« Nous avons voulu mettre les choses au clair sans ouvrir d’information judiciaire »

« Nous avons voulu mettre les choses au clair sans ouvrir d’information judiciaire »
« Nous avons voulu mettre les choses au clair sans ouvrir d’information judiciaire »

Opération Place Claire dans l’agglomération de Dax, à partir du mardi 28 mai au matin : cette intervention policière a permis de juger neuf hommes et deux femmes pour leur participation au trafic de stupéfiants, quatre mineurs étant convoqués au tribunal pour enfants. Mais, ces arrestations ne doivent rien au hasard, comme le rappelle la présidente du tribunal judiciaire, Laure Vuitton, à l’ouverture de leur procès, jeudi 20 juin 2024.

Tout a commencé le 5 septembre, avec « la découverte d’un sachet contenant 127 grammes de cocaïne et 23 grammes d’herbe de cannabis », sur le parking de la résidence Lysandra à Saint-Paul-lès-Dax. Deux ADN retrouvés sur le sac ont permis aux enquêteurs d’identifier des individus connus de la justice, tandis que l’arrestation d’un troisième homme, pour violences, a donné un coup d’accélérateur aux investigations en novembre.

Outre « 2,5 kilos de résine de cannabis », saisis lors de la perquisition de la cave de son domicile de Saint-Paul, dans le quartier de La Pince, « un cahier rouge avec des noms » a servi les intérêts des forces de l’ordre. Surveillances, écoutes téléphoniques, informations et entretiens avec les consommateurs ont alors permis de déterminer l’ampleur du trafic de cette drogue.

Messagerie instantannée

“Tout le monde a tout vendu : de la coke, de la merde, de l’herbe”, souligne Laure Vuitton dans l’instruction du dossier. Achetés à Pau, Bayonne, Bordeaux et Toulouse, les médicaments étaient proposés à la vente sur les canaux de distribution de messagerie instantanée Telegram.

« Nous savions que cette chose allait exploser. Mais je ne peux rien dire. Ce qui se passe dans La Pince reste dans La Pince », ose l’un des acteurs. Âgés de 18 à 23 ans, la plupart des prévenus ont du mal à justifier leur participation à ce commerce criminel. Certains en admettent l’usage, comme celui qui « vend pour payer (sa) consommation ». Une autre, par amour, a accepté de stocker de la cocaïne et du cannabis dans son appartement. Accusés d’avoir blanchi l’argent généré par ce trafic, le gérant d’un bar né en 1986 et son cousin assurent qu’ils “n’ont rien à voir avec tout ça”.

« Tout le monde vendait de tout : de la coke, de la merde, de l’herbe. »

« Vous avez devant vous les différents niveaux du trafic de drogue, même s’il manque une personne pour que l’équipe soit complète », précise le procureur de la République, Benoît Fontaine. Les réquisitions, données par un deuxième magistrat placé au parquet, précisent le rôle joué par chaque partie, proposant des peines de plusieurs années de prison pour certaines.

incomplet

En défense, les avocats critiquent « l’enquête incomplète » menée par le parquet de Dacquois et le choix d’organiser cette audience au plus vite, dans un « coup de pub ». Pour Me Katy Mira, “l’impression que tout a été fait pour qu’il y ait quelque chose dans ce dossier” est forte. « On nous parle de l’affaire de l’année… Mais on ne nomme pas de juge d’instruction ! »

«On a voulu mettre les choses au clair sans ouvrir une information judiciaire», appuie Me Élise Rocher. Dernière à plaider, après onze heures d’audience, elle parle d’un « scandale procédural ». Comme si ces attaques répétées avaient finalement fait mouche, les peines prononcées sont réduites par rapport aux réquisitions.

Les cousins ​​sont ainsi libérés et leur argent restitué. Certains bracelets électroniques permettent aux prévenus d’éviter une incarcération pendant six ou douze mois, à condition de respecter leur période de probation et de ne plus entrer en contact les uns avec les autres. Deux des accusés sont toujours en détention. Ilyasse Sbaa est condamné à trois ans de prison dont deux ans avec sursis. Convoqué aujourd’hui pour passer le baccalauréat et qualifié de « tête de réseau », Alexandre Thomas purgera une peine de quatre ans de prison, dont un an avec sursis.

 
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