l’exemple neuchâtelois – .

l’exemple neuchâtelois – .
l’exemple neuchâtelois – .

Les droits politiques des étrangers pourraient être renforcés le 9 juin, au bout du lac. Le peuple votera en effet sur l’initiative « Une vie ici, une voix ici… Renforçons notre démocratie ! ». Alors qu’à Genève les personnes résidant dans le pays depuis au moins huit ans ont le droit de voter au niveau communal depuis 2005, le texte propose de leur accorder ce même droit au niveau cantonal. Si oui, ils acquerraient également le droit d’être élus dans les communes et, unique en Suisse, dans le canton.

La droite et le MCG refusent l’initiative, la gauche ainsi que Liberté et Justice Sociale y sont favorables.

Pour ces derniers, de nombreuses questions (logement, formation, santé, mobilité…) concernent également ces résidents étrangers, qui paient des impôts et ont les mêmes devoirs que les Genevois : « Il est donc normal que chacun puisse donner son avis. » Il s’agit aussi de renforcer l’intégration et la démocratie, alors que le taux de participation reste faible.

Au contraire, les opposants estiment que les étrangers qui souhaitent participer à la vie politique peuvent déjà le faire. Et ce en demandant leur naturalisation, preuve d’une « intégration réussie ». Le camp du non souligne que l’obtention d’un passeport a récemment été facilitée, notamment pour les jeunes de la troisième génération.

En matière de droits politiques des étrangers, Neuchâtel a été pionnier. Le droit de vote communal y est ancré depuis… 1850. Le droit cantonal pour le permis C est en vigueur depuis 2007, tout comme le droit d’éligibilité dans les communes, mais pas au niveau cantonal. Cela n’a toutefois pas accru la participation, bien au contraire, analyse Steven Russo, responsable des droits politiques à l’Etat neuchâtelois. « D’une manière générale, les étrangers votent beaucoup moins que les nationaux (-10 à -15 points), même si le corps électoral s’est élargi ; le taux de participation global a en fait diminué.

Selon une étude universitaire neuchâteloise publiée en novembre 2023, centrée sur les résidents espagnols et portugais, cette désaffection est la conséquence de « facteurs historiques et socio-économiques complexes ». Elle évoque ainsi l’absence de culture démocratique (dictatures de Franco et de Salazar), le sentiment que la politique ne contribuera pas à améliorer la situation des communautés, le manque d’éducation politique, ou encore le « modeste attachement » au pays de résidence.

Steven Russo constate également que le vote des étrangers n’a pas modifié l’équilibre politique à Neuchâtel. Il n’a pas non plus eu d’influence particulière, ponctuelle, sur les sujets de vote soumis au peuple ces dernières années. “De plus, je n’ai pas le sentiment que les partis ont spécifiquement cherché à attirer ces communautés ou à se concentrer politiquement sur elles.” Au fond, la participation des étrangers dépend des mêmes variables que pour le corps électoral suisse, selon l’expert cantonal: proximité avec le sujet de vote, âge, formation, niveau socioprofessionnel, etc.

Il n’en reste pas moins que le système est « désormais ancré dans la culture politique neuchâteloise », assure le fonctionnaire. Ce qui prime, c’est le principe d’une démocratie plus large.»

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV A Rennes, conseil municipal tendu à six jours du premier tour des élections législatives
NEXT sa fête de mariage a failli se terminer à cause des élections législatives