Troisième lien et tram : 7 demi-vérités propagées par la CAQ

Troisième lien et tram : 7 demi-vérités propagées par la CAQ
Troisième lien et tram : 7 demi-vérités propagées par la CAQ

Plusieurs inexactitudes ont été commises lors de la conférence de presse de jeudi dernier au cours de laquelle le premier ministre François Legault s’est engagé à créer à la fois la première ligne de tramway et le troisième lien sous forme de pont à l’Est. Le journal a décortiqué les discours des hommes politiques caquistes et constaté ces inexactitudes.

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Sur les coûts du projet de tramway

Les déclarations

« Le projet de tramway est techniquement différent de l’ancien projet. Ce qui est aussi important de dire, c’est que CDPQ Infra nous dit : « Nous avons des réductions de coûts significatives dans notre proposition par rapport à l’ancien projet. »

–François Legault

“Nous avons un projet qui coûte moins cher pour plus de kilomètres si on prend la partie tramway par rapport au projet qu’on avait.”

– Geneviève Guilbault, ministre des Transports et de la Mobilité durable

Faits

Le rapport de CDPQ Infra mentionne les coûts de son propre projet, soit 5,3 milliards de dollars pour les 19 km du Gendre à Charlesbourg. Mais cette somme n’inclut pas les aménagements façade à façade que la Ville de Québec a inclus dans la dernière version de son projet, à 8,4 milliards $, qui était destiné à D’Estimauville. Il est donc risqué de comparer les coûts des deux projets.

Sur la capacité portante du pont Pierre-Laporte

La déclaration:

« Le rapport nous apprend – nous le rappelle – que le pont Pierre-Laporte est le seul lien autoroutier à l’est de Trois-Rivières qui peut accepter des chargements de camions.

–François Legault

Faits:

Le rapport de CDPQ Infra ne commente pas la charge que peut supporter le vieux pont de Québec. Celui-ci n’accueille plus les camions depuis 1992, date à laquelle nous avons choisi de les supprimer au profit d’une troisième voie automobile. Cela n’était pas dû au manque de capacité de charge à l’époque, mais parce qu’« il n’y a pas assez d’espace pour que trois camions de large puissent y circuler », indique le ministère. D’ailleurs, le MTQ a commandé sa propre étude en 2015 sur la capacité portante du pont, jamais rendue publique, qui concluait que la structure pouvait supporter le poids d’un service d’autobus rapide.

Sur la question de la « sécurité économique »

Les déclarations

«Il y a un risque économique, nous dit la CDPQ, s’il devait fermer le pont Pierre-Laporte ou même fermer des voies, et plusieurs groupes et citoyens ont également évoqué ce risque.»

–François Legault

“[Pour] «La grande majorité des 172 personnes ou groupes ou autres entités rencontrés et qui sont directement ou indirectement concernés par la question de la mobilité au Québec, il y a un enjeu majeur de sécurité commerciale et économique.»

– Geneviève Guilbault

Faits

Ce n’est pas CDPQ Infra qui met en avant l’argument de la « sécurité économique », mais plutôt les intervenants qui ont été consultés, mentionne le rapport. De plus, il n’est mentionné nulle part que la « grande majorité » d’entre eux ont exprimé cette préoccupation. Nous parlons de « beaucoup » de personnes, sans préciser combien. CDPQ Infra se garde également de commenter cet argument qui dépasse son mandat, laissant au gouvernement le choix de trancher.

Sur les corridors étudiés et le troisième lien

Les déclarations

« Différents corridors ont été étudiés par la Caisse, dont un qui est recommandé, soit le corridor Est. »

– Geneviève Guilbault

«Ce qui est proposé par CDPQ Infra, c’est de faire un pont ou un tunnel, donc a priori, on est tenté par un pont à l’est.»

–François Legault

Faits

CDPQ Infra a en effet étudié six corridors pour l’implantation d’un éventuel troisième lien, mais elle n’en recommande aucun et a encore moins d’avis sur le choix d’un pont ou d’un tunnel. Des six corridors, elle en a retenu deux pour des analyses plus approfondies, mais à l’issue de celles-ci, elle a décidé : « CDPQ Infra ne recommande pas la création d’un nouveau lien routier inter-fluvial », lit-on dans son rapport. Les raisons sont liées notamment aux contraintes d’intégration et à une augmentation anticipée de la congestion.

Sur le SRB à Lévis

La déclaration

« Les SRB qu’offre la Caisse, ce sont des voies réservées avec des bus efficaces et à haute fréquence. C’est la continuité de ce que fait actuellement le maire Lehouillier. Des travaux sont en cours sur certains tronçons. L’objectif est d’avoir des voies réservées efficaces sur toute la longueur de Guillaume-Couture et par la suite sur la route des Rivières.

– Bernard Drainville, ministre responsable de Chaudière-Appalaches

Faits

Un argument que le ministre a répété lundi et qui est inexact. Le rapport recommande un service d’autobus rapide pour Guillaume-Couture et la route des Rivières et non des voies réservées. Lundi, CDPQ Infra a corrigé les propos du ministre : « Le SRB recommandé par CDPQ Infra dans le cadre du Plan CITÉ ne se limite pas à l’usage des voies réservées, mais vise à instaurer un véritable SRB. C’est-à-dire un système de bus articulés qui circule dans une emprise physiquement séparée des voies de circulation automobile et permet un service plus rapide et plus efficace.

Sur la Promenade Samuel-De Champlain

La déclaration

« Ce que nous disons, c’est que les deux projets [troisième lien et phase 4 de la promenade Samuel-De Champlain] peut se faire concurremment et oui, la phase 4 peut être réalisée avec possibilité d’un nouveau lien autoroutier Dufferin-40.

– Jonatan Julien, ministre responsable de la Capitale-Nationale

Faits

Si le gouvernement le dit, le rapport de CDPQ Infra affirme le contraire. La phase 4 est indissociable de la conversion de l’autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain, a déjà fait valoir le ministre. Dans son rapport, CDPQ Infra souligne qu’un pont ou un tunnel à l’est, dans l’axe Dufferin-autoroute 40, est « incompatible avec le projet de transformation de l’autoroute Dufferin-Montmorency en boulevard urbain ».

Sur la possibilité d’abaisser le tablier du pont de Québec

La déclaration

« Je trouve drôle que M. Duclos sorte ça de son chapeau. Il aurait pu en parler avant. On parle depuis longtemps d’un lien entre Québec et Lévis, pour les camions. Mais bon, il publie ça aujourd’hui. Nous allons regarder. Je ne peux pas vous répondre car c’est la première fois que j’en entends parler.

–François Legault

Faits

Dans le cadre de l’étude de faisabilité Tramway-SRB réalisée en 2015, il était déjà envisagé d’abaisser le tablier du pont de Québec afin de permettre le passage des transports lourds.

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