« La politique, c’est follement compliqué » pour les jeunes boxeurs de Clou-Bouchet, à Niort

« La politique, c’est follement compliqué » pour les jeunes boxeurs de Clou-Bouchet, à Niort
« La politique, c’est follement compliqué » pour les jeunes boxeurs de Clou-Bouchet, à Niort

C’est un lieu central, à Clou-Bouchet. Le club de boxe Poing de Rencontre n’est pas un pôle géographique, mais social. Ici, le directeur technique Michel Acheghane dirige les jeunes aux commandes. Nul ne pourra d’ailleurs contester ce médiateur social pour avoir sorti certains d’entre eux de moments difficiles, dans un quartier accablé par la pauvreté, et malmené par les émeutes de l’été 2023.

Michel Acheghane is the technical director of Poing de Rencontre, at Clou-Bouchet.
© Photo NR, Baptiste Decharme

Ici, le soutien à Jérôme Baloge est clamé, voire affiché. Une photo du coach aux côtés du maire de Niort surveille également le ring. Michel Acheghane est aussi un fervent défenseur de la candidature de Bastien Marchive, candidat aux élections législatives et investi malgré lui par Renaissance. Lorsque son clip de campagne apparaît sur son fil Facebook, le boxeur monte le son et réclame le silence de ses troupes, qui l’écoutent religieusement au risque d’être sanctionné par une série de pompes.

« Liberté, égalité, fraternité, on ne la voit pas ici »

Difficile cependant de dire que le prêche soit infusé, tant les enjeux semblent si éloignés de ce quartier populaire. Est-ce que Simon (1)14 ans, voterait-il s’il le pouvait ? « Non, je ne suis pas intéressé. Je trouve ça compliqué. » Sa priorité n’est pas là, mais déjà retrouver une vie plus stable. Il rêve du reste « devenir riche, avoir la belle vie ! » ». Même commentaire de Yonan, 16 ans. « La politique est tellement compliquée ! » Il doit bientôt commencer une formation en informatique pour sortir la tête de l’eau, car l’école “ce n’était pas fait pour moi”.

Mathéo, 16 ans, rêve des Jeux Olympiques.
© Photo NR, Baptiste Decharme

Le combat de l’extrême droite contre le Nouveau Front Populaire, le positionnement difficile du parti présidentiel : tout cela échappe à leur contrôle. « Quand il y a des élections, nous voyons plus de monde. On sent qu’il y a des tensions dans le quartier”, constate Mathéo, 16 ans. Parce que d’habitude les élus ne viennent pas ? « Oui, on les voit souvent de toute façon. Mais seulement quand il y a quelque chose d’associatif, ou pour se présenter. Ils n’ont jamais rien proposé qui change. Ils devraient venir passer un après-midi, voir comment nous vivons réellement. » On respire, très doucement. « Liberté, égalité, fraternité, c’est souvent prononcé. Mais ici, on ne le voit pas. »

Changer de projecteur

Les élections peuvent-elles changer leur quotidien ? Ils n’y croient pas vraiment. C’est d’abord l’image projetée sur leur quartier qu’il faut changer, estiment-ils. «Je suis au lycée à Melle, says Mathéo. Il m’a fallu du temps pour m’intégrer. Ils croient que tout ce qui se passe à la télé, nous est mal vu. » « Je ne suis pas contrarié, je suis déçu, a soutenu Yonan. Ce n’est pas comme ça ici. » « Je fais du bénévolat par exemple, Mathéo continues. Et puis, même à la campagne, il y a des délinquants… »

Tiré d’un « mauvaise passe » par le club de Michel Acheghane, le jeune boxeur se voit un jour aller aux Jeux Olympiques. Et pourquoi ne pas revenir faire de la médiation ici. En attendant, comme les autres, il « Ne prenez pas parti » et se contente d’assister, distrait, aux jeux politiques, les gants de boxe enfilés aux poings.

(1) Prénom présumé.

 
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