« Amadou BA, leader de l’opposition du Sénégal » Amadou Bal BA

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« Amadou BA quitte l’APR, le parti de Macky SALL, et devient chef de l’opposition sénégalaise. Quel statut du leader de l’opposition ? Quelle dynamique d’une opposition très républicaine, mais combative et vigoureuse en vue de provoquer la cohabitation ? par Amadou BalBA

Tout finit par arriver. Après une longue hésitation, Amadou BA, ancien premier ministre et candidat de la majorité présidentielle, arrivé en deuxième position, avec plus de 35%, a fini par quitter l’Alliance pour la République. Il devient chef de l’opposition. On ne refait pas le match, mais pour ma part, Amadou BA, du 3 février 2024, en raison du coup d’état constitutionnel du président Macky SALL, et je suis le premier à le dénoncer, sans droit d’auteur (Voir mon article, Médiapart, 3 février 2024) aurait dû, à l’époque, démissionner immédiatement de ses fonctions de Premier ministre, convoquer une conférence et affirmer qu’il n’était pas responsable de ce crime. Amadou BA, qui n’a bénéficié durant sa campagne d’aucun soutien financier, ni de l’aide de Macky SALL ou de l’APR, a dû se confronter, après la libération des dirigeants du PASTEF (Ousmane SONKO et Bassirou Diomaye FAYE) à un véritable référendum, pour ou contre Macky SALL. Malgré ce parricide, Amadou BA est arrivé, comme je l’ai dit, en deuxième position aux élections présidentielles de 2024, le PUR, parti islamiste, en troisième position, et les 15 autres partis ont mordu la poussière, avec moins de 2% des voix. voix. Là aussi, je sais qu’après les élections, il y a une fatigue physique et nerveuse, mais aussi parfois du ressentiment, j’ai été surpris d’entendre qu’Amadou BA avait remercié le Président Macky SALL, le même qui l’avait fait tomber, doublé d’une grande connivence avec les dirigeants du PASTEF, dont il devient le mentor politique.

Finalement, cette démission de l’APR, avec ses candidatures dissidentes contre Amadou BA, lui ayant donné du fil à retordre, me paraît logique ; elle aurait même dû intervenir plutôt, avec encore un peu plus de vigueur. La politique n’est pas une affaire d’enfants de chœur, c’est un art dans lequel, avec un esprit de décision, de stratégie et d’anticipation rationnelle, il faut tuer pour ne pas être tué. Par conséquent, et même si Amadou BA doit une bonne partie de sa carrière à son parcours, c’est un honneur de lui en être reconnaissant, il n’en reste pas moins que le parricide est une arme nécessaire et opportune en politique. Ainsi, lors de l’alternance de 2000, Djibo Laïty KA et Moustapha NIASSE, mécontents de la promotion d’Ousmane Tanor DIENG au poste de Premier secrétaire du PS, ont fait tomber le président Abdou DIOUF. Macky SALL, lui, est issu du PDS, et son mentor politique n’est autre que Maître Abdoulaye WADE, avec ses rapports à la religion, à l’argent, et surtout son projet de déconcentration monarchique. Macky SALL, Premier ministre, puis Président de l’Assemblée nationale, a eu le courage et la clairvoyance de démissionner de tous ses mandats et de créer, en 2008, son parti l’APR, pour vaincre en 2012, le redoutable Laye N’Diombor. Je ne vais pas multiplier les exemples en matière de parricide en politique, mais Jacques CHIRAC fut le premier ministre de Valéry GISCARD D’ESTAING et d’Emmanuel MACRON, venu de la banque Rothschild, recruté par Jacques ATTALI, ministre de l’Economie, qui personne n’avait vu venir, contraint François HOLANDE à renoncer à courir.

Le chef de l’opposition, quant à lui, est une figure centrale de la démocratie définie comme un gouvernement majoritaire sous le contrôle de l’opposition.

A court terme, le PASTEF, élu sur un plan séparatiste, ne compte que 56 députés sur 165 parlementaires. La mission fondamentale du chef de l’opposition est de se faire entendre, de remettre le débat de fond au centre de la vie politique. Cependant, jusqu’à présent, nous avons observé deux écarts graves par rapport à la démocratie sénégalaise. D’un côté, le gouvernement dit : «rompre», par Ousmane SONKO, dans sa rhétorique populiste, n’ayant pas encore réalisé qu’il a déjà gagné les élections du 24 mars 2024, le Premier ministre du Sénégal, s’exprime, non pas en dirigeant, mais en opposant, dans ses diatribes dans les amphithéâtres, comme l’Ancien Régime ou l’Empire colonial. Par ailleurs, certains militants proches de l’APR, comme BAH Diakhaté (Voir mon article, Médiapart, 23 mai 2024), pour se faire entendre, ont rendu hommage au PASTEF, utilisant les armes du populisme, notamment l’invective, la diffamation, l’insulte, pour nous distraire de l’essentiel.

Pour avoir ce débat de fond en vue de provoquer la cohabitation, Amadou BA a besoin de créer son parti, de lui donner une doctrine politique, qui je crois ne peut être que du centre gauche, des hommes solides pour porter son projet. La mission d’un leader de l’opposition, selon moi, n’est pas seulement dans la critique, l’incantation ou la dénonciation, elle est aussi et surtout dans sa force de proposition crédible. Il aura la difficile mission de reconstruire l’opposition, largement mise à mal lors de ces présidentielles de 2024. Avec qui et quel leadership charismatique ?

L’opposition est respectable dans le sens où elle a vocation à devenir majoritaire : quel statut alors de l’opposition ?

Article en cours de rédaction.

Références bibliographiques

BA (Amadou, Bal), «La démocratie sénégalaise, ses démons du populisme. Vers une cohabitation ?“, Médiapart23 mai 2024 ;

BA (Amadou, Bal), «Birama DIOP et son livre, Ousmane SONKO, génie politique. Populisme?“, Médiapart18 mai 2024 ;

BA (Amadou, Bal), «Quelle réorganisation au Sénégal, au vu des élections législatives anticipées et devenues inévitables ?“, Médiapart, 9 mai 2024.

Paris, le 29 mai 2024, par Amadou Bal BA –

 
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