Le site du futur hôpital de l’Outaouais fait encore débat

Le site du futur hôpital de l’Outaouais fait encore débat
Le site du futur hôpital de l’Outaouais fait encore débat

Québec a choisi le site du futur centre hospitalier universitaire de l’Outaouais. Il sera érigé sur le terrain du Centre Asticou, situé dans le parc de la Gatineau. Le gouvernement prétend que le lieu est au « consensus ». Mais la nouvelle mairesse de Gatineau se dit « très préoccupée » par cette décision. Une coalition d’organisations dénonce le manque de consultation des communautés.


Publié à 12h19

Mis à jour à 14h17

Le gouvernement du Québec a annoncé il y a deux ans un premier chantier pour la construction du futur hôpital de l’Outaouais. L’emplacement retenu, situé dans un parc industriel à Gatineau, a finalement été rejeté pour des raisons de contamination et de coûts d’expropriation.

Québec a confirmé jeudi le choix du site Asticou pour la construction du futur hôpital. Il a signé une entente de principe avec le gouvernement fédéral qui lui cédera une partie du terrain et du bâtiment du centre Asticou. Il a également annoncé l’acquisition d’un immeuble au centre-ville de Gatineau afin de regrouper, entre autres, les services de première ligne et un centre de prélèvement et de vaccination.

Selon le ministre de la Santé Christian Dubé, l’hôpital de 600 lits ouvrira, comme prévu, en 2032. « Le choix du site nous permet de [construire] le plus rapidement possible et à des coûts qui respecteront la rigueur de gestion», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse tenue à Gatineau en compagnie de plusieurs élus provinciaux et fédéraux. Le ministre fédéral des Services publics et de l’Approvisionnement, Jean-Yves Duclos, était notamment présent.

Près d’une quarantaine de sites ont été analysés, selon le ministre québécois responsable des infrastructures, Jonatan Julien. Trois se sont démarqués. « Honnêtement, la conclusion est claire : le meilleur site – et de loin je dirais – est le site Asticou », a-t-il déclaré.

Le gouvernement estime qu’il présente les « qualités requises, notamment en ce qui concerne ses caractéristiques techniques, sa position géographique dans la ville à proximité des cégeps, des écoles et des services, ainsi que son accessibilité par transport en commun ».

Réactions

La nouvelle mairesse de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette, se dit « très préoccupée » par ce lieu qui, dit-elle, « ne respecte pas les orientations de la Ville en matière d’aménagement du territoire ». Selon elle, le projet aura des « impacts importants » sur les infrastructures municipales, notamment les routes, les aqueducs et les transports en commun.

“On parle de 5 000 travailleurs par jour, plus les patients, donc des milliers de personnes qui convergeront chaque jour vers ce chantier”, a-t-elle précisé. C’est là qu’il y a des défis, car c’est un secteur où les routes ne supportent pas un flux de véhicules aussi important. Il n’existe pas de transports en commun pour accéder facilement à ce site. »

PHOTO SIMON SÉGUIN-BERTRAND, ARCHIVES LE DROIGHT

Maude Marquis-Bissonnette, mairesse de Gatineau

Maude Marquis-Bissonnette estime que les coûts seront importants pour la Ville. Elle estime que le gouvernement québécois les sous-estime.

Oui, Québec choisit un site où il est plus facile de construire parce que c’est un site un peu excentré, mais il transfère en quelque sorte la facture à la Ville.

Maude Marquis-Bissonnette, mairesse de Gatineau

De leur côté, la Coalition pour un centre hospitalier accessible et durable en Outaouais (CCHADO) et l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) déplorent le « manque de vision » du gouvernement dans ce dossier.

«Nous sentions qu’il y avait peu de volonté de trouver un site qui respecte les orientations du gouvernement du Québec en matière d’aménagement du territoire, de mobilité et de santé», a déclaré le porte-parole du CCHADO. , Patrick Robert-Meunier.

La Coalition – qui regroupe une douzaine de membres dont MOBIO-O, la Chambre de commerce de Gatineau et Vision Centre-ville – affirme n’avoir jamais été consultée par le gouvernement. « Aujourd’hui, nous avons annoncé un projet pour la collectivité, mais c’est un projet que nous avons fait sans, pense Patrick Robert-Meunier.

Interrogé sur les opposants au site annoncé, le ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a répondu que la décision du gouvernement «crée un consensus dans la région». “Pas l’unanimité, mais le consensus”, a-t-il précisé.

Mathieu Lacombe a énuméré une série d’acteurs en faveur du site d’Asticou, notamment les préfets de la région, les syndicats de la santé et le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) du CISSS de l’Outaouais.

Le président par intérim du CMDP, Dr Peter Bonneville confirme qu’il appuie le choix du Québec. « Il y a des gens qui ont une expertise pour analyser ce genre de situation […], pour déterminer les avantages et les inconvénients. À un moment donné, nous n’avons plus le choix. Vous devez prendre une décision. »

 
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