Le meurtrier d’Elodie Multon condamné à 25 ans de prison – .

Le meurtrier d’Elodie Multon condamné à 25 ans de prison – .
Le meurtrier d’Elodie Multon condamné à 25 ans de prison – .

Trois jours de débats, et un verdict : jugé devant la cour d’assises des Deux-Sèvres, un homme de 25 ans a été condamné, vendredi 5 juillet 2024, à vingt-cinq ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sûreté des deux tiers, et dix ans de suivi socio-judiciaire. Il a été reconnu coupable d’avoir assassiné Élodie Multon, une jeune infirmière dont il était le patient, le 13 février 2020 au centre de psychothérapie de Thouars.

Il y a quatre ans, le juge d’instruction l’avait inculpé pour meurtre et tentative de meurtre sur une autre infirmière, ce dernier chef ayant été requalifié en violence avec arme. C’est la ligne défendue par Elise Malland, la procureure générale, dans ses réquisitions au troisième et dernier jour du procès. « Il a délibérément et préméditément assassiné Elodie Multon. »

« Nous avons échoué, collectivement, à le protéger »

Pour justifier de lui demander la peine la plus sévère possible en droit pénal, à savoir 30 ans de réclusion, elle s’appuie notamment sur des témoins qui ont rapporté des déclarations faites par l’accusé. « Je vais en tuer un. » quelques jours avant le drame, voire ” Je le ferai “cette fois-ci dans les secondes qui ont précédé le coup de couteau mortel.

Pourtant, rien ne semblait être gravé dans le marbre lors de ce procès. L’incertitude subsistait sur plusieurs points : une possible altération du discernement de l’accusé au moment des faits, liée à ses troubles psychiatriques bien connus depuis son enfance. « Il était à peine né que les choses allaient déjà mal, plaide Met Marilou Séval, pour la défense. Ses parents l’ont battu et lorsqu’un psychiatre a finalement sonné l’alarme, personne n’a réagi. Nous avons échoué, collectivement, à le protéger. Il est comme une patate chaude qui passe d’un service à l’autre, nous ne savons pas quoi faire de lui. L’avocat en est convaincu, « Cela ne changera pas sa peine, mais il faut se souvenir de l’altération de son discernement ».

Une autre nébuleuse, la préméditation. « Quand il menace, c’est comme pour dire qu’il en a assez, il fait des remarques sans signification, assure Met Victoire Sirol, qui a également plaidé en faveur des accusés. Il n’y a pas de plan élaboré pour tuer une infirmière, et encore moins Elodie Multon.

Mais ce n’est pas tout. Pour prouver un meurtre, il faut démontrer que l’auteur avait l’intention de tuer la victime lorsqu’il a porté le coup. Là encore, l’avocat tente de démonter cette connaissance acquise de l’enquête. « Il n’a pas forcément dû agir avec une force importante pour provoquer la blessure, c’est ce que dit le médecin légiste. En plus, il a frappé avec sa main droite alors qu’il est gaucher, pardonnez l’expression mais ce n’est pas le plus efficace si on veut tuer quelqu’un. »

L’accusé admet avoir déclaré le 13 février qu’il préférait « Il vaut mieux aller en prison que de rester dans un hôpital psychiatrique. » Il ne fait aucun doute dans l’esprit de l’accusation qu’il a cherché à être incarcéré en commettant un crime. « Il cherchait à intimider, à effrayer, à blesser. La violence avec une arme suffit à l’envoyer en prison et c’est ce qu’il pensait. »

Plus tôt dans la journée, les parties civiles ont pu s’exprimer par l’intermédiaire de leurs avocats respectifs. La collègue d’Élodie Multon, également victime, « J’ai l’impression que c’est elle qui a survécu, alors qu’Élodie n’a pas eu cette chance », rapports Met Pauline Bossant. « Elle se sent coupable d’être en vie, alors vous devrez lui donner sa véritable place de victime en condamnant celle-ci. »

Habitué aux plaidoiries percutantes mais plutôt du côté de la défense, M.et Lee Takhedmit a plaidé cette fois-ci pour la famille de la victime. Il a été fidèle à sa réputation en pointant du doigt « l’immense responsabilité d’un médecin lâche et menteur qui impose à tous sa décision d’interner un patient et qui envoie deux infirmières à l’abattoir », mais aussi le rôle néfaste joué par la nourrice de l’accusé, devenue son amante. « On peut vraiment se demander comment on peut mettre dans son lit un enfant qu’on est censé protéger. »

Tout au long de ce procès, les dysfonctionnements en série qui ont conduit au drame du 13 février 2020 ont été mis en lumière. Mais il n’y a qu’un seul homme qui dormira en prison.

 
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