« se mobiliser aujourd’hui pour exister demain »

« se mobiliser aujourd’hui pour exister demain »
« se mobiliser aujourd’hui pour exister demain »

Par

Marie Boudon

Publié le

29 mai 2024 à 16h06

Voir mon actualité
Suivre Actualités Cantal

L’appel à la grève syndicat majoritaire dans le Cantal le 30 mai entraînera la fermeture des pharmacies. Partout en France, les pharmaciens réclament réévaluations financièresalerte sur le pénuries des médicaments et sur les risques de libéralisation du marché vente en ligne.

Des demandes urgentes pour 78 pharmaciens Des titulaires du Cantal qui avouent se battre tous les jours pour 2 anscontre un système fatigué, entre pénuries et manque de reconnaissance.

Elisabeth Alaux, présidente de la FSPF15, alerte : « Les négociations ont commencé en début d’année. Mais aujourd’hui, le budget mis sur la table par l’Etat ne permet pas de financer tous pharmacies. La baisse continue des prix des médicaments remboursable par l’Etat met en péril l’équilibre financier des pharmacies. En baissant les prix, l’État organise indirectement ruptures de stock.

Et les laboratoires pharmaceutiques, souvent multinationalesconsidèrent certains médicaments comme non rentables et cessent leur production, aggravant ainsi les pénuries.

« Nous passons nos journées appeler les médecins, fournisseurs, autres pharmacies, pour tenter de trouver tel ou tel médicament. C’est anxiogène pour nos patientsvoire dangereux.

Un modèle unique à préserver

Le Cantal, avec ses 65 pharmacies pour 78 titulaires, dont une officine pour 2 médecins, illustre l’importance et le succès de réseau territorial. Mais le président de la FSPF15 rappelle encore le 330 fermetures en 2023 en France.

Vidéos : actuellement sur -

Cette situation, explique Elisabeth Alaux, est symptomatique d’un manque de visibilité et une lassitude généralisée parmi les professionnels du secteur. « Nous pensons qu’il y a des composantes européennes qui veulent changer la donne. modèle français ce qui est relativement différent des autres pays européens.

En fait, le monopole sur l’administration de médicaments et les pharmaciens propriétaires de leur pharmacie veillent à ce que les médicaments soient très sécurisé. “Tu ne trouveras jamais faux médicaments avec nous parce que notre monopole a tenu bon rôle protecteur. Vouloir le changer, c’est ce qui inquiète nos patients qui sont les premiers à nous soutenir dans notre combat » .

Un réseau inégalé

Dans le Cantal, le syndicat se réjouit d’un renouvellement du métier. Entre installations et refontes, avec une moyenne d’âge des pharmaciens de 49 ans, « nous sommes sous le choc, malgré quelques départs » .

« Le réseau cantalien est bon même si celui d’Aurillac est le plus ébranlé en ce premier semestre 2024 avec B.Lacoste (quartier de la gare) qui prend sa retraite. La pharmacie du Centre retrouvée un acheteur, celui de Murat aussi. Mais ces départs accentuent pression sur les pharmacies restantes.

« Cette fermeture signifie plus de gardes et plus de fatigue pour ceux qui restent», déplore le syndicaliste.

La menace des ventes en ligne

Un autre point de tension majeur est la libéralisation croissante des ventes en ligne de médicaments. Les pharmaciens craignent que cette tendance ne s’affaiblisse encore petites pharmacies, indispensable au maillage territorial. « Nous avons prouvé notre efficacité pendant la crise du Covid, en distribuant des masques, en assurant les vaccinations et les tests. Ce système est bon, utile et maintenant il l’est mettre en danger » .

Aujourd’hui, le modèle d’une pharmacie pour 2 500 habitants permet de trouver une pharmacie ouverte où que l’on soit. 6 jours par semaine (pour un conseil, une question) et 7j/7, 24 heures par jour (pour les urgences). Et demain, et Internet ?

Les études de pharmacie en crise

LE Cours de formation les pharmaciens sont également en cause. Là réforme du troisième cycle n’a toujours pas réussi, et Parcoursup a laissé de nombreuses places vacantes ces dernières années. « Dans six ans, ces places inoccupées cela entraînera un manque de pharmaciens sur le marché », prévient le président.

Les contraintes du métier, telles que gardes de nuit et les exigences de disponibilité, dissuadent de nombreux jeunes, ce qu’Elisabeth Alaux comprend. « C’est vrai que les gardes sont un contrainte du métier pas négligeable. Dans mon secteur qui comprend les pharmacies d’Arpajon, Montsalvy, Lafeuillade et Calvinet, nous sommes de garde une semaine sur 5. Il faut savoir que la garde se fait du samedi midi jusqu’à l’autre samedi midi, 7 jours d’affilée. Et même si nous ne sommes pas dérangés toutes les nuits, nous dormons avec le téléphone sur la table de chevet, en restant toujours à 20 minutes maximum de notre bureau.

La contrainte est encore plus importante parmi Titulaires Aurillacois qui rendent les gardes encore plus lourdes, avec l’hôpital à côté, même s’ils sont plus nombreux. « Et comme c’est le titulaire qui assure la garde, et même s’il a été dérangé cinq fois dans la nuit, le matin il sera toujours sur le pont et toujours très professionnel. Dans les campagnes, il y a même des zones où ils montent la garde une semaine sur 3 » .

C’est une combinaison de choses qui nous mettent à ce point de rupture

Elisabeth Alaux

Pour toutes ces raisons, le 30 mai prochain, les pharmaciens du Cantal pourront descendre dans la rue à Clermont-Ferrand, soutenus par leurs homologues et les étudiants en pharmacie. L’objectif est clair : sauver un système de santé accessible et efficace. “Nous nous battons pour nos pharmacies, pour maintenir le réseau en place, efficace, mais avant tout pour la santé publique et pour les patients.” L’organisation se fera à partir de l’ARS et la Préfecture pour le réquisition d’une pharmacie par secteur le 30 mai. La pharmacie de garde la nuit du 30 sera celle de Cap Blanc.

Le président du syndicat a conclu : « C’est un très beau travail que celui du pharmacien. La relation avec le patient, la confiance qu’il nous accorde, et je suis triste de voir certains se détourner du métier. Notre dernière grève remonte à 10 ans, lorsque le gouvernement voulait briser le monopole et présenter fonds financiers en pharmacie. Nous avons tenu bon, mais personne n’est à l’abri de la possibilité que cela se reproduise. Nous resterons vigilant » .

Suivez toute l’actualité de vos villes et médias préférés en vous abonnant à Mon -.

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV Un monument à la mémoire des résistants tagué d’une croix gammée au Bois de la Cambre à Bruxelles
NEXT Deuxième pays le plus compétitif au monde, la Suisse est un « gagnant qui perd »