne nous résignerons pas à une nouvelle défaite, celle des valeurs qui, depuis 1789, fondent le pacte politique français et la solidarité nationale. »

Le monde nous regarde et ce que nous renverrons le soir du dimanche 7 juillet dépassera largement nos frontières.

 
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