«J’ai commencé à aimer la scène»

«J’ai commencé à aimer la scène»
«J’ai commencé à aimer la scène»

l’essentiel
C’est détendu, casquette vissée sur la tête, que MC Solaar est monté sur scène. Quelques minutes avant le spectacle, il a pris le temps de répondre à quelques questions et de nous expliquer son (nouveau) plaisir de se produire en festival…

Claude, on te sent plein de sérénité et de bonheur. La scène est-elle vraiment votre élément ?

Aujourd’hui, oui ! Mais j’ai longtemps été partagé entre le plaisir de travailler en studio et celui d’être devant le public. Travailler dans un groupe de Big Band l’année dernière avec 35 musiciens sur scène, notamment au Jazz in Marciac, m’a redonné un nouveau souffle. La relation avec le public était extraordinaire. J’ai vraiment commencé à aimer la scène. J’aime l’ambiance des festivals : on voyage, on rencontre des gens, on rencontre des artistes avec qui on sympathise… Aller aux concerts et aux villes est quelque chose qui me convient bien.

Musicalement, le monde du jazz vous a-t-il donné envie d’explorer de nouvelles pistes ?

C’est vrai que j’ai beaucoup de morceaux qui s’adaptent bien au jazz. Mais je ne ferme rien, tout comme un quatuor de jazz minimaliste. J’ai aussi envie d’explorer l’électro avec une quinzaine de morceaux parfaitement adaptables.

Gardez-vous de la place pour de nouvelles créations ?

Oui, je travaille plus que jamais auparavant. Je me force à sortir sept titres tous les trois mois. Ce soir je présenterai au public de Montauban « Dingue » une pièce légèrement dansée sur laquelle nous tournerons la vidéo avec le public.

Jouer devant 6 000 ou 20 000 spectateurs, ça change quoi pour vous ?

Rien du tout. Jouer dans un stade ou dans une classe de 28 élèves me procure tout autant de plaisir. L’essentiel est de faire plaisir aux gens en faisant passer des messages sympas…

Est-ce que cela vous distingue du rap plus agressif, voire violent, qui marche bien actuellement ?

Depuis mes débuts, je revendique un rap plus littéraire. C’est un choix, c’est mon choix. Je prône la tempérance et l’harmonie. Après, le rap plus violent où on parle de deals, de mauvais rapport à l’autorité… il ne faut pas le prendre au pied de la lettre, je le perçois comme une série sombre ou un roman policier. Même si le fond n’est pas toujours bon, le public est informé et sait faire la part des choses.

Une partie du rap français n’a pas toujours été tendre avec vous, estimant que votre rap n’est que commercial…

C’est normal, le rap c’est comme ça : il faut frapper fort, imposer son style. Nous ne sommes pas doux entre les rappeurs. Mes créations me ressemblent et s’inspirent de l’éducation que j’ai eue.

Faites-vous le lien entre cette violence qui s’exprime dans les textes et celle qui s’exprime dans les urnes ?

Non, la loi des urnes est différente. Avant ces élections législatives, je ne suis pas vraiment inquiet et quand je me promène, je vois que ça ne va pas si mal. Il y a parfois des sentiments de révolte, mais parmi la plupart des gens, il y a quand même une harmonie.

C’est votre première fois à Montauban, avez-vous eu le temps de visiter la ville cet après-midi ?

Non, je suis arrivé assez tard. Mais je compte le faire le soir, aussi pour profiter un peu de la fête de la musique dans les rues. J’ai juste pris le temps de regarder la statue de Jean-Louis Tripp (NDLR : le Mediaman installé sur le rond-point de l’hôpital) qui me plaît beaucoup avec ce mélange de céramique et d’acier. Avant de repartir, il me reste à découvrir les œuvres de Bourdelle installées aux quatre coins de la ville…

 
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