Soutien aux grévistes de Rougier & Plé ! – .

La répression continue de s’abattre contre les grévistes de Rougier & Plé de Filles du Calvaire à Paris. Comme nous l’expliquions dans un précédent article, une majorité des salariés de ce grand magasin spécialisé dans les produits pour les beaux-arts et les loisirs créatifs s’est mise en grève en avril et mai contre des conditions de travail indignes et des locaux insalubres. et un manque de personnel flagrant. La mobilisation a été violemment réprimée et s’est notamment conclue par la convocation de quatre grévistes à un entretien préalable à leur licenciement.

Le verdict est finalement tombé la semaine dernière : deux des quatre grévistes convoqués ont été licenciés. Les deux salariés sur lesquels est tombé le couperet de l’employeur sont les deux seuls parmi les quatre à être syndiqués. L’une d’elles, Salomé, explique : « nous avons été licenciés pour faute grave, au motif que nous avions harcelé un collègue dont le CDD prenait fin en février. On nous accuse de l’avoir poussée à partir alors qu’elle est simplement partie à la fin de son contrat. », explique-t-elle qu’elle et son collègue ont reçu, comme justification de leur licenciement, « des lettres de six pages, presque copiées-collées, qui détaillent à quel point nous sommes des gens horribles et qui mentionnent de soi-disant convocations de la direction, qui en réalité n’ont jamais eu lieu « .

Comme l’explique l’employé : « nous sommes convoqués pour ces soi-disant actes de harcèlement plusieurs mois après les faits allégués qui, par hasard, ne sont traités que maintenant, juste après que nous ayons mené une grève majoritaire contre notre direction « . Les deux autres salariés convoqués n’ont pas été licenciés, mais Salomé nous explique que « la direction a essayé de les faire chanter pour les licencier afin de leur faire reconnaître telle ou telle faute inventée ; le motif invoqué contre l’un des collègues, qui a 13 ans d’expérience dans l’entreprise, était par exemple d’avoir « mal mis une étiquette » « .

De son côté, Sam, la déléguée syndicale SUD du magasin, n’a pas encore été convoquée, mais elle ne doute pas que son tour viendra bientôt. Comme elle nous l’explique, « la direction a déjà commencé ses manœuvres contre moi, par exemple ils ont payé deux avocats et m’ont forcé à avoir un entretien officiel avec eux, afin de pouvoir conclure que je harcelais mon manager « . La direction aurait également créé une « lettre anonyme », prétendument écrite par un employé du magasin, comprenant Révolution permanente a pu visionner des extraits. La lettre en question va, entre autres, affirmer que Sam s’apprête à « Prendre part » contre son manager et qu’elle utiliserait son mandat syndical comme « véhicule de haine « .

Ces manœuvres, visant à faire passer les travailleurs trop protestataires pour des harceleurs, ne sont évidemment pas un cas isolé et de telles procédures de bâillon continuent malheureusement de se multiplier. Les réprimés chez Rougier & Plé savent aussi bien qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Salomé résume ainsi leur état d’esprit : « nous sommes conscients que l’offensive que nous menons est une offensive générale, nous avons notamment rencontré les grévistes d’Onela au festival Lutte ouvrière et avons pris connaissance de la situation de Christian Porta à travers Révolution Permanente. Nous savons que la seule solution est de construire un front uni face à cette répression. En fin de compte, la violence et la radicalité de l’attaque que nous menons nous donnent la force de continuer à nous battre. « .

Afin de ne pas rester isolés, les militants réprimés se sont rendus dans d’autres magasins Rougier & Plé pour discuter avec leurs confrères. Sam explique à ce propos que « la direction filtre les informations reçues par nos collègues, qui vivent les mêmes conditions de travail que nous. Au mieux, on leur fait croire qu’il ne se passe rien chez la mère, et au pire, on leur dit qu’il y a une bande de révolutionnaires enragés chez les Filles du Calvaire et qu’il ne faut absolument pas écouter ce qu’ils disent. ‘ils disent. Ils nous accusent de vouloir politiser notre situation, alors que c’est justement notre situation qui nous a politisés ! »

Selon le syndicaliste, « des collègues qui ont 20, 30, 40 ans d’expérience dans le magasin nous ont dit qu’il y avait déjà eu des mobilisations et des syndicalistes depuis longtemps, mais que la direction avait fait en sorte de s’en débarrasser. En fait, ils détestent l’idée d’avoir parmi leurs travailleurs des manifestants qui n’osent pas supporter en silence des conditions de travail déplorables. « .

Grâce à la mobilisation, la direction de Rougier & Plé a enfin entamé le travail important que réclamaient les grévistes pour avoir des conditions de travail supportables, même si elle nie évidemment tout lien avec leur grève. Fidèle à ses méthodes, elle refuse également de donner la moindre information sur les travaux et ceux qui les exécutent à ses salariés, qui soupçonnent entre autres le recours au travail dissimulé, malgré un rappel à l’ordre en ce sens. la part de l’inspection du travail.

Face à cette violente offensive patronale qui vise à écraser et isoler les travailleurs combatifs, nous devons nous lever alors que des procédures similaires se sont multipliées ces derniers mois. Comme l’a rappelé l’un des employés : « les employeurs sont unis « Il est donc fondamental de ne pas rester dans un ordre dispersé, mais au contraire d’opposer une résistance unie et large à l’offensive que subissent des milliers de syndicalistes. Dans cet objectif, les grévistes ont prévu une manifestation au départ du 13 boulevard des Filles du Calvaire Samedi 8 juin à 14h et un rassemblement Lundi 10 juin à 14h près les prud’hommes de Paris, 27 rue Louis Blanc, en soutien aux deux salariés licenciés qui y contesteront leur licenciement. Soyons là en grand nombre !

 
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