cauchemar à Monplaisir – – .

cauchemar à Monplaisir – – .
cauchemar à Monplaisir – – .

Texte : Jocelyne Vidal De Monplaisir à La Guillotière, le pèlerinage aux sources du 7e art se transforme en un voyage au bout de l’enfer mécanique. Un enfer promis, ironiquement, par un concept de « street bike » conçu pour un trafic quotidien de 2000 véhicules par jour, alors que 7500 voitures empruntent quotidiennement l’avenue des Frères Lumière. Bon voyage dans l’absurde… dans ce nouvel épisode de la série B #LyonVert.

L’avenue des Frères Lumière était pourtant assez partagée entre tous les modes de transport…

Enfilez vos bottes de chantier ! C’est parti pour une randonnée de trois kilomètres hors des sentiers battus entre barrières, pelleteuses, sol terreux et caillouteux d’une avenue des Frères Lumière aussi défigurée que son prolongement, la Grande Rue de la Guillotière. Tranchées et barricades encerclent les commerces et les terrasses de ces quartiers aux allures de village.

L’attractivité de l’avenue des Frères Lumière, l’une des rues les plus fréquentées de Lyon, laisse place au spectre de la zone sinistrée.

Du Château Lumière à la fresque du cinéma « tardif », le paysage urbain se dégrade à vitesse grand V. Au 4, place Gabriel Péri, le mur peint de 500 m2 réalisé par la Cité de la Création en 1996, trois ans après la destruction du cinéma historique Eldorado au 33, cours Gambetta, offre un triste spectacle.

La rénovation de la place Gabriel Péri met en lumière l’état pitoyable de la Fresque du Cinéma

À moitié effacée, couverte de tags, recouverte de graffitis, la fresque représentant la mise en scène du premier film deAuguste and Louis Lumière est réduit à l’état d’ombre. Eclipsé, le panorama sur les films tournés à Lyon ! Il n’a pas été épargné par des années d’oubli de notre patrimoine cinématographique.

Les écologistes inventent l’anneau gastrique routier

En bref, de Monplaisir à La Guillotière, le pèlerinage aux sources du 7ème L’art évolue vers un voyage au bout de l’enfer mécanique. Un enfer promis, ironiquement, par un concept de « street bike » appliqué par le Cerema (1) aux rues secondaires, accueillant un flux de circulation de 2 000 véhicules par jour. Alors que 7 500 circulent quotidiennement sur l’avenue des Frères Lumière, note l’association J’adore Monplaisir (2), la Métropole décide, sans aucune discussion, de contourner l’obstacle et d’aller droit au but.

Un bus C16 coincé entre deux tranchées

Imaginez, au carrefour des rues Saint-Maurice et Armand Gélibert, un anneau gastrique destiné à supprimer le flux de voitures venant de La Guillotière. A ce transit qui pèse 20% du trafic de l’avenue des Frères Lumière, s’ajoutent les 5 000 véhicules des riverains, professionnels, livreurs entrant et sortant de Monplaisir chaque jour, souligne l’association J’adore Monplaisir.

> Lire aussi : Les écologistes déchaînent leur fureur contre les automobilistes sur l’avenue des Frères Lumière

A vélo, à pied et en voiture, l’avenue des Frères Lumière est un cauchemar…

On mesure les conséquences désastreuses en termes de nuisances et de pollution sonore d’un détournement massif, indigeste, du trafic automobile vers les rues Sisley, Guilloud, Rebatel. Au-delà du carrefour Saint-Maurice-Armand Gélibert, point de salut pour les automobilistes : il sera interdit d’y circuler. Vélos et trottinettes électriques pourront naturellement poursuivre leur route, après avoir évité les écueils d’un nœud gordien hautement accidentogène.

5 300 signatures d’opposants au projet

Une avenue des Frères Lumière coupée en deux, côté ouest, l’axe Rockefeller interdit aux voitures, côté est… De quoi étouffer un quartier où une majorité de commerçants indépendants ont mené leur enquête : « 8% des clients du quartier viennent à vélo contre 31% en voiturechiffres validés par huissier” a déclaré récemment Gilles BessièrePrésident de l’association J’aime mon plaisirà nos collègues de La Tribune de Lyon.

Arbres corsetés de tuyaux dans la décharge improvisée au coin de la rue Pierre Robin

Sur fond de symphonie d’excavatrices et de marteaux-piqueurs, la pétition de J’aime mon plaisir a recueilli 5 300 signatures d’opposants au projet de transformation urbaine du quartier où Auguste et Louis Lumière ont inventé le cinématographe. Terre d’élection de l’Institut Lumière et d’une allée des célébrités à la française, parcourue chaque année par les stars du 7ème art, le quartier de l’usine à rêves voudrait se réveiller d’un cauchemar interminable.

(1) Établissement public de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
(2) Association J’aime Monplaisir – 41, rue Villon 69008 Lyon – email: [email protected]

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Samedi 20 juillet à Valence, Journée Culturelle Guinéenne par L’AGVS –
NEXT Une fresque « Liberté, Égalité, Fraternité » devant la mairie de Bordeaux – .