S’il y avait eu un muret, Vincent serait-il encore en vie ? – .

« On ne se remet jamais de la perte d’un enfant. C’est dur, tout le temps. »


Publié à 05h00



En 2021, lorsque le fils unique de Nancy Pelletier décède sur « l’autoroute de la mort », la famille décide d’y installer une croix.

« Vincent », peut-on simplement y lire.

L’infirmière qui habite Saint-Jérôme emprunte l’autoroute 50 tous les matins pour se rendre au travail à Lachute.

« Presque tous les jours, je pleure en passant devant la croix. »

Le soir de l’accident, Vincent Pelletier-Beauchamp, qui travaillait pour l’entreprise de déneigement et de remorquage de son père, était allé chercher des « enjoliveurs » à Brownsburg-Chatham.

C’était le 29 mars, vers 20 h 30, toujours en pleine pandémie. « Il était pressé à cause du confinement, raconte sa mère. Il devait rentrer à Saint-Jérôme avant le couvre-feu. » Il avait bu : son taux d’alcoolémie était de 182 mg/100 ml.

« C’était un bon petit garçon, mais il était impulsif », a déclaré sa mère.

À 19 ans, Vincent se sentait invincible.

Au volant de son camion Ford F-150 près de Mirabel, il a poursuivi sa route en ligne droite dans une courbe. Il a ensuite quitté la route. Il a heurté un lampadaire avant de traverser la route et s’est ensuite renversé.

Sous le choc, il est sorti de son véhicule. Des témoins ont vérifié s’il allait bien. Il a ensuite suivi l’un d’eux jusqu’à l’autre côté de l’autoroute. Ce dernier lui a demandé de rester à ses côtés jusqu’à l’arrivée des secours.

PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE

Vincent Pelletier-Beauchamp avait 19 ans lorsqu’il a été mortellement frappé alors qu’il tentait de traverser l’autoroute 50.

Vincent a plutôt décidé de traverser à nouveau l’autoroute pour récupérer son cellulaire dans son camion. « Il voulait appeler son père pour qu’il vienne le remorquer, car il avait peur de perdre son permis de conduire, raconte sa mère. Sans son permis, il ne pouvait plus travailler dans le déneigement. »

Alors qu’il tentait de regagner son camion, une première voiture l’aurait heurté avec son rétroviseur, puis un deuxième véhicule l’a heurté, selon le rapport du coroner.

« Peut-être n’a-t-il pas vu la voiture circuler sur la route », a écrit la coroner Julie A. Blondin, précisant que la cause de son décès n’était pas « directement attribuable à la consommation d’alcool ».

La mère en deuil ne dégage pas son fils de toute responsabilité dans ce qui s’est passé. Elle se demande encore : s’il y avait eu un mur de béton pour l’empêcher de traverser l’autoroute à pied, serait-il encore en vie ?

Après tout, il avait survécu au premier accident.

« C’est une autoroute qui ne donne pas de seconde chance », dit-elle.

 
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