“Plébiscite” ou “trompe l’oeil”, en Gironde, ce scrutin divise autant que le projet de ligne rapide

“Plébiscite” ou “trompe l’oeil”, en Gironde, ce scrutin divise autant que le projet de ligne rapide
“Plébiscite” ou “trompe l’oeil”, en Gironde, ce scrutin divise autant que le projet de ligne rapide

P.Je suis sûr que cette enquête d’opinion ne redorera pas l’image de l’industrie du sondage. Le sort des urnes revient à ne pas être aimés, s’ils ne finissent pas par admettre ce que nous voulons qu’ils disent. La dernière livraison d’Odoxa sur le Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO) ne déroge pas à la règle. Objectif de cette enquête : recueillir l’avis des habitants des régions concernées par la LGV Bordeaux-Toulouse/Dax. Elle a été réalisée à la demande de SNCF Réseau et de la société GPSO : 1 994 habitants ont été interrogés (1 057 de l’ex-région Aquitaine et 937 de l’ex-région Midi-Pyrénées) selon la méthode des quotas entre le 17 et le 26 avril. échantillon utilisé, la marge d’erreur est d’environ 1,8 points.

1 Ce qu’il faut retenir de cette enquête

Premier élément, les habitants ne font pas de lien entre « GPSO » et « LGV ». A la question « connaissez-vous, ne serait-ce que de nom, le GPSO » : 81% ont répondu non. Une fois qu’on leur explique qu’il s’agit de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse-Dax-Espagne, 59% déclarent en avoir entendu parler. Dans cette proportion, 19% déclarent connaître précisément le projet. C’est bien peu, inversement proportionnel à l’engouement et à la place prise dans le débat par la LGV. A la question : « Etes-vous personnellement favorable ou opposé à ce projet ? » la réponse est claire : 86% y sont favorables (83% rien qu’en Gironde), 14% y sont opposés. Un quasi-consensus malgré les affiliations. Dans les rangs de LFI et des écologistes, en pointe dans la lutte anti-LGV, le projet recueille 76 et 79 % d’avis positifs.

Parmi les avantages de ce projet, les sondés retiennent le rapprochement de Bordeaux et Toulouse en une heure ; temps gagné sur tous les trajets ; la meilleure liaison entre les villes du Sud-Ouest. Les inconvénients : l’impact sur le paysage, les cultures et les sols ; les conséquences en termes de faune et de flore ; le coût est trop élevé compte tenu des défis. 85 % des habitants considèrent que le GPSO permettra de mieux relier l’Europe du Nord et du Sud. Enfin, 68% considèrent que le projet aura un impact positif sur leur propre quotidien.

2 Soulagement des défenseurs de la LGV

Pour les partisans de ce projet de 14 milliards d’euros, les résultats sont une heureuse nouvelle. “Ils sont assez spectaculaires, on trouve un soutien au projet de la part de toutes les formations politiques”, soulignait Alain Rousset, président PS de la région Nouvelle-Aquitaine, dès la publication de l’enquête. A Bordeaux Métropole, Christine Bost, la présidente (socialiste), estime que « cette enquête révèle l’appétit des Français pour les voyages. Ils se sentent naturellement européens et sont conscients des enjeux des échanges entre territoires et du développement économique. Pour réussir la transition écologique, il faut agir sur le transport de marchandises et de passagers, sur les longs trajets comme sur les déplacements du quotidien, c’est le sens de ce projet.

3 « Une enquête simulée »

Pierre Hurmic, le maire écologiste de Bordeaux, est catégorique : « Ce sondage ne reflète pas l’état de l’opinion publique. Je m’appuie sur l’enquête publique qui a récolté 14 000 contributions, dont 93 % d’avis négatifs. Il reflète en revanche l’état de fébrilité des partisans du GPSO, c’est le deuxième scrutin en un mois, à l’heure où les financements européens n’ont pas été sécurisés, puisque c’est un projet qui s’arrête à Dax, à 91 kilomètres du frontière. Nicolas Thierry, député écologiste de Bordeaux, voit dans cette enquête un « trompe-l’oeil », il n’est précisé nulle part ce qu’est cette présentation « factuelle ». Le scénario alternatif de rénovation des voiries existantes a-t-il été proposé ? Les taxes locales et autres coûts cachés ont-ils été présentés ? ” il demande.

« Pour clarifier les débats, suivons la logique de manière transparente : lançons un véritable référendum d’initiative citoyenne »

« 47 % des habitants des zones rurales s’estiment mal connectés au reste du département et aux grandes villes, le GPSO n’arrangera pas la situation et favorisera les habitants des grandes villes et métropoles. » Il fait une proposition : « Pour clarifier les débats, allons au fond de la logique de manière transparente. Lançons un véritable référendum à l’initiative des citoyens. Chaque partie pourra présenter ses arguments de manière factuelle. C’est le plus grand projet ferroviaire européen, ce serait légitime. »

Les parlementaires anti-LGV réunis

Ce vendredi 31 mai, les députés et sénateurs girondins opposés au projet se réunissent à Saint-Médard-d’Eyrans. Cette coalition d’élus, issus des rangs du MoDem, de LFI, des Verts, du Parti radical, du PS, de Renaissance ou encore de LR, exprime de « sérieux doutes quant à l’utilité réelle » des aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (AFSB) et appelle à un moratoire. Il s’agit de briser le « blocus » ferroviaire au sud de Bordeaux, en ajoutant une voie entre Bègles et Saint-Médard-d’Eyrans et ainsi augmenter le nombre de trains, un préalable au RER Métropolitain et à la LGV qui fait depuis longtemps consensus. . Les opposants estiment que les voies existantes sont suffisantes pour absorber le trafic.

 
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