«Je ne pourrai jamais le regretter»

«Je ne pourrai jamais le regretter»
«Je ne pourrai jamais le regretter»

Le 29 mai 2023, Stéphane Llorca s’élance de l’église des Combes, à Sabran, où il résidait, pour une grande aventure : faire le tour de la France à pied. Cela représente 12 000 km en 500 jours environ. Aujourd’hui, cela fait exactement un an que les Gardois sont partis. Il nous donne de ses nouvelles.

Objectif Gard : Cela fait exactement un an que vous êtes parti parcourir la France à pied. Comment voyez-vous votre parcours ?

Stéphane Llorca : Ça passe vite. Les débuts ont peut-être été plus longs et maintenant que je repart vers le sud, les journées passent vite. Mon aventure a pris de grandes proportions tellement les journées sont plus chargées.

Ce est-à-dire ?

Je rencontre de plus en plus de gens. Il se passe toujours quelque chose et il y a tellement de choses à voir.

Votre aventure est largement suivie sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, vous comptez 38 000 abonnés.

Oui, cela a beaucoup augmenté. Cela me permet d’être hébergé à tout moment, de rencontrer beaucoup de monde. Je ne m’attendais pas à un tel engouement mais c’est magnifique. Chaque jour, je publie des nouvelles pour raconter mon histoire.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans cette grande marche en premier lieu ? Vous avez quitté la maison, le travail…

J’ai laissé tout ce que j’avais pour être complètement libre. Quelques mois auparavant, j’ai commencé à me séparer de tout ce que j’avais. Dès que j’ai pu, je suis parti découvrir la France, vivre en totale liberté.

Combien de kilomètres as-tu parcouru en un an ?

J’en suis presque à 9 000 km. Au départ, j’avais prévu un total de 11 500 km mais ce sera bien plus que ça. Parce que j’ai fait beaucoup de démarches qui n’étaient pas planifiées. Nous dépasserons les 12 000 km en 500 jours. Normalement, je devrais être de retour en octobre. Je parcours en moyenne 25 km par jour.

Vous avez fait du bon travail même s’il reste quelques mois.

Oui et il reste la partie montagneuse dans les Alpes, ce n’est pas rien. Ensuite, ce sera le long du littoral, sur la Côte d’Azur. En ce moment, je suis dans le Jura.

Avez-vous hâte d’y retourner ou souhaitez-vous que cela dure plus longtemps ?

C’est partager. Une année commence à paraître longue. Les gens me manquent. Je ne serai pas mécontent de revenir, même si c’est très exigeant et que je m’éclate tous les jours. Mais d’un autre côté, je pense que ça va être difficile de revenir à la réalité et de revenir.

Que vous a apporté ce voyage ?

Énormément, rien que pour cela, je ne pourrai jamais le regretter. Cela m’a aidé dans ma façon de penser, de vivre avec le minimum, de profiter des petites joies et d’en faire des moments exceptionnels. Et je ne parle même pas des rencontres humaines qui sont en nombre exceptionnel.

Et côté matériel, tout tient la route ?

Je viens de mettre ma 6ème paire de chaussures. Je change aussi de chaussettes, quelques vêtements mais ce n’est pas grand chose comparé à une location.

Et le sac, il n’est pas trop lourd ?

Je l’ai allégé pour affronter la montagne en enlevant les vêtements d’hiver. J’attaque pas mal de dénivelé, je ne peux pas me permettre d’avoir un sac qui pèse 15km. Mais il est plus lourd au niveau des porte-clés et des drapeaux qui m’ont été remis là où j’allais. Mon sac est bien décoré. J’espère qu’il tiendra jusqu’au bout.

Il faut avoir des anecdotes drôles, des moments difficiles à raconter.

Parfois les sentiers sont fermés et je me retrouve à faire de grands détours. Le plus compliqué, c’est le mauvais temps. On s’y habitue, même si c’est plus dur de repartir sous la pluie. J’ai la chance d’être très bien accueilli le soir par les familles, même si les journées sont difficiles, ça me donne le sourire de repartir le lendemain. (…) Il y a eu beaucoup de bons moments. J’ai discuté de ce que je faisais avec les enfants dans les écoles, j’ai vu l’émerveillement dans leurs yeux. Ce sont des moments exceptionnels.

Vous collectionnez également des articles de journaux !

Oui, les journalistes me contactent constamment pour faire un article, un reportage dès mon arrivée dans leur département. C’est bien, je raconte ce que je fais, ça met aussi en valeur les lieux que je traverse. Je dis oui à chaque fois, je prends 20 minutes pour parler et si ça peut faire rêver, tant mieux.

Question délicate : y a-t-il un endroit en France que vous avez vraiment aimé ?

Si je dis encore la Bretagne, on dira que je ne parle que de cette région. (des rires). Je le mentionne souvent car c’est l’un des endroits où j’ai le plus séjourné. Trois mois au total, de novembre à janvier, parcourant 2 000 km. C’est là que j’ai vécu beaucoup de choses, où j’ai rencontré des gens et c’est magnifique. Mais ce que j’aime, c’est la diversité des lieux. Je ne m’ennuyais nulle part, même dans les endroits où je pensais qu’il y aurait moins à voir. Les Châteaux de la Loire ont été une belle surprise. Le Doubs, le Jura, je me suis éclaté aussi. Je ne me sens pas fatigué.

Qu’as-tu prévu en rentrant à la maison ?

Organiser immédiatement quelque chose pour rassembler les personnes que j’ai rencontrées, les personnes qui m’ont suivi. Ce ne sera pas facile car tout le monde est dispersé partout en France. Ensuite, je travaillerai sur mon livre. Cela va me prendre du temps. J’aimerais ensuite le présenter dans les lieux que j’ai visités.

Peut-être que cela donnera envie aux autres de vous imiter ?

J’en ai déjà pas mal qui me disent qu’ils s’en vont. Pas forcément depuis un an et demi, tout le monde n’est pas fou (des rires). Beaucoup me demandent également des conseils pour s’organiser. Je n’étais pas le premier à faire ça, mais de plus en plus de gens le souhaitent et voient que pour moi, ça se passe bien et ça m’apporte beaucoup. Cela risque de faire partir beaucoup de monde, je pense qu’il y aura beaucoup de démissions l’année prochaine.

Pour suivre ses aventures sur Facebook, entrez dans la barre de recherche : Route Steph Llorca.

A relire : SOIR Une dernière randonnée pour Stephan Llorca avant un tour de France à pied

 
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