A bord d’un hélicoptère au-dessus des lignes électriques, dans le ciel des Yvelines

Par

Méréva Balin

Publié le

29 mai 2024 à 20h16

Casques ajustés aux oreilles, consignes de sécurité bien enregistrées, nous voilà prêts pour le décollage, ce 21 mai 2024, à bord de l’hélicoptère d’Air Touraine, prestataire Enedis pour le contrôle des lignes électriques moyenne tension par avion.

Pendant que le rugissement des rotors s’intensifie, le pilote vérifie la carte et les instruments avant de s’élever au-dessus du stade de Fontenay-Saint-Père (Yvelines).


Très vite, l’engin dépasse la cime des arbres. « Le vol se fera à basse altitude, environ 10 mètres au dessus des lignes », annonce le pilote. Les toits et les jardins du village de 900 habitants se dévoilent. « Nous ne descendons pas trop loin afin de limiter les nuisances pour les riverains », ajoute-t-il. Nous allons nous rapprocher de Mantes-la-Jolie. »

Une bonne distance des zones urbanisées

La Seine continue tranquillement son cours à bonne distance, le le survol des zones urbanisées étant très contrôlé. On aperçoit le quartier de Gassicourt et son lac, le bassin d’aviron du stade nautique Didier-Simond. Plus loin, le Val Fourré se démarque. A l’horizon, les cheminées de l’ancienne centrale de Porcheville veillent comme à leur habitude sur le panorama.

Tandis que l’hélicoptère effectue un large virage pour revenir à son point de départ, la partie nord du hameau de Dennemont s’étale sous nos pieds. Parfois, le pilote s’approche des pylônes et slalomer sur les lignes électriques transportant un courant de 20 000 volts. « Là, il manque une portion de béton », explique-t-il. Cela est probablement dû au froid et au gel de cet hiver. »

Le survol de Mantes-la-Jolie (Yvelines) est particulièrement réglementé, il est impossible d’approcher la commune le 21 mai 2024. ©Méréva Balin

Une équipe de trois professionnels

Ce oeil de lynx, généralement accompagné d’un navigateur et d’un opérateur technique Lidar (détection et télémétrie lumineuse), signalera ce défaut aux équipes du gestionnaire du réseau électrique. Ils s’occuperont de réparations au sol.

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Idem pour ce morceau de caoutchouc manquant au sommet d’un autre poteau qu’il repère malgré la distance qui le sépare de l’équipement.

« Ici, la végétation semble trop proche du poteau. Elle est à moins de 3 mètres à mon avis. Lidar le confirmera. »

Pilote d’Air Touraine, totalisant des milliers d’heures de vol

Cartes 3D

Installé à l’avant de l’hélicoptère, l’outil permet de créer des cartes 3D indiquant les plants à tailler en priorité.

« Le Lidar signale aussi les distances aux obstacles », complète Marc Fleury, directeur territorial des Yvelines chez Enedis. La question prioritaire pour nous est la sécurité. Grâce à l’hélicoptère, nous pouvons repérer les nouvelles constructions trop près des pylônes. Nous alertons alors le propriétaire des risques encourus. On peut aussi déplacer le poteau, mais c’est rare. »

L’avion d’Air Touraine a pour mission d’inspecter les lignes électriques aériennes, ici dans les Yvelines, le 21 mai 2024. ©Méréva Balin

Un tiers des lignes inspectées chaque année

Chaque année, Enedis réalise ce type d’opérationsopération préventive de contrôle du trafic aérien sur un tiers des 1000 km de lignes électriques que l’entreprise administre dans les Yvelines et le Val-d’Oise (700 km pour les Yvelines).

« Nous investissons environ 5 millions d’euros par an pour assurer la résilience à long terme de notre réseau dans l’ouest parisien (Yvelines, Val-d’Oise et Hauts-de-Seine). Avec l’augmentation de l’électricité transportée dans le cadre de la politique nationale de développement durable, tel est le défi industriel auquel nous sommes confrontés. »

Marc Fleury, directeur territorial des Yvelines chez Enedis

multiplication des événements climatiquescomme les tempêtes hivernales, nécessite aussi d’étudier la robustesse du réseau, voire de le moderniser pour éviter les coupures de courant.

Le point de départ des vols du 21 mai 2024 était la pelouse du terrain de football de Fontenay-Saint-Père (Yvelines). ©Méréva Balin

Un défi industriel

Après un vol d’une vingtaine de minutes, l’hélicoptère se pose sur le complexe sportif de Fontenays. Les avis sont unanimes à bord, nous repartirons certainement faire un tour. ” Normalement, un vol dure une heure et demie, conclut le pilote. Nous sommes en moyenne dans les airs six heures par jour de travail. »

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