L’hôpital de Chicoutimi a « ignoré les signaux de détresse » selon la famille de la victime

L’hôpital de Chicoutimi a « ignoré les signaux de détresse » selon la famille de la victime
L’hôpital de Chicoutimi a « ignoré les signaux de détresse » selon la famille de la victime

La famille de l’homme de 64 ans atteint d’Alzheimer précoce qui s’est jeté du haut du quatrième étage de l’Hôpital de Chicoutimi vendredi dernier n’est pas bouleversée. Elle souhaite des explications à l’établissement qui aurait fait preuve de négligence à son égard après avoir été alerté à plusieurs reprises de sa détresse psychologique.

«Dimanche dernier, il a exprimé des pensées suicidaires à ma mère», raconte Diane, la fille de Carl Marceau. Mon père était un homme de peu de mots qui ne parlait jamais de ses émotions. C’était clairement un cri de désespoir, il avait sérieusement besoin d’aide.

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Photo fournie par Diane Marceau

Carl Marceau avait confié à son épouse qu’il voulait se suicider, moins d’une semaine avant de passer à l’action en sautant du 4e étage de l’hôpital de Chicoutimi, le 23 mai 2024. Sa fille Diane estime que le CIUSSS a fait preuve de négligence envers lui et n’a pas réussi à assurer sa sécurité.

L’épouse de M. Marceau a confié qu’il avait exprimé l’idée de se suicider auprès d’elle, auprès du personnel hospitalier, immédiatement après la discussion inquiétante. Dès le lendemain, ils auraient remplacé les ustensiles en métal par des couverts en plastique pour qu’il ne les utilise pas pour mettre fin à ses jours.

« Il a été vu par un psychiatre et a dit non lorsqu’on lui a demandé s’il voulait mourir. Nous avons quand même demandé qu’un agent de sécurité vienne le surveiller, car il se sentait très mal et il était clair qu’il pensait ce qu’il disait à ma mère. L’hôpital a répondu que c’était impossible en raison du manque de personnel. Ils ont ignoré les signaux de détresse», poursuit Diane Marceau.

Sans médicament

En avril dernier, Mme Marceau a reçu un appel de détresse de sa mère qui affirmait que son mari était devenu violent lors d’une crise. Celui qui vit au Québec, comme son frère et sa sœur, a appris à ce moment-là qu’il n’avait pas pris ses médicaments depuis 14 mois.

« Il n’a pas frappé ma mère », explique-t-elle. Nous avons quand même appelé la police et ils nous ont proposé de porter plainte contre lui pour violences conjugales, car c’était le meilleur moyen de s’assurer qu’il puisse être soigné par la suite.

Après quelques déplacements à la prison de Roberval, au tribunal pour déterminer s’il pouvait être tenu criminellement responsable et à l’hôpital de Chicoutimi dans les semaines suivantes, Carl Marceau disposait d’une chambre au centre hospitalier.

” J’ai tout perdu “

Ces dernières semaines, Diane Marceau s’est rendue à plus d’une occasion au chevet de son père. Lors d’une de ces visites, elle affirme avoir retrouvé son père placé en position fœtale sur le sol de sa chambre.

“Il a continué à dire “J’ai tout perdu! J’ai tout perdu!», mais il ne savait pas pourquoi. Il était dans un état déplorable et j’ai fait part de mes inquiétudes au personnel. Il avait également consulté un psychiatre cette fois-là, mais rien d’autre n’a été fait.

Puis, le 23 mai, Carl Marceau se serait enfermé dans la salle de bain de sa chambre. Il aurait utilisé une chaise pliante pour briser la vitre, puis se serait lancé du quatrième étage.

Poursuites prévues

Diane Marceau, son frère et sa sœur envisagent sérieusement de poursuivre le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean et l’Hôpital de Chicoutimi pour leurs prétendues manquements dans le dossier de leur père décédé à l’âge de 64 ans.

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Photo fournie par Diane Marceau

Carl Marceau (à gauche) s’est suicidé par défenestration le 23 mai 2024 à l’hôpital de Chicoutimi. Ses enfants, Carl Jr. (au centre à gauche), Hélène (au centre à droite), Diane (à droite) et son épouse, Rita Belleau (au centre), envisagent de poursuivre le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean puisque celui-ci a ignoré les nombreux avertissements signes de détresse psychologique chez cet homme de 64 ans atteint d’une maladie d’Alzheimer précoce. Photo fournie par Diane Marceau

De son côté, le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean a décliné la demande d’entrevue de Journal.

« Une enquête policière est toujours en cours pour faire la lumière sur les événements. Une enquête interne suivra l’enquête policière. Si dans ces sondages, des lacunes ou des éléments d’amélioration sont identifiés, des suivis seront effectués», précise par écrit la porte-parole du CIUSSS, Mélissa Bradette.

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1-866-APPEL (277-3553)

ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DE PRÉVENTION DU SUICIDE

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