Financement des transports publics | Un accord enfin signé, mais seulement pour 2025 – .

Financement des transports publics | Un accord enfin signé, mais seulement pour 2025 – .
Financement des transports publics | Un accord enfin signé, mais seulement pour 2025 – .

Les sociétés de transport du Grand Montréal n’ont pas réussi à faire plier le Québec et n’obtiendront finalement pas plus de 200 millions en 2025. Quant à l’avenir, les transporteurs restent dans le noir, ne sachant toujours pas de quoi ils seront dotés dans les prochaines années.


Publié à 00:41

Mise à jour à 5h00



La presse a pu confirmer qu’une entente avait été conclue ces derniers jours entre la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et le gouvernement du Québec. Ce dernier versera, comme prévu dans son offre initiale, quelque 200 millions aux transporteurs du Grand Montréal.

Selon nos informations, la part couvrant les services sur l’île de Montréal sera d’environ 100 millions $, soit environ 24 millions $ à Longueuil, 23 millions $ à Laval, 35 millions $ en couronne sud et 18 millions $ en couronne nord. L’Autorité régionale de transport métropolitain sera chargée d’investir les sommes au bon endroit.

L’entourage de la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, laissait entendre depuis plusieurs semaines qu’elle ne céderait pas sur son offre initiale de 200 millions $. Cela représente environ 70 % du déficit « conjoncturel » des transporteurs, attribuable aux pertes liées à la pandémie. Face à un manque à gagner de 561 millions $, les entreprises de transport réclamaient 421 millions $.

On ignore toutefois encore de combien disposeront les transporteurs en 2026, 2027 et 2028. L’objectif serait d’en arriver à une entente à long terme d’ici septembre. « Le problème n’est pas du tout réglé. On veut continuer à négocier avec le gouvernement pour avoir plus de prévisibilité », résume le président de la Table des préfets et élus de la couronne nord (TPECN), Denis Martin.

Nous exerçons tous une forte pression sur nos entreprises de transport en ce moment. Tout est étudié pour économiser les coûts. L’objectif reste à tout prix de ne pas rogner sur le service rendu aux citoyens.

Denis Martin, président du TPECN

Déception et amertume

À court terme, l’entente pour 2025 risque de déplaire à de nombreux élus et citoyens, puisqu’elle signifie que l’augmentation de la taxe d’immatriculation des véhicules (TIV), que les villes espéraient pouvoir réduire si l’aide de Québec était plus lucrative, restera à 150 %.

La taxe passera en effet de 59 $ à 150 $ par voiture dans le Grand Montréal en 2025. Pour les municipalités, cela représentera des revenus supplémentaires de 320 millions $ par année. Jusqu’à présent, la taxe de 59 $ générait 127 millions $ annuellement. L’écart restant entre l’aide gouvernementale et le déficit, soit environ 40 millions $, sera comblé par de nombreuses mesures d’optimisation financière.

Dans la banlieue sud, qui s’était opposée dès le début à l’augmentation du TIV, les habitants se disaient « profondément déçus » par l’issue de cette affaire.

« Cette décision affecte gravement notre région, qui est déjà défavorisée en matière de transports publics. […] «Nos concitoyens dépendent en grande partie de leur véhicule, faute d’alternatives viables comme les services d’autobus», a déclaré le président de la Table des préfets et élus de la Couronne Sud, Christian Ouellette.

Au cabinet du maire de Laval, Stéphane Boyer, on considère que « l’entente pour 2025 permet de fermer la parenthèse budgétaire, mais s’accompagne tout de même de choix difficiles, notamment certaines coupes dans les sociétés de transport qui atteindront leurs limites très bientôt, en affectant le moins possible le service ». « On cherche toujours avec le gouvernement un projet sur des optimisations majeures à l’échelle métropolitaine, des réformes qui nous permettront de faire de vrais gains d’efficacité », a-t-on ajouté.

«Nos discussions avec les villes sur les déficits des sociétés de transport se poursuivent et nous espérons toujours conclure prochainement une entente qui assurera une prévisibilité pour les prochaines années», a réagi le cabinet de la ministre Guilbault.

 
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