Québec incapable de franciser les arrivées, selon le commissaire à la langue française

Québec incapable de franciser les arrivées, selon le commissaire à la langue française
Québec incapable de franciser les arrivées, selon le commissaire à la langue française

Le Québec est incapable de franciser les milliers d’immigrants temporaires qui entrent sur son territoire chaque mois, constate le commissaire à la langue française dans un rapport sur la première année d’activité de Francisation Québec.

«Il est certain qu’à l’heure actuelle, le nombre de personnes qui ne connaissent pas le français augmente beaucoup plus vite que le nombre de personnes qui parlent couramment le français», a déclaré Benoît Dubreuil lors d’une conférence de presse après la remise de son premier rapport annuel.

“C’est essentiellement lié à l’importance de l’immigration temporaire, précisément depuis deux ans, depuis la fin de la pandémie”, a-t-il ajouté.

Son équipe estime que 641 589 personnes ne connaissent pas le français au Québec actuellement. Sur ce nombre, seuls 70 000 ont réussi à suivre des cours de français au cours de l’année écoulée, ce qui constitue encore un nombre record.

Pire, le commissaire estime que Québec n’offre que 2 % des heures de formation nécessaires à tous les non-francophones pour maîtriser les niveaux débutant et intermédiaire.

Francisation Québec débordée

Benoît Dubreuil reconnaît que la création de Francisation Québec a permis d’améliorer l’offre aux nouveaux arrivants, en regroupant tous les services sous un même toit.

Malgré la difficulté de comparer les données avec la mosaïque de services du passé, le commissaire constate que « l’offre de cours a augmenté ». «Il y a aujourd’hui plus de gens, j’en suis convaincu, qui apprennent le français grâce à Francisation Québec qu’avant», dit-il.

Mais l’organisation peine à répondre à la demande. Seulement 68% des inscriptions à temps plein respectent la norme de 50 jours du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) entre la réception de la demande et le début de la formation.

Le ministère ne fixe pas de normes pour les cours à temps partiel, mais le commissaire calcule qu’il faut attendre en moyenne 86 jours ouvrables avant de commencer.

Réduire

Interrogé dans les couloirs de l’Assemblée nationale, le ministre de la Langue française a déclaré qu’une partie de la solution passe par la réduction du nombre d’immigrants qui arrivent au Québec chaque année.

«La demande est très forte parce que nous accueillons actuellement trop d’immigrants temporaires, notamment des demandeurs d’asile», explique Jean-François Roberge.

Le ministre rappelle par la même occasion qu’il s’engage à bonifier l’offre de Francisation Québec, avec un ajout de 320 millions de dollars sur cinq ans.

Sa collègue à l’Immigration, Christine Fréchette, a également souligné les négociations en cours avec Ottawa pour mieux répartir les demandeurs d’asile à travers le pays.

Meilleure sélection

Le commissaire Dubreuil répète qu’il faut surtout sélectionner des immigrants maîtrisant déjà le français ou provenant de pays où la langue est déjà présente.

« Il faut une immigration qui connaisse mieux le français à l’arrivée », réitère-t-il.

Sinon, le déclin du français au Québec est inévitable. « En immigration, il y a un usage de l’anglais qui est [de] deux à trois fois plus élevé que dans la population d’accueil », constate Benoît Dubreuil.

 
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