En Lozère, rénover des bâtiments anciens avec des matériaux bio-géosourcés devient un enjeu

En Lozère, rénover des bâtiments anciens avec des matériaux bio-géosourcés devient un enjeu
En Lozère, rénover des bâtiments anciens avec des matériaux bio-géosourcés devient un enjeu

Le Syndicat départemental de l’énergie et de l’équipement (SDEE) de Lozère a organisé, ce mardi 28 mai 2024, une matinée dédiée aux matériaux bio-géosourcés.

« En Lozère, 60 % des logements locatifs bénéficient d’un diagnostic de performance énergétique (DPE) F ou G, les pires notes possibles. Bientôt, il ne sera plus possible de les louer.», s’en soucie Caroline Entraygues, architecte et directrice du Conseil de l’architecture, de l’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de Lozère. La rénovation énergétique est un sujet majeur dans le département. Elle augmente avec l’inflation galopante et le coût de l’énergie. De quoi susciter des inquiétudes. Il faut donc chercher des solutions très rapidement. D’autant que 45 % des logements en Lozère sont classés « bâtiments anciens », car construits avant 1948.

Selon Caroline Entraygues, les bâtiments anciens interagissent avec l’environnement. « Ils ont besoin de respirer et pour cela il faut réaliser une rénovation en utilisant des méthodes anciennes et des matériaux naturels. Sinon, il y a un grand risque d’humidité, qui risque de pourrir et de dégrader la structure, ainsi que la santé des occupants. Autrement dit, utiliser des matériaux industriels ou transformés pour rénover l’habitation n’est pas adapté et risque de déséquilibrer l’ensemble. Et n’assure pas la continuité dans le temps.

Face à cet enjeu majeur, le Syndicat Départemental de l’Energie et de l’Equipement (SDEE) de Lozère a organisé une matinée, mardi 28 mai 2024, dédiée aux matériaux bio-géosourcés. Ceux-ci sont issus de la nature et proviennent des sols locaux. Trois intervenants se sont relayés pour présenter ceux utilisés dans le bâtiment à une cinquantaine de personnes. « L’idée de cet événement est de montrer qu’il existe des solutions alternatives avec des secteurs qui tentent de se structurer.rapporte Alain Astruc, président du SDEE et président de l’Association des maires de France (AMF) en Lozère. Nous avons déjà organisé une journée de formation sur l’isolation avec de la paille.

Plus cher mais plus durable

Qu’il s’agisse de paille, de chanvre ou de terre crue, les travaux de réhabilitation ou de rénovation énergétique prennent généralement plus de temps qu’avec de nouvelles techniques plus industrielles. Le coût est également plus élevé au moment des travaux, mais pas si l’on se projette dans le futur. « Ces isolants naturels peuvent remplir leur fonction beaucoup plus longtemps si le travail réalisé est de qualité. Il y aura moins d’entretien au final”, poursuit Caroline Entraygues. De manière générale, ce type de travaux contribue à pérenniser l’économie locale et circulaire.

Le confort et la sensation ont également été mis en avant. Les propriétés des matériaux bio-géosourcés permettent de mieux isoler et ainsi moins chauffer. « En isolant avec le mélange chaux-chanvre, on peut faire d’importantes économies de chauffage et de climatisation », » avance Rémy Chorda, ancien président de l’Ecole nationale du chanvre de Mende.

En quantité

Un autre avantage de ces matériaux, et non des moindres, est son abondance. « Cinq millions de tonnes de paille sont disponibles par an en France sans concurrencer les autres usages », explique Coralie Garcia, administratrice du Réseau Français Paille Construction. Il en est de même pour les terres exploitables, que l’on retrouve en abondance, un mètre sous la couche d’humus. « Presque tous les terrains se prêtent à une ou plusieurs techniques de construction », souligne Aymone Nicolas, artisan et membre de la confédération des terres crues. Et pour le chanvre, la France est le premier producteur européen avec 21 700 hectares cultivés en 2022.

Enfin, et à l’heure où les pratiques doivent changer pour faire face au réchauffement climatique, le recours à des matériaux naturels pour rénover les bâtiments anciens devient quasiment incontournable. Laurent Llinas, directeur général du SDEE, déclare : « L’enjeu, c’est la transition écologique avec une prise en compte de l’environnement. »

 
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