«Je n’ai jamais voulu tuer mon frère»

«Je n’ai jamais voulu tuer mon frère»
«Je n’ai jamais voulu tuer mon frère»

«Je n’ai jamais voulu tuer mon frère. J’ai subi un lavage de cerveau. C’est parce que le diable est entré dans ma tête. C’est par ces mots que Lucas*, 22 ans, a expliqué mercredi au Tribunal d’Yverdon-les-Bains (VD) les circonstances qui l’ont amené à commettre l’irréparable pendant le confinement. Un jour d’avril 2020, ce jeune homme atteint d’autisme infantile a emmené son jeune frère, atteint du même trouble, dans une forêt du canton. Il a ensuite utilisé une hache et de l’alcool à friction, avant d’allumer un briquet.

Dans ce procès pour meurtre, les parties et les experts sont unanimes : l’acte de quelqu’un que l’on décrit comme respectueux des règles, conciliant et non violent, est indissociable du contexte dans lequel il s’est produit. Me Gilles Monnier, avocat de ses parents, parle de « double confinement : celui de l’autisme et celui de l’enfermement ». Une période durant laquelle Lucas a été privé de ses cours de paysagiste, de ses contacts avec l’extérieur, ses grands-parents et ses loisirs, de tout ce qu’il appelle ses béquilles. « Une telle perte de repères est un cataclysme pour celui qui vit de choses bien établies. Il était affaibli, dépassé, désorienté.

Passionné de super-héros, le jeune homme occupait alors ses journées à jouer aux jeux vidéo et à regarder une série Marvel, allant jusqu’à « reproduire presque à l’identique » une scène de fiction. « En raison de ses troubles mentaux, il a été influencé dans la manière de commettre son acte. Il y avait du mimétisme», rapporte son avocat, M.e Aude Vouillamoz.

« Il n’avait pas les ressources pour évacuer ses tensions et était incapable de les verbaliser. Il a fini par choisir la pire des solutions”, a ajouté la procureure Laurence Brenlla. Compte tenu de la responsabilité fortement diminuée de l’accusée au moment des faits, elle a dû purger 6 ans de prison et un placement en institution dans un milieu fermé qui, comme le recommandent les experts, offrira à Lucas un environnement sécurisé.

“J’ai perdu mes deux enfants”

« C’est une double tragédie pour moi. J’ai perdu mes deux enfants d’un seul coup. J’attends une justice humaine, tant pour mon plus jeune fils que pour mon aîné, a confié la mère. J’attends une justice qui tienne compte des graves conséquences du handicap et des circonstances qui ont largement contribué à la tragédie qui s’est produite. De son côté, le père, qui rappelle que le couple a vécu près de vingt ans avec deux enfants autistes, déplore « le manque de structures et de soutiens proposés par les institutions ». Il souhaite que « la justice tienne compte des facteurs humains et de la détresse » dans laquelle se trouve son fils.

« Son travail porte ses fruits »

« Au moment des faits, l’expertise a conclu que Lucas n’avait pas compris la gravité de ses actes », rapporte son avocat. Les experts ont jugé que l’accusé les regrettait terriblement, mais dans la limite de ses capacités d’introspection, jugées faibles. L’accusé a déjà passé quatre ans en prison, dans une unité psychiatrique. Me Aude Vouillamoz salue ses progrès. « Il est désormais capable de mettre des mots sur ses émotions. Il a également une meilleure capacité d’adaptation. Son travail porte ses fruits. C’est prometteur», a noté Me Aude Vouillamoz.

 
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