C’est ce qui irrite le plus les Suisses chez les touristes.

Lucerne est très populaire auprès des étrangers et des Suisses.Image : keystone

En Suisse aussi, on parle ici et là de surtourisme ou de tourisme de masse. Mais est-ce vraiment le cas ? Suisse Tourisme a mené l’enquête et en tire les conclusions suivantes.

Suis-moi

Nous connaissons tous cela : une belle journée, une destination de rêve pour une excursion et puis – une foule d’autres personnes qui ont eu exactement la même idée et qui gâchent, voire « détruisent », l’expérience. On crie alors au tourisme de masse et l’envie de recommencer disparaît.

Les experts qualifient ce phénomène de surtourisme. Le public et les communes concernées se penchent régulièrement sur ce phénomène. Suisse Tourisme en est également consciente.

Afin de mieux comprendre ce que les Suisses pensent du tourisme, l’organisation touristique, la Conférence des directeurs régionaux du tourisme, a mené une enquête avec la société d’études de marché zurichoise Insight Institute AG en avril/mai 2024.

Des touristes chinois du groupe de 4 000 personnes de la société de cosmétiques

Ici, 4 000 personnes d’un groupe de touristes chinois ont visité Lucerne en mai 2019.Image : KEYSTONE

Comment les Suisses perçoivent-ils le tourisme ?

Les résultats ont été présentés aujourd’hui lors d’une conférence de presse. Ils montrent que la population suisse a une opinion fondamentalement positive du tourisme et apprécie son importance. Seuls 5% des personnes interrogées se sentent concernées par le tourisme.

Les responsables de l’étude déclarent :

« 78 % des personnes interrogées sont fières de l’attractivité de la Suisse en tant que destination de vacances pour les visiteurs du monde entier. En outre, les personnes ayant un lien professionnel étroit avec le tourisme ainsi que la population des centres touristiques et des villes accordent une grande importance à ce thème. Il en va de même pour les personnes plus âgées ainsi que pour les personnes interrogées en Suisse romande et au Tessin. Les participants à l’étude voient cette importance dans les effets positifs sur l’économie et le marché du travail, mais aussi dans l’offre d’infrastructures, de culture ou de loisirs, qui est variée et attrayante grâce au tourisme dans le pays. »

Top 5 des problèmes

Mais il y a aussi des problèmes. Selon les personnes interrogées, Voici les principales préoccupations :

Ces thèmes sont particulièrement présents dans les centres touristiques sondés. Parmi les autres préoccupations, on retrouve un certain manque de respect de la part des touristes, que ce soit envers les personnes sondées, leur famille ou encore leur propre pays et l’environnement.

Lauterbrunnen en avril 2024 : réflexion sur un droit d’entrée.Image : keystone

Le surtourisme existe ici

«Il n’y a pas de surtourisme généralisé en Suisse», conclut le responsable de l’étude.

« Nous observons cependant parfois des phénomènes de congestion locaux et ponctuels. »

Interrogée à ce sujet, Suisse Tourisme écrit :

« En Suisse, il existe cinq à sept centres touristiques où il peut y avoir des embouteillages pendant les périodes de pointe (haute saison, beau temps, week-end). Parmi ceux-ci figurent par exemple des destinations connues et appréciées comme Zermatt ou Lucerne. »

ARCHIVES -- POUR LA CONFÉRENCE DE PRESSE D'AUJOURD'HUI DES NOUVEAUX LOCATAIRES DU BERGGASTHAUS AESCHER LE JEUDI 9 MAI 2019, NOUS VOUS FOURNISSONS LES PHOTOS SUIVANTES -- Les randonneurs profitent de la belle ...

L’Aescher par une belle journée de septembre 2019. Entre-temps, la situation s’est calmée.Image : KEYSTONE

De plus, de nouveaux lieux apparaissent régulièrement sur le radar des touristes, tandis que dans d’autres, les situations d’encombrement ont été éliminées grâce à des mesures appropriées sur place. En raison de l’évolution de l’intérêt des voyageurs, les rassemblements de masse y sont nettement moins fréquents. L’Aescher dans l’Alpstein en est un exemple.

Comment résoudre le problème?

Les professionnels du tourisme sont conscients des préoccupations de la population et les prennent au sérieux, même si elles ne concernent en réalité qu’une petite minorité. Parmi les mesures prises, Damian Constantin, président de la Conférence des directeurs des offices régionaux du tourisme de Suisse, cite :

« Information et sensibilisation des acteurs sur place, actions et offres spécifiquement destinées aux populations locales, mais aussi création d’offres touristiques diversifiées, comme le récent Glacier E-Bike Tour, du Valais aux Grisons en passant par la Suisse centrale. »

La collaboration avec des tour-opérateurs et des influenceurs via des programmes hors des sentiers battus est également un levier. Des journalistes et créateurs de contenu chinois ont par exemple été envoyés sur des sentiers de randonnée et des circuits en vélo électrique autour de Davos-Klosters.

En résumé, selon Suisse Tourisme, il n’y a pas de « surtourisme en Suisse, mais de graves phénomènes de congestion ». Si le tourisme de masse ou le surtourisme n’est pas un phénomène nouveau dans le monde, elle n’est pas répandue en Suisse.

Pour son directeur Martin Nydegger, « les phénomènes observés ici sont des pénuries temporaires et localisées, bien connues du secteur et de Suisse Tourisme ». Et de conclure :

« Nous ne pratiquons pas notre tourisme aux côtés de la population, mais avec elle »

Martin Nydegger

(Traduit et adapté par Chiara Lecca)

 
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