Respect du droit international | Le Bloc Québécois propose des mesures pour faire pression sur Israël

(Ottawa) Reconnaître l’État palestinien, sanctionner les ministres israéliens qui appellent à la commission de crimes contre l’humanité à Gaza, s’engager à arrêter Benjamin Netanyahu si un mandat d’arrêt est émis par la CPI : le Canada doit poser des gestes forts et élever la voix s’il le fait réellement veut exercer davantage de pression sur l’État juif, estime le Bloc québécois.


Publié à 14h25

Mis à jour à 15h48

Le groupe indépendantiste a avancé mercredi une série de 10 propositions qui pourraient permettre de “nous rapprocher de la fin des combats et peut-être d’une paix durable entre Israël et la Palestine”, selon son chef Yves-François Blanchet.

« Le Canada doit envoyer des signaux forts à Israël selon lesquels un cessez-le-feu immédiat est nécessaire et qu’Israël doit cesser d’entraver l’arrivée de l’aide médicale, alimentaire et humanitaire, tandis que le groupe terroriste Hamas doit libérer les otages immédiatement et déposer les armes », a-t-il déclaré.

Parmi les dix mesures proposées par le Bloc Québécois, on retrouve les suivantes :

  • Soutenez la Ligue arabe dans son appel à la création d’une force internationale de maintien de la paix qui serait déployée dans les territoires palestiniens occupés jusqu’à ce qu’un État palestinien fonctionnel soit établi.
  • Adopter un moratoire complet sur l’exportation vers Israël de toute technologie destinée à un éventuel usage militaire.
  • Appliquer le régime de sanctions canadien aux ministres israéliens qui appellent ouvertement à des crimes contre l’humanité dans la bande de Gaza et ciblent davantage de colons extrémistes en Cisjordanie.
  • Exclure immédiatement les territoires occupés de l’Accord de libre-échange Canada-Israël afin de cesser d’accorder des avantages commerciaux aux colonies illégales de Cisjordanie, qui contribuent à leur prospérité économique.
  • Rejoignez les nombreux pays qui ont récemment reconnu l’État palestinien en reconnaissant la Palestine, tout en réitérant leur soutien à une solution à deux États.
  • Soutenir la Cour internationale de Justice et éventuellement la Cour pénale internationale afin de faire respecter le droit international et s’engager à arrêter toute personne visée par un éventuel mandat d’arrêt qui pourrait se trouver sur le territoire canadien.

Invité à réagir à certaines de ces propositions lors de la période des questions à la Chambre, Justin Trudeau n’a pas pris de nouvel engagement – ​​ce que lui reprochait son adversaire bloquiste. « Peut-il arrêter de dire des paroles vides de sens et agir ? », a pressé Yves-François Blanchet.

Même s’il n’a pas commenté directement les suggestions du Bloc, le premier ministre a tout de même évoqué les récriminations contre l’État juif. « Nous sommes très préoccupés par la violence à Gaza et par les actions dévastatrices de l’armée israélienne à Rafah », a-t-il déclaré.

Contrairement au Bloc, qui a consacré toutes ses interventions à ce sujet, mercredi, les conservateurs n’en ont fait aucune mention. Le chef Pierre Poilievre a été accusé par Jagmeet Singh d’être une « pom-pom girl » de Benjamin Netanyahu.

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PHOTO BASHAR TALEB, AGENCE FRANCE-PRESSE

Les Palestiniens fuient avec leurs derniers biens à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza

En fin de séance, le porte-parole du Bloc aux Affaires étrangères, Stéphane Bergeron, a tenté de faire adopter une motion visant à condamner les frappes israéliennes qui ont fait des dizaines de morts et de blessés dans des camps de déplacés. à Rafah.

Cette approche a échoué, car la Chambre n’a pas accordé le consentement unanime.

Selon le Bloc, tous les partis étaient d’accord pour déposer cette motion, à l’exception des conservateurs.

Le bureau d’un député vandalisé

L’indignation déjà forte de la communauté internationale, dont celle du Canada, s’est intensifiée après la frappe nocturne de Tsahal contre un camp de personnes déplacées à Rafah dimanche, qui a fait 45 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas.

« La tragédie et les souffrances à Gaza doivent cesser. Nous sommes horrifiés par les frappes israéliennes qui ont tué des civils à Rafah, a déclaré mardi Justin Trudeau. Le Canada ne soutient en aucun cas les opérations militaires israéliennes à Rafah. »

L’indignation populaire s’est également exprimée par la peinture rouge sur une fenêtre du bureau local de la députée libérale Julie Dzerowicz. « Rahaf [sic] des brûlures. Cela se produira aussi à Toronto», a écrit un vandale sur la fenêtre du bureau de la circonscription de Davenport, à Toronto, selon des photos qui ont circulé sur le réseau X.

Les marchands d’armes pris à partie

Dans la capitale fédérale, non loin de l’aéroport international, des manifestants ont perturbé mercredi matin l’ouverture du salon annuel de l’industrie de défense (CANSEC) organisé par l’Association canadienne des industries de défense et de sécurité (AICDS).

Des militants ont notamment réclamé l’ouverture d’une enquête publique sur le commerce des armes.

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PHOTO PATRICK DOYLE, - CANADIENNE

Des manifestants ont perturbé mercredi l’ouverture de l’exposition annuelle de l’industrie de la défense (CANSEC) à Ottawa.

Le ministre de la Défense nationale, Bill Blair, qui était présent pour prononcer un discours, a insisté lors d’une mêlée de presse sur le fait que le Canada n’avait approuvé aucune nouvelle licence d’exportation d’armes vers Israël depuis le 8 janvier.

“Cela a été clairement communiqué à l’industrie : il est interdit d’exporter sans permis, et aucun permis n’a été accordé”, a-t-il alors argumenté, intercepté dans un couloir du Parlement au retour de la grand-messe annuelle de l’industrie militaire canadienne. .

Aux dernières nouvelles, aucune directive officielle n’avait été communiquée aux fabricants d’armes.

Et les autorisations d’exportation déjà délivrées continuent d’être honorées.

 
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