« Les enfants voient les gens uriner », dénonce un père

« Les enfants voient les gens uriner », dénonce un père
« Les enfants voient les gens uriner », dénonce un père

Un père dont l’enfant fréquente l’école près du Foyer Benoît-Labre pour sans-abri dénonce les images choquantes auxquelles les élèves de l’école Victor-Rousselot de Montréal sont confrontés quotidiennement.

« Les enfants voient les gens uriner devant eux, les enfants voient […] une dame qui faisait une danse qui ressemblait à de la pole dance, en soutien-gorge», a expliqué Jean-François Gauvin à l’émission de Mario Dumont.

“Il y a des bagarres, il y a des engueulades tous les jours, il y a des camps, il y a des gens qui font des excréments à côté de la cour. […]. Il y avait aussi des scènes de sexe en journée », a-t-il poursuivi.

Si des périodes d’accalmie ont été observées après les reportages diffusés par les médias, la situation est problématique pour M. Gauvin.

Selon lui, certains enfants ont même rapporté avoir vu un sans-abri avec une seringue dans la jambe. Des individus seraient constamment en état d’ébriété, et ce, dès 8 heures du matin, a précisé M. Gauvin.

« Depuis le début, nous avons dit qu’il valait mieux qu’ils fassent cela à l’intérieur. [du site d’injection]mais le problème est qu’ils font cela aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur », a-t-il déploré.

« Besoins extrêmes »

De son côté, la porte-parole du Mouvement pour mettre fin à l’itinérance, Julie Grenier, dit comprendre la réaction des parents, mais souligne le manque flagrant de places et de ressources.

« Nous avons des besoins extrêmes en ce moment et nous avons besoin de ces ressources. […] le phénomène de cohabitation est ultra délicat et on ne peut pas reprocher aux citoyens et aux parents de s’inquiéter”, a-t-elle déclaré dans une interview.

Selon elle, « si nous sommes dans une si mauvaise situation, c’est parce que nous avons avant tout besoin de logements » pour accueillir les sans-abri et éviter que Montréal ne devienne « un camping à ciel ouvert » avec « des situations dont nous ne voulons pas ».

« Nous sommes confrontés à devoir trouver des solutions, à aider les gens et souvent à manquer de places », a-t-elle déploré.

Plusieurs versions

Si la situation est difficile pour les parents et les résidents, elle était prévisible, a déclaré Jean-François Gauvin, qui estime qu’il n’y a pas de solution miracle.

« C’est effectivement un problème complexe car nous savons qu’il y a des problèmes de sans-abrisme, de drogue et tout ça. Le problème est que le projet a été mal monté dès le départ. C’était censé être un centre de rééducation, du moins officiellement », a-t-il expliqué.

M. Gauvin a également déploré que les élus, le gouvernement et la Chambre continuent de se renvoyer la balle.

« Au conseil d’arrondissement où je me suis présenté en septembre, Benoît Doré et le conseiller Craig Sauvé ont dit qu’ils étaient conscients dès le départ qu’il allait y avoir un volet drogue, mais qu’ils ne pouvaient tout simplement pas le dire en public, car ils “Nous n’avions pas encore les autorisations, mais ensuite ils ont changé leur version”, a-t-il poursuivi.

Selon lui, en septembre lors d’une rencontre entre parents et résidents, Mylène Drouin avait reconnu qu’en acceptant l’aspect drogue et inhalation, les enfants n’avaient pas été pris en considération, ni l’anxiété qui les accompagnait.

Interrogé à son arrivée à l’Assemblée nationale mercredi, le ministre des Services sociaux Lionel Carmant a reconnu que « cela aurait dû être mieux préparé, mieux travaillé, je l’ai dit à plusieurs reprises, il faut travailler la cohabitation en amont ».

Selon M. Carmant, le choix des sites relève de la responsabilité des Villes, tandis que le gouvernement est responsable d’offrir le service.

 
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