L’espace public Exmuro ouvre ses portes pour présenter de l’art public et contemporain sur la Place Royale à Québec

L’espace public Exmuro ouvre ses portes pour présenter de l’art public et contemporain sur la Place Royale à Québec
L’espace public Exmuro ouvre ses portes pour présenter de l’art public et contemporain sur la Place Royale à Québec

Exmuro, organisme d’art public et contemporain, inaugure l’espace Aire publique face à la Place Royale, à Québec. Une première exposition rassemble quatre œuvres disparates : de grands hommes roses, une installation de 8 000 pièces de verre, une grotte faite de fourrure artificielle et des centaines de crânes de bisons.

En avril dernier, Exmuro annonçait la fin du projet des passages insolites, marque de commerce de l’organisme présentant des œuvres extérieures au centre-ville de Québec depuis une dizaine d’années. Le projet Espace Public a pris le relais dans la maison Hazeur, un lieu culturel sur quatre étages d’une rare qualité muséale.

«Nous avons acquis une nouvelle façon de créer et de diffuser l’art», affirme le codirecteur et directeur artistique d’Exmuro, Vincent Roy. Pour preuve, aucune des œuvres du quatuor d’ouverture ne serait réalisable en extérieur.

Avec ses quatre murs et son toit, l’Espace Public est toujours considéré par ses créateurs comme un espace d’art public. Pour parvenir à ce sentiment d’ouverture, il n’y avait « pas d’autre choix que la liberté », exprime son directeur artistique. Exmuro finance ses projets grâce à des subventions et des contributions volontaires des visiteurs.

Des œuvres décousues

Statues gonflables géantes à l’effigie de M. Rose, la mascotte du mouvement « cuteisme » de l’artiste pluridisciplinaire Philippe Katerine, qui envahit la façade de la maison Hazeur. Des versions plus petites de ces bonhommes bonbons accueillent le public à l’entrée cet été.

« L’exposition Mignoniste » est située au premier étage de l’Espace Public et propose un voyage à travers différents dessins, diverses sculptures, peintures et photographies de l’univers du chanteur français. Il suit en partie une forme assez classique avec des dessins encadrés et quelques sculptures.

Vincent Roy souhaite s’éloigner de cette forme classique du « cadre sur mur blanc ». Il y arrive avec les trois autres propositions.

Abîme, d’Alissa Bilodeau, invite les spectateurs dans une salle recouverte de faux cheveux et de textures très colorées. Alternant entre le rose et le bleu, la grotte imaginée stimule tous les sens grâce à son tapis moelleux et sa musique envoûtante, créée spécialement pour illustrer « l’ambiguïté de la nature ». La sensation d’entrer dans le rêve d’une peluche plaira particulièrement aux enfants.

Abîme réalise le rêve d’Alissa Bilodeau de « remplir un espace le plus possible avec beaucoup de textures et de matériaux ».

« Le lieu parle »

La maison Hazeur a également permis de créer des œuvres ancrées dans l’histoire du lieu, à l’image de ce qu’a fait Exmuro dans la rue avec ses passages insolites. Construit sur le génocide, de Jay Soule, artiste autochtone de la nation Chippewas de la rivière Thames, dénonce la colonisation violente du Canada. Une affiche d’introduction explique ce qu’est le génocide pour l’artiste. Il énumère la destruction des peuples et des cultures de vie, à commencer par l’anéantissement du bison des plaines. «Je mets le massacre des bisons en premier, car il représente toute la base sur laquelle le Canada est construit», explique l’artiste.

D’autres affiches présentent la réalité génocidaire, dont une où Justin Trudeau est représenté en train de lire le « Petit livre de colonisateur doré ” aux enfants. L’installation montre ensuite 1 500 répliques de crânes de bisons empilées dans le sous-sol de l’Espace Public.

« Les caveaux sont l’ancien sous-sol de M. Hazeur, où il entreposait ses peaux et fourrures », explique Vincent Roy. Y amener l’art indigène laisse parler le lieu. »

L’artiste Jérôme Trudelle s’inspire également du lieu de mémoire avec Réapparition. Quatre-vingts cadres et 8 000 morceaux de verre suspendus ont été utilisés pour créer une « chronosculpture », une impression de temps suspendu qui se détache de l’ensemble. «Exmuro m’a demandé de créer une œuvre qui porte un regard historique sur la Place Royale», raconte l’artiste québécois.

Pour mener à bien cette mission, il reçoit l’aide d’un archéologue qui lui fournit certains morceaux de verrerie ancienne retrouvés place Royale. Jérôme Trudelle souligne toutefois que « 99 % du verre de l’œuvre ne provient pas d’artefacts ». C’est également le cas des châssis de fenêtres qui « sont anciens, mais viennent de partout ». Un choix conscient pour l’artiste qui a voulu illustrer la restauration presque complète de la Place Royale qu’il qualifie plutôt de « reconstruction ». « C’est beau, c’est bien restauré, mais c’est complètement reconstruit. »

Pour ancrer davantage la sculpture dans le contexte historique et dans l’idée de « simulacre », M. Trudelle a créé ses « propres artefacts » en gravant chaque fenêtre, brisée ou non, de diverses informations historiques sur la Place Royale. Une équipe de 20 bénévoles a travaillé avec l’artiste pendant un mois pour arriver au produit final.

Regard vers l’avenir

Pour l’année prochaine, Vincent Roy promet une édition avec « une tonalité plus éditoriale et politique » et une sélection d’artistes québécois. L’idée d’appréhender l’objet comme une thématique est envisagée pour la troisième année de l’Espace Public.

L’espace public ne signifie pas la fin des installations artistiques en plein air pour Exmuro. L’organisation continue de diffuser des œuvres dans différentes villes. Au cours des prochains mois, plusieurs seront installés dans le quartier Petit-Champlain et sur la Place Royale afin de compléter la programmation du nouvel espace de diffusion.

« L’exposition Mignoniste » se poursuit jusqu’en octobre 2024 tandis que l’exposition inaugurale se terminera en mars 2025. L’entrée est gratuite.

A voir en vidéo

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Malgré un début d’année difficile, la Belgique assure la croissance pour Jumbo – .
NEXT Heineken va transformer la bière issue de sa production en énergie.