« Il n’y a pas de recette, il faut être juste »

« Il n’y a pas de recette, il faut être juste »
« Il n’y a pas de recette, il faut être juste »

Sonia Déchamps a animé une rencontre samedi après-midi, dans le cadre de Lire à Limoges, avec trois auteurs, Pascal Fioretto, Jérôme de Verdière et Guillaume Clicquot sur le thème de l’humour en littérature. Pas triste !

Cette réunion à l’auditorium Petit du centre culturel Jean-Gagnant ce samedi après-midi est passée trop vite.

Dans la salle, beaucoup de femmes. Sur scène, trois hommes, trois auteurs : Pascal Fioretto, Jérôme de Verdière et Guillaume Clicquot. A la fois drôles, caustiques, humoristiques, sérieux, ils ont partagé leur vision de l’humour en littérature.

Pascal Fioretto est un journaliste, écrivain, chroniqueur, scénariste et écrivain français. Il est surtout connu pour ses pastiches de romans dont Code Vinci Gay (2006), Et si c’était idiot (2007), L’élégance du skinny (2009).

« Comme le disait Proust, le pastiche a des vertus purgatives et libératrices », explique-t-il. C’est la critique littéraire en action. C’est une manière de porter un regard amusé et amusant sur la scène littéraire. Moi, je fais du pastiche contemporain. J’écris des livres dans le style de. Lorsque vous faites cet exercice, vous devez d’abord lire le travail de l’écrivain. Ensuite, nous le restituons avec une histoire originale. Et dans cette histoire, quand on concentre tous les tics et tocs d’un auteur, il s’avère qu’il y a un effet humoristique… si tout va bien. On découvre un portrait qui est caricatural. Et il y a souvent des caricatures qui ressemblent plus que des portraits ! »

Dans son dernier pastiche, celui d’Annie Ernaux Objectif ventes, par Annie Ernox, prix Nobel de littérature (2024), il continue de « falsifier, mystifier et démystifier » avec brio. Et il ajoute : « Annie Ernaux, j’espère qu’elle a apprécié son pastiche car je lui ai quand même écrit un livre, plus épais que ceux qu’elle a écrit et dans lequel il y a encore toutes ses œuvres. ! Elle m’explique comment elle a obtenu son prix Nobel et je l’envoie aux Etats-Unis où elle enseigne l’écriture plate. Je ne l’ai pas inventé. Elle est pour l’écriture plate. Pour elle, il faut écrire comme on écrit un rapport d’assurance ou un manuel d’utilisation d’un grille-pain… »

Guillaume Clicquotscénariste original des films Papa ou Maman et Bonne retraiteest également l’auteur de Prends-moi pour un imbécile et de La fille du creuseur. Pour lui, la force de l’histoire réside dans les dialogues bien construits et les personnages intéressants. Sa nature à rire, à dédramatiser le quotidien par le rire, se retrouve souvent dans ses écrits. Et pour savoir si ça marche, il a sa méthode : « Quand l’histoire me vient à l’esprit, je me mets à écrire et je peux faire des séances d’écriture de 12, 15 heures d’affilée. Je suis renfermé, autiste. Je suis là, mais pas là. Cela me vide la tête. Mais quand j’arrête, je ne me souviens plus de ce que j’ai écrit. J’ai une mémoire de poisson rouge. Alors, je relis et parfois, je me fais rire ! « .

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Jérôme de Verdièrejournaliste, présentateur de radio et de télévision et auteur de La robe et la mauvaise mer. Rien de drôle à priori. Dans La robe, il interroge les bouleversements de notre société et des relations de couple, se moquant aussi bien des progressistes que des réactionnaires auxquels, dit-il, il appartient. Avec Mer mauvaiseil décrypte les relations mère-fille sur le thème des douleurs enfouies et des non-dits.

« Je pense, confie-t-il, que ce qui se compare le plus à un auteur, c’est un acteur. Les acteurs, lorsqu’ils jouent, ne doivent pas « faire le drôle », car c’est toujours une tragédie au début. Un écrivain, c’est pareil. Nous n’écrivons pas pour faire rire les gens. Le rire vient. Il faut être le plus juste possible. Le rire peut arriver là où cela n’a pas été décidé. Ce sont souvent les lecteurs qui nous font des retours. »

Et quand Pascal Fioretto conclut : « Est-ce que certains d’entre vous participent à des ateliers d’écriture rémunérés ? « . C’est piquer une dernière fois, faire rire le public et se moquer de ces masterclasses d’écriture qui, selon lui, « ne servent à rien ». « C’est dans notre nature d’écrire des conneries, ça ne s’apprend pas ! »

Anne-Sophie Pédegert

 
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