Un film indien, grand prix à Cannes 2024, produit par des Orléanais. – .

Un film indien, grand prix à Cannes 2024, produit par des Orléanais. – .
Un film indien, grand prix à Cannes 2024, produit par des Orléanais. – .

Les jeunes producteurs de Petit Chaos

Thomas Hakin et Julien Graaf, co-directeurs de la société de production Petit Chaos, basée à Orléans, nous parlent de leur vision de leur métier

Philippe Germain, de Ciclic, Payal Kapodia, réalisateur, Julien Graaf et Thomas Hakin, de Petit Chaos. Photo Petit Chaos.Condor Distribution

Qu’est-ce qui produit ?

Julien Graaf : Il y aurait autant de réponses qu’il y a de producteurs… Pour nous, c’est être le premier spectateur. Le compagnon de la production, de l’idée initiale à la diffusion. C’est donc vraiment le compagnon artistique et financier. Qui aura la même envie de cinéma que la personne avec qui nous travaillons, et qui aidera cet artiste à donner naissance à son œuvre.

Un aspect créatif mais aussi un aspect administratif, financier, économique. Tout est lié. C’est aussi comprendre exactement la volonté du réalisateur à travers des échanges constants, connaître le meilleur choix à faire, choix du scénario, choix du tournage. Où mettons-nous l’argent, comment le dépensons-nous. C’est un dialogue. Cela dépend des producteurs, mais nous voulons être là du début à la fin.

Rencontrez-vous de futurs réalisateurs lors de festivals ?

Thomas Hakin : Ce sont souvent des festivals qui projettent des films de fin d’études… Mais a priori, on va produire dans notre génération. Les festivals sont des lieux de rencontres.

Julien : Ce serait compliqué de produire des gens qu’on aime mais dont on n’aime pas le travail, mais aussi de produire des gens dont on aime le travail mais dont on n’aime pas le travail. C’est une alchimie assez longue, semée d’embûches qu’il faudra surmonter ensemble. Le couple auteur-producteur est fort quand il travaille sur le plan humain. Ensuite, il y a la qualité de l’histoire. Notre approche est un contrepoint. Nous sommes à égalité.

La question du financement vous appartient. Où trouves-tu l’argent ?

Philippe Germain, directeur de Ciclic, présent à la discussion : Nous avons apporté de l’argent et du soutien. Ce n’est pas un montant énorme, 40,50000. Mais c’est le bon moment, au tout début.

Julien : Ce que nous apportons, c’est notre travail plus que notre argent. Il faut en trouver, c’est aussi notre boulot. C’est pourquoi nous devons avoir quelque chose de bon à vendre. Aux téléviseurs, aux partenaires. En France, nous avons la chance de disposer d’un système d’aides publiques régionales ou nationales très important. Cette aide saura convaincre les autres partenaires. Mais il faut une grande stratégie, s’adresser aux bonnes personnes, etc. Les fonds ont des attentes, il faut comprendre tout ça. Pour un film comme celui de Payal, à production majoritairement française, c’est nous qui signons les droits du projet, qui supportons les risques du film. Même si nous avons des coproducteurs pour nous soutenir. Nous avons eu du soutien en France, mais moins que s’il s’agissait d’un film français. La stratégie a dû être adaptée. Comprendre quel fonds contacter, etc. La chaîne Arte, Eurimages, le CNC, et il y a le vendeur qui nous donne une longueur d’avance sur le marché de ce film, ce n’est pas toujours le cas, mais là, oui.

Est-ce un gros budget ?

En matière de cinéma, non. Un million. C’est ridicule pour un long métrage.

Comment devient-on producteur ?

Nous sommes allés dans des écoles de commerce. Avec une passion pour le cinéma. Nous travaillions déjà dans d’autres entreprises. C’est une envie de spectateur d’abord, puis des rencontres. Et l’envie de créer une entreprise. Des choix progressistes.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Le TéFéCé tenu en échec par le Pau FC pour le deuxième match de la préparation – .
NEXT La prévention, la clé pour éviter la noyade chez les enfants – .