les territoires sont actifs en matière de santé

les territoires sont actifs en matière de santé
les territoires sont actifs en matière de santé

© La Semaine

A l’invitation du Groupe La Semaine, élus et acteurs de la santé ont échangé sur l’importance pour les territoires – y compris les zones frontalières – de s’organiser dans le cadre de partenariats public-privé et de penser « local ».

« Dans la santé comme dans d’autres domaines compte tenu du contexte politique, la priorité doit être de construire des ponts et non des murs. Et cela vaut aussi pour les zones reculées, nous avons un devoir envers la population”, a souligné Dominique Peljak, directrice générale du CHR Metz-Thionville lors de la matinée d’échange et d’échange “La santé, un enjeu territorial structurant”, organisée par la Semaine*. Groupe, à l’occasion de la sortie du Guide Santé 2024 en Lorraine, le 13 juin, à Thionville.

Pour ce faire, il est important de développer (davantage) des collaborations entre hôpitaux publics et cliniques privées, d’organiser des échanges entre zones rurales et urbaines ou encore d’assurer une montée en compétence des soignants pour gagner en efficacité et en fluidité au profit des patients et des parcours de soins. « Il faut innover, mettre fin au cloisonnement dans un monde où les ressources sont épuisées », a expliqué le docteur Christophe Baillet, président de Louis Pasteur Santé.

Richesse et ressources

Ceci est d’autant plus judicieux en Moselle que le territoire est particulièrement riche en infrastructures de qualité sur lesquelles il est possible de capitaliser pour mutualiser des équipements et des plateaux techniques très avancés qui impliquent des investissements toujours plus conséquents. Un « partage » qui est aussi un levier d’attractivité pour attirer les professionnels de santé souhaitant avoir accès aux dernières technologies et « travailler en équipe », a souligné Christophe Baillet.

C’est une réponse à la pénurie de médecins et d’infirmières même si bien d’autres leviers doivent être actionnés : formation, gestion, aide à l’installation, bourses pour stagiaires, rémunération… « Le Covid a aussi mis en évidence que les professionnels de santé, les gens de terrain, savent collaborer. Les enseignements à tirer de ces bonnes pratiques n’ont pas été tirés depuis que la bureaucratie a pris le relais, mais ils n’en demeurent pas moins des réalités », a souligné Julien Husson, directeur de l’IAE Metz et titulaire de la Chaire Santé.

La crise a néanmoins permis de confirmer à quel point les élus locaux et les collectivités ont un rôle déterminant à jouer en matière de santé, qui constitue « un enjeu majeur » à l’échelle locale, pour reprendre les mots de Pierre Cuny, maire de Thionville et président de la Communauté Urbaine des Portes de France-Thionville.

“Il faut penser en termes de territoires car il suffit de s’éloigner de 30 km pour que les besoins et les problématiques soient complètement différents, ce qui implique des solutions personnalisées”, a déclaré Véronique Guillotin, sénatrice de Meurthe-et-Moselle. et conseiller régional du Grand Est qui a notamment cité les centres de santé pluriprofessionnels comme étant des outils intéressants pour soutenir les écosystèmes de santé locaux. L’élu a également précisé que le Grand Est allait expérimenter la mise en place d’une « option santé » dans les lycées situés en dehors des grandes villes pour que les jeunes (ruraux) intéressés par ces métiers ne s’autocensurent pas. plus.

Innover avec le voisin luxembourgeois

Travailler au niveau local, c’est aussi organiser une coopération transfrontalière avec le Luxembourg. « Et cela en pensant non plus comme un territoire transfrontalier mais comme un territoire européen », a expliqué Pierre Cuny. Les enjeux et défis sont les mêmes des deux côtés de la frontière : former et attirer des médecins, accroître leurs compétences au profit de pratiques avancées, améliorer le lien entre soins primaires et hôpitaux… « Cela ne se résume pas à signer des accords entre pays mais à déployer, entre voisins proches, des groupes de travail qui travaillent sur des sujets très concrets, dans une approche gagnant-gagnant», a souligné le Dr Philippe Turk, président de la Fédération des Hôpitaux Luxembourgeois, citant la Région comme l’interlocuteur local le plus pertinent.

Les sujets de discussion ne manquent pas même si les acteurs locaux ne détiennent pas toutes les cartes : formation des personnels soignants, harmonisation fiscale, numerus clausus pour l’installation, majoration des remboursements des consultations, etc. Au registre des pistes innovantes, le maire de Thionville invite nous amène notamment à examiner la différence de remboursement des consultations médicales entre la France et le Luxembourg (près de deux fois plus élevé au Grand-Duché). Aussi lorsqu’un frontalier (qui travaille au Luxembourg) se fait soigner en France, cela coûte moins cher à la Sécurité sociale luxembourgeoise que si ce même salarié consultait un médecin dans le pays où il cotise.

L’idée, rapidement évoquée, serait de faire en sorte que le médecin français soit mieux payé à la consultation, ce qui permettrait au territoire (notamment les zones sous-médicalisées) d’être plus attractif pour les professionnels tout en réduisant les coûts côté grand-ducal. Évidemment, cela devrait faire l’objet d’un encadrement pour éviter que les médecins généralistes traitent en priorité les frontaliers par rapport au reste de la population, mais pour le maire de Thionville, il y a une marge d’investigation plus approfondie.

Avec les acteurs économiques

Tous les intervenants ont souligné qu’il est possible d’améliorer le système de santé actuel à condition que les élus locaux et les professionnels de santé aient la liberté d’agir. D’autant que d’autres acteurs se mobilisent au cœur des territoires comme les entreprises (sur le volet prévention et bien-être au travail) et les banques. « Dans le domaine de la santé, notre ambition est de nous positionner comme apporteur de solutions, les professionnels de santé », explique Christophe Ciré, directeur des nouveaux métiers du Crédit Agricole de Lorraine qui porte un projet sociétal ambitieux.

Pour lutter contre la désertification médicale, la banque se mobilise pour favoriser le déploiement de la télémédecine. Le groupe Crédit Agricole, via sa nouvelle filiale Crédit Agricole Santé et Territoires, prend une participation majoritaire dans Omedys, spécialisée dans ce domaine. Comprenez que votre engagement s’inscrit dans la durée… Ce qui n’est pas anodin. S’il y a « urgence d’agir », comme l’a souligné Christophe Baillet, l’amélioration du système de santé nécessite une mobilisation durable.

*en partenariat avec la communauté urbaine Portes de France-Thionville, la Ville de Thionville, le Crédit Agricole de Lorraine, l’IAE Metz Ecole de Management de l’Université de Lorraine, le Fonds de Dotation Mercy et Louis Pasteur Santé

Le fonds de dotation Mercy signe une convention avec Thionville

La Ville de Thionville et le fonds de dotation Mercy ont profité de l’évènement pour signer une convention. Le fonds qui, depuis 2015, finance des projets (et des études) innovants au service de la santé et de la sécurité au travail des salariés, au bénéfice de l’intérêt général, cofinance un dispositif, déployé sur trois ans, visant à améliorer le bien-être des salariés. étant à l’œuvre des agents de la Ville de Thionville et de la Communauté Urbaine des Portes de France-Thionville, soit plus de 1 000 salariés. “Ce sont ainsi les partenaires sociaux qui, ensemble, soutiennent les initiatives des employeurs qui sont des acteurs indirects de la santé en France”, a souligné Maurice Grunwald, président du fonds de dotation Mercy dont le conseil d’administration comprend des représentants des principaux syndicats patronaux et syndicaux. représentant les salariés.

 
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