à Rennes, ce festival mêle les cuisines du monde

à Rennes, ce festival mêle les cuisines du monde
à Rennes, ce festival mêle les cuisines du monde

Un momo, deux momos, trois momos… Pema enchaîne les replis avec une rapidité déconcertante. Ses doigts effleurent à peine les raviolis et tressent la pâte en toute confiance. En cuisine, le reste de l’équipe tente de l’imiter. Leurs gestes incertains et leurs regards perplexes la font rire. “Tu vas super vite, c’est incroyable, tu nous bats tous” s’amuse Lisa Guillemot, la chef du restaurant Pie muette à Chantepie.

Lire aussi : Refugee Food Festival : le goût des autres cuisines à Rennes

Pema, réfugiée tibétaine, partage ses recettes de famille avec le chef Guillemot dans le cadre du Refugee Food Festival (RFF) qui s’est tenu du 12 au 23 juin 2024 à Rennes. Implantée en Bretagne depuis six ans, cette fête nationale rassemble des chefs français et des chefs réfugiés qui souhaitent découvrir ou se former à la restauration.

Tibetan cuisine à la carte

“Certains n’ont jamais mis les pieds dans une cuisine professionnelle et s’ils l’ont fait, c’est souvent dans un autre pays, avec des opérations différentes”, explique Manon Cougnaud, l’une des co-organisatrices du festival à Rennes. Au menu de la Pie muette, les raviolis tibétains, autrement appelés momo, sont accompagnés de chana massala, salade de pois chiches et tapioca au thé noir tibétain. Pour Lisa Guillemot, participer au festival était une évidence. “Je ne connaissais pas du tout la cuisine tibétaine mais j’adore découvrir les cuisines étrangères, nous avons tellement à apprendre”, elle s’émerveille.

Thème : Actualité de la cuisine bretonne

Aux fourneaux de La Pie muette à Chantepie, la chef Lisa Guillemot et Pema, réfugiée tibétaine, peaufinent les derniers détails avant le service du soir. | LIGNE BAUDRILLER / BRETONS EN CUISINE
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Aux fourneaux de La Pie muette à Chantepie, la chef Lisa Guillemot et Pema, réfugiée tibétaine, peaufinent les derniers détails avant le service du soir. | LIGNE BAUDRILLER / BRETONS EN CUISINE

Au-delà de l’échange culturel et humain, cette collaboration est un défi culinaire. Le chef rennais souhaite respecter les consignes de Pema, mais ce n’est pas si simple lorsque les produits sont introuvables en France ou ne sont plus de saison. « Il a fallu remplacer le lait de yack par du lait de coco et de vache, le chou par des blettes… On trouve des alternatives mais en gardant l’identité culinaire du Tibet », décrit-elle.

“Donner une chance à chacun”

Afghans, Syriens, Tchadiens, Albanais… Ces chefs réfugiés importent leurs traditions et se familiarisent avec le métier de restaurateur. Employés pour un ou plusieurs dîners, ils rejoignent l’équipe du restaurant. Manon Cougnaud l’explique : « Notre objectif est de donner une chance à chacun. ». Danya Yaseen, une réfugiée syrienne habituée du festival, anime des ateliers de cuisine. « Ce que j’aime, c’est partager avec les gens. La cuisine est comme la culture, elle est différente dans chaque pays”justifie-t-elle.

Danya Yaseen implique les Rennais lors de son atelier de cuisine syrienne, sous le regard des élèves de l’école Ferrandi. | LIGNE BAUDRILLER / BRETONS EN CUISINE
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Danya Yaseen implique les Rennais lors de son atelier de cuisine syrienne, sous le regard des élèves de l’école Ferrandi. | LIGNE BAUDRILLER / BRETONS EN CUISINE

Dans les locaux de l’école Ferrandi, elle partage ses recettes syriennes avec les douze participants présents. Chacun boit ses paroles et observe ses actes. Les quelques étudiants de l’école de cuisine participent au spectacle et se mettent à sa disposition. « Pour le yaourt, c’est six cuillères à soupe… Ou sept ! » dit-elle en riant. « En Syrie, nous n’avons pas le même poids qu’ici, nous faisons ce que nous ressentons. »

Danya Yaseen, réfugiée syrienne, soutenue par une élève de l’école Ferrandi, lors de son atelier de cuisine dans le cadre du Refugee Food Festival. | LIGNE BAUDRILLER / BRETONS EN CUISINE
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Danya Yaseen, réfugiée syrienne, soutenue par une élève de l’école Ferrandi, lors de son atelier de cuisine dans le cadre du Refugee Food Festival. | LIGNE BAUDRILLER / BRETONS EN CUISINE

L’édition 2024 du Refugee Food Festival s’est terminée en beauté dimanche 23 juin au Bloom Pop de La Courrouze. Batoul, originaire du Tchad, proposait une cuisine saoudienne avec l’aide d’Anouck et Jérémy, anciens porteurs de RFF à Rennes. Cette année, l’objectif était de cibler un public différent pour accroître la sensibilisation à la problématique des réfugiés. Un atelier de cuisine était ouvert aux enfants et de nouveaux restaurants de quartier, plus éloignés du centre-ville, y ont participé.

Une vraie réussite pour Manon Cougnaud et Elise Thomas, les programmatrices rennaises : « On a vu beaucoup de monde qui découvrait le festival pour la première fois et qui étaient ravis. Pour nous, c’est une victoire. » Bons retours également de la part des dirigeants et des réfugiés. Batoul était ému. « Elle avait les larmes aux yeux à la fin de la journée. » dit Manon Cougnaud. Une expérience qui lui a confirmé que transmettre par la cuisine était ce qui lui plaisait. “C’était tellement cool à voir, c’est vraiment pour ça que le festival existe”, se réjouit l’organisateur rennais.

 
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