À quelle vitesse les glaciers fondent-ils ? – .

À quelle vitesse les glaciers fondent-ils ? – .
À quelle vitesse les glaciers fondent-ils ? – .

De manière générale, ce n’est pas par leur épaisseur que l’on mesure la progression des glaciers, mais plutôt par leur retrait vers les pôles (horizontalement donc). Dans le cas de l’énorme calotte glaciaire qui couvrait environ la moitié de l’Amérique du Nord et atteignait les États-Unis il y a 20 000 ans, il semble que le retrait pourrait se situer entre 75 et 100 mètres par an (m/a) dans le sud du Québec, ce qui était « relativement rapide », lit-on dans une étude « classique » des années 1970 publiée dans la revue scientifique Géographie physique et Quaternaire.

Maintenant, comment cela se compare-t-il au retrait des glaciers d’aujourd’hui ? Ce n’est pas (du tout) une question facile car la vitesse du retrait varie fortement, en fonction des conditions qui prévalent très localement.

Ainsi, des données satellitaires récentes ont montré qu’en Antarctique par exemple, même si la tendance générale est clairement au retrait, les glaciers de la partie orientale du continent ne fondent pas : au contraire, ils gagnent en masse (environ 200 milliards de tonnes). par an, Gt/an), mais tout simplement pas suffisant pour compenser les pertes ailleurs (-100 Gt/an net pour l’ensemble du continent).

Et au fil du temps, la vitesse à laquelle un même glacier fond peut également varier considérablement. Une étude publiée l’année dernière dans Nature a analysé les traces que le retrait des glaces a laissées sur les fonds marins de certaines zones de la côte norvégienne, là où la calotte glaciaire s’étendait dans la mer il y a 20 000 ans. Et ses auteurs ont constaté qu’au-delà de l’allure moyenne, le retrait avait connu des « sauts » qui l’avaient fait reculer de 50 à 600 m. par jour. (lire attentivement par jourpas par an) !

Je pourrais donc bien citer des études démontrant par exemple que le retrait des glaciers du Groenland atteint des moyennes allant jusqu’à 60 à 80 m/an par secteurs (donc à peu près le même qu’au sud du Québec lors de la déglaciation), mais je ne suis pas sûr il est très utile de comparer cela avec le retrait des glaces survenu il y a des milliers d’années et jusqu’au 45e parallèle…

Niveau de la mer

Une chose que nous pouvons faire, cependant, est d’observer la vitesse à laquelle le niveau des océans augmente, puisque toute l’eau de fonte des glaciers finit dans la mer. Ce n’est pas directement comparable puisque la montée des océans est aussi due à leur dilatation thermique (un liquide se dilate lorsqu’il se réchauffe), mais cela peut donner une approximation de la vitesse globale à laquelle les glaciers disparaissent.

On estime qu’une fois le dernier maximum glaciaire dépassé, le niveau de la mer a augmenté d’environ 120 mètres sur une période d’un peu plus de 15 millénaires, selon le site de la NASA, pour une vitesse moyenne d’environ un peu moins d’un mètre par siècle. mais il y a aussi eu des pointes de 2,5 m/siècle à certaines époques, selon une étude publiée en 2010 dans Changement global et planétaire.

(ARCHIVES PHOTO REUTERS/ARCHIVES PHOTO REUTERS)

C’est clairement plus rapide que ce qui se passe actuellement. Les estimations varient un peu d’une source à l’autre, mais on parle de 30 cm par siècle depuis les années 1990.

Sauf qu’il faut garder à l’esprit que, d’une part, il y a moins de glace à fondre puisqu’on ne sort pas d’une glaciation — elle est terminée depuis des années.

D’un autre côté, la hausse actuelle ne fait que commencer et elle s’accélère. Selon l’agence gouvernementale australienne qui supervise la recherche scientifique, elle n’était que d’environ 10 cm/siècle en 1900. Et de nombreux signes indiquent que la fonte s’accélère : plusieurs études montrent par exemple que le Groenland et l’Antarctique perdent de plus en plus leurs glaces. rapidement au cours des quarante dernières années.

D’ici la fin de ce siècle, on estime que les mers devraient encore monter de 1 à 1,5 m, voire plus selon les scénarios d’émission choisis, ce qui nous amènerait à un rythme comparable à celui de la dernière déglaciation – à cette exception près. petit détail, je le répète, que nous ne sommes pas à la fin d’une période glaciaire…

(Ajoutons qu’un autre point qui rend les comparaisons un peu difficiles est qu’il y a 15 000 ans, il n’y avait pas 230 millions de personnes vivant dans des villes ou des habitations construites à moins de 1 m du niveau de la mer, selon une estimation récemment publiée dans Communications naturelles.)

Une chose est cependant claire : du point de vue de la température, le réchauffement actuel se produit beaucoup plus rapidement que tout ce que la nature a produit au cours du dernier million d’années. Lorsque la Terre sort d’une période glaciaire, sa température moyenne augmente généralement de 4 à 7 °C sur environ 5 000 ans. À titre de comparaison, nous avons « gagné » 0,7°C au cours des 100 dernières années, un rythme environ 10 fois plus rapide qu’après une glaciation.

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Attention, cette chronique fera une pause la semaine prochaine, lorsque l’auteur de ces lignes se trouvera dans un endroit où les épicéas ne reçoivent pas la 5G…

Vous avez des questions sur le monde qui vous entoure ? Qu’elles concernent la physique, la biologie ou toute autre discipline, notre journaliste se fera un plaisir d’y répondre. A nos yeux, il n’y a pas de « question stupide », pas de question « trop petite » pour être intéressante ! Alors écrivez-nous à : [email protected].

 
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