« Sur le pont Simone-Veil, on danse, on danse ! » – .

« Sur le pont Simone-Veil, on danse, on danse ! » – .
« Sur le pont Simone-Veil, on danse, on danse ! » – .

UN A peine trois minutes à vélo, deux fois plus à pied. C’est le temps qu’il faut désormais pour aller de Bordeaux-Bègles à Floirac, du boulevard Jean-Jacques Bosc à l’Arkéa Arena. 549 mètres de pont que piétons et cyclistes se sont précipités pour découvrir ce mercredi 3 juillet, au matin. 9h15, top départ : les plus impatients peuvent enfin fouler la dalle en béton armé de 25 000 mètres carrés.

Sur les 44 mètres de large de l’ouvrage, 18 sont réservés aux piétons et quatre aux vélos. C’est ce qui frappe immédiatement les premiers passants : « C’est immense, on a de la place ! » s’étonne Maryse, venue avec son petit-fils. D’autant plus de place pour Aaron, 6 ans, pour courir dans tous les sens : « pas trop vite, il faut que grand-mère suive ! » Mais l’octogénaire peut se rassurer, si le pont semble « raide » vu d’en bas, la pente est en réalité bien plus douce qu’il n’y paraît, aussi bien à la montée qu’à la descente.


Trois minutes pour le traverser à vélo, peut-être un peu plus si vous vous risquez à quelques acrobaties…

Thierry DAVID / SO

Le paradis des cyclistes

Les vélos, eux, s’en donnent à cœur joie. Certes, pour l’instant, ils ne sont pas tous sur la zone cyclable, aussi large soit-elle. Mais personne ne s’inquiète : les bonnes habitudes viendront petit à petit… Plusieurs clubs ont fait le déplacement pour user leurs pneus sur le nouveau pont. À l’image du Bassens Cyclo Club : casque sur la tête, gilet jaune pour certains et maillot aux couleurs du club pour d’autres, ils sont 13 à avoir traversé pour la première fois.


Les Béglaisois et leur maire, Clément Rossignol-Puech (au centre), célèbrent le nouveau pont, lien entre leur commune et Floirac.

Thierry DAVID / SO

Au milieu du pont, une sorte de grand parking temporaire se forme : chacun y laisse son vélo, sa trottinette électrique, son skateboard ou son vélo cargo le temps de prendre la fameuse photo du premier passage. « Quel côté préférez-vous ? Vers Bordeaux ou l’autre ? » « Les deux, non ? Du moment qu’il n’y a pas de voitures… » Très vite, la rambarde devient le spot photo favori des passants.


Très vite, la balustrade devient le lieu de prise de photos privilégié des passants.

Thierry DAVID/SO


Pas de voitures ni de bus avant le 8 juillet, alors chacun en profite pour se prendre en photo sur le pont et sous tous les angles.

Thierry DAVID / SO

Un air bien connu

Un peu plus loin, deux hommes s’interpellent : « T’as vu la vue de là-bas ? » « Non, mais c’est pas mal d’ici… ça va, ce pont est beau, on peut le garder ! », plaisante Arthur. « J’aime bien ! Bon, il ne faut pas avoir peur du vent. Mais honnêtement, si les gens viennent, s’assoient sur les bancs, ça pourrait devenir un coin sympa. » Son collègue Jérémy, lui, pense plutôt à des sorties de concerts : « Ça va désengorger, on va pouvoir se garer rive gauche et traverser plus vite. T’imagines la foule, la zone piétonne pleine de monde ? Ça va être cool ! »


Plusieurs espèrent que le pont permettra de fluidifier la circulation avant et après les spectacles à l’Arkéa Arena.

Thierry DAVID / SO

Côté musique, cinq amis se sont déjà mis au travail. On entend un petit air du « Pont d’Avignon »… remplacé, bien sûr, par « Sur le Pont Simone-Veil, on danse, on danse ». Et en effet, ils « tournent tous en rond », entre deux éclats de rire. « On avait dit qu’on ferait la danse, alors on l’a fait ! » Ils viennent de Saint-Caprais-de-Bordeaux, à vingt minutes de là, rien que pour l’occasion. « Les balustrades sont jolies, elles reflètent le ciel… » À mi-parcours, les installations en bois sont validées : « Il y a même des sièges pour les vieux ! »


Des aménagements ont été installés sur la dalle de béton pour rendre la zone accueillante pour les piétons.

Thierry DAVID/SO

Et la végétation ?

« Il manque un peu de verdure, non ? », « Des arbres sur un pont ? Avec le vent ce serait hyper dangereux », « Mais en été, ici, ça va être dur… » Comme le soulignent certains, la nouvelle structure n’est que du béton armé et une charpente métallique. Pour le côté « vert », il faut regarder les alentours : 1 150 arbres y ont été plantés. « Si le projet avait été conçu aujourd’hui, on aurait sûrement intégré de la végétation. Mais à l’époque, on ne parlait pas autant d’écologie… », sourit le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic. Reparti en vélo avec son équipe, il a peut-être croisé ce cycliste qui avait collé cette citation d’Isaac Newton à l’avant de son vélo : « Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts. »


Sur le devant de ce vélo, « Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts », citation d’Isaac Newton.

Thierry DAVID/SO

Inauguration festive

Alors que ce mercredi 3 juillet marquait l’ouverture aux mobilités douces, le pont Simone-Veil n’a pas encore été officiellement inauguré. Le ruban sera coupé très cérémonieusement à 16 heures le samedi 6 juillet depuis la rive gauche, avant le début des festivités ouvertes au public, à 18 heures. Pas de jaloux : rive droite, structures gonflables et ateliers familiaux ; rive gauche, une grande roue pour profiter de la vue, en accès libre de 14 heures à 22 heures 30. Trois sets de DJ sont successivement programmés jusqu’à 22 heures 30, avant le spectacle aérien Galileo de Deus Ex Machina, programmé jusqu’à 23 heures 30. La soirée devrait se conclure par l’illumination du pont à 23 heures 45, à découvrir depuis la dalle elle-même, mais aussi depuis la rive droite comme depuis la rive gauche. Une buvette et des food trucks seront également sur place. Enfin, l’ouverture aux voitures aura lieu le lundi 8 juillet, à partir de 5 heures du matin.


Sur les 44 mètres de large du pont, quatre sont dédiés aux vélos et 18 aux piétons.

Thierry DAVID / SO

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Un espoir des Bruins prend sa retraite du hockey, sa carrière est en jeu – .
NEXT Le Festival international des artistes de rue anime Moncton pendant 3 jours – .