Le Premier ministre haïtien promet la « transparence » à la population traumatisée par les gangs : Actualités – .

Garry Conille dit n’avoir pas hésité à accepter le poste de Premier ministre. Malgré une situation « extrêmement complexe », notamment en raison de la violence des gangs, il a promis action et « transparence » à la population, exaspérée par des décennies d’instabilité, dans un entretien mardi à l’AFP.

Ce médecin de formation, ancien directeur régional de l’Unicef, était en visite à Washington cette semaine. Il y a discuté avec le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken de la force multinationale dirigée par le Kenya, dont un premier contingent est arrivé le 25 juin en Haïti pour appuyer la police contre les gangs armés.

Le nouveau gouvernement intérimaire d’Haïti a hérité d’une situation « extrêmement difficile », a déclaré M. Conille, avec une capitale à 80 % aux mains des gangs, près de « 600 000 personnes déplacées, des infrastructures qui n’existent pratiquement plus, des ministères qui n’ont plus de bureaux, un personnel très démobilisé, une force de police qui a besoin d’être renforcée ».

Mais il s’est félicité de “l’entente” qui a permis la formation d’autorités de transition après la démission de l’ancien Premier ministre controversé Ariel Henry: un conseil présidentiel de transition né de négociations ardues, mais qui a fini par nommer un gouvernement chargé de rétablir la sécurité et de conduire le pays vers des élections – les dernières remontant à 2016.

– « La responsabilité haïtienne » –

Un deuxième contingent de la mission multinationale devrait arriver « très rapidement », « dans les prochaines semaines », selon M. Conille, qui n’a pas souhaité en dire plus sur les effectifs attendus « pour des raisons de sécurité ».

Mais pour rassurer la population, échaudée par le souvenir des interventions étrangères passées, il a insisté sur le fait que le rôle de cette force était « d’appuyer la police ».

« La responsabilité de rétablir la sécurité est d’abord et avant tout une responsabilité haïtienne », a insisté Garry Conille, qui a déjà été Premier ministre pendant une courte période en 2011-2012.

La mission « ne remplace pas la police. Il s’agit vraiment d’un soutien immédiat qui nous donne le temps de renforcer les capacités de la police et de l’armée pour que ces deux institutions puissent jouer efficacement leur rôle », a-t-il expliqué.

«Tout ce qui est planifié et conçu sera conçu et préparé par les autorités haïtiennes», en consultation avec la force multinationale, a-t-il déclaré.

Et « nous avons mis en place un groupe de travail entre la police et l’armée qui réfléchit actuellement à des stratégies concrètes pour pouvoir avancer sur les questions de sécurité », a-t-il poursuivi.

– Confiance –

Le Premier ministre a déclaré comprendre que la population était « impatiente » de voir des progrès sur le terrain.

Mais « nous devons mettre en place les instruments dont nous avons besoin pour pouvoir avancer de manière prudente, en protégeant évidemment nos agents, mais de manière résolue et délibérée pour que, dans un avenir pas trop lointain, nous puissions d’abord récupérer les territoires que nous avons (perdus) et (…) probablement en même temps, faire en sorte que nous résolvions définitivement le problème des gangs », a-t-il déclaré.

Et « dans ce genre de situation, la transparence est notre meilleure alliée », a-t-il dit. La population haïtienne, « qui a historiquement perdu confiance dans ses institutions », « nous regarde de près », elle veut voir « comment ces différentes interventions vont améliorer ses conditions de vie ».

C’est pourquoi « nous allons communiquer régulièrement. Nous allons lui dire très clairement ce que nous pouvons réaliser. Nous allons également lui faire part des échecs des expériences », a déclaré M. Conille.

Concernant les élections, qui selon la feuille de route des autorités doivent se tenir avant le 7 février 2026, le Premier ministre a déclaré qu’elles étaient « la définition même du succès de la transition ».

Le conseil présidentiel « travaille activement » à la nomination des membres du Conseil électoral provisoire, selon M. Conille.

« Nous mettons déjà en place le système et les instruments nécessaires pour pouvoir avancer rapidement », a-t-il déclaré.

 
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