Les soignants du privé en grève pour leurs salaires dans la Somme obtiennent gain de cause

Les soignants du privé en grève pour leurs salaires dans la Somme obtiennent gain de cause
Les soignants du privé en grève pour leurs salaires dans la Somme obtiennent gain de cause

Victoire des soignants privés, en grève ce mardi 18 juin 2024 pour de meilleurs salaires. La ministre de la Santé Catherine Vautrin, en visite dans la Somme, annonce que l’Etat fait marche arrière. Le gouvernement a débloqué l’enveloppe de 460 millions d’euros qui lui avait été promise pour financer « l’amendement 33 »., une mesure sur laquelle Frédéric Valletoux, ministre délégué chargé de la Santé et de la Prévention, est revenu en mai. Cet amendement, qui devait augmenter leur salaire de 200 à 300 euros net par mois à partir de 2024, a finalement été abandonné, car ni l’Etat ni les cliniques ne voulaient le financer.

«Notre direction doit se mettre autour de la table»

Les patrons de cliniques privées doivent désormais accepter de payer leur part de cette augmentation salariale. « Notre grève est seulement suspendueprévient Stéphanie Hardy, déléguée CFDT à la clinique Sainte Isabelle d’Abbeville, Il faut maintenant se mettre autour de la table et que notre direction garantisse l’application de cet accord salarial. Dans cette clinique privée, 70 salariés étaient en grève sur les 160 que compte l’établissement, propriété du groupe Pauchet Santé. Ils faisaient suite à l’appel à la grève illimitée lancé par la CFDT et l’UNSA, actifs depuis le lundi 17 juin 2024 à 20 heures.

L’accord signé par le patronat, les syndicats et l’Etat, mais non mis en œuvre, prévoyait des augmentations de 200 à 300 euros sur les salaires des soignants privés. © Radio-France
Martin Duffaut

La mobilisation a également été très populaire ce mardi 18 juin à Amiens auprès du personnel de la Clinique de Cardiologie et d’Urgences d’Amiens. Près de 9 soignants sur 10 de la clinique se sont mobilisés face aux disparités salariales entre les secteurs privé et public. « Je travaille dans le secteur privé depuis mes débutstémoigne François-Xavier, Et Pour la même expérience, je gagne 400 à 500 euros de moins que mes amis du public. Cet homme de 35 ans gagne 1 800 euros net par mois, avec un travail de nuit, un week-end sur deux et les jours fériés. “Avec l’inflation, ça devient compliqué de payer les factures”, témoigne Geoffrey, brancardier qui est également dans l’entreprise depuis 15 ans. Avec une fille à charge, son salaire mensuel de 1 600 euros net ne suffit pas.

Des salaires inférieurs au SMIC

Pour les infirmières auxiliaires, les brancardiers et les agents des services hospitaliers, la convention collective de ces cliniques privées prévoit des salaires qui commencent en dessous du salaire minimum. Le tout est complété par des primes, obtenues lors du Ségur de la santé en 2020, et financées par l’État. Alors pour ces salariés, c’est désormais à leur employeur de sortir le porte-monnaie. « Il faut mettre la main à la poche car on va finir par aller à l’hôpital public »prévient Geoffrey.

Le brancardier dit également qu’il recherche déjà un emploi dans le secteur public, mais sans succès. « Mon métier est l’un des rares dans le secteur de la santé où les places sont chères, car c’est un métier sans formation » explique Geoffrey. François-Xavier ne veut pas partir, car « Ici, c’est une structure à taille humaine, que je ne pense pas retrouver là-bas ».

Dans la Somme, six salariés de l’Ehpad Ercheu, propriété du groupe Korian, se sont également mobilisés.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV « Blanche, l’Odyssée d’une vie », un récit émouvant, savoureux et poignant – .
NEXT Les premiers fans impatients sont arrivés au Zénith – .