L’AMF prend le contrôle d’Élan Future

L’AMF prend le contrôle d’Élan Future
L’AMF prend le contrôle d’Élan Future

À la demande de l’Autorité des marchés financiers (AMF), un administrateur provisoire prendra le contrôle d’Élan Future pour protéger le public. L’entreprise qui prétend pouvoir « mettre fin à la crise énergétique » a attiré des investissements totalisant 8,9 millions de dollars. L’argent était plutôt utilisé pour payer les dépenses personnelles de son propriétaire.

L’HISTOIRE JUSQU’ICI

Septembre 2020 : Élan Future est créé. L’entreprise granbyoise promet de révolutionner le secteur de l’énergie grâce à la technologie de « résonance paramétrique » qui permettrait de multiplier « par 10 » l’autonomie des véhicules électriques.

Décembre 2023 : L’AMF obtient du Tribunal administratif des marchés financiers des ordonnances de blocage des comptes des sociétés appartenant à Jérôme-Olivier Malo, propriétaire d’Élan Future. Ils auraient réalisé des investissements au travers de contrats liés à leur cryptomonnaie sans avoir les autorisations nécessaires.

Mai 2024 : À la demande de l’AMF, la Cour supérieure du Québec ordonne la nomination d’un administrateur provisoire des sociétés de M. Malo pour assurer leur surveillance et protéger le public.

« Une partie importante des actifs [d’Élan Future] a été utilisé dans un but autre que celui pour lequel il était destiné», explique l’Autorité des marchés financiers dans un communiqué publié vendredi.

Le gardien des marchés financiers précise que « des malversations, malversations ou abus de confiance ont été commis notamment par Jérôme-Olivier Malo », propriétaire de l’entreprise.

Déjà, en décembre, l’AMF avait obtenu des ordonnances de blocage des comptes des sociétés appartenant à M. Malo. Cette fois, c’est la Cour supérieure du Québec qui ordonne la nomination d’un administrateur provisoire pour Élan Future et d’autres sociétés appartenant à M. Malo. Le mandat de cet administrateur est de protéger le public en surveillant les opérations commerciales.

Au cours des dernières années, les investisseurs ont injecté plus de 8,9 millions dans Élan Future via des contrats liés à Elan Coin, une cryptomonnaie créée par l’entreprise.

L’entreprise granbyoise affirme avoir développé un « amplificateur d’énergie sophistiqué » qui permettrait de multiplier « l’autonomie par 10 » des véhicules électriques et de recharger leurs batteries seulement une fois tous les deux mois. En s’appuyant sur le concept de « résonance paramétrique », cette technologie pourrait « mettre fin à la crise énergétique », selon Élan Future.

Toutefois, la quasi-totalité des sommes reçues n’auraient pas été utilisées pour des activités liées au développement de la technologie. Dans une première décision rendue par le tribunal en décembre, il a été soutenu que « seulement environ 622 357,39 $ des sorties de fonds pouvaient éventuellement être liés à des dépenses professionnelles ».

L’AMF estime que Jérôme-Olivier Malo et ses sociétés auraient pu, en effet, déployer « un dispositif » où les sommes collectées auprès des investisseurs « serviraient à payer des dépenses personnelles ».

Jusqu’à présent, l’enquête de l’AMF a révélé que les sommes avancées par les investisseurs ont servi à l’achat de deux Tesla, d’une moto Ducati, d’une Toyota ainsi que d’un navire et de deux bâtiments.

“De l’avis de la Cour, ces manquements apparents graves risquent de causer un préjudice irréparable à l’intégrité des marchés financiers et du public investisseur ainsi qu’à affecter la confiance des investisseurs dans ces marchés”, peut-on lire dans l’arrêt qui accompagne les ordonnances de décembre.

Ceux-ci ciblent les entreprises de Jérôme-Olivier Malo, mais aussi les partenaires d’affaires : Marie-Soleil Baril, Dominik Bilodeau, Alexandre Cossette, Martin Isabelle et Nicolas Maltais. L’AMF a également indiqué à - que des « avis de contestation » ont été déposés par certains d’entre eux, mais qu’aucune audience n’a été prévue à ce jour.

Lors d’une entrevue accordée l’an dernier au site TradingView, Jérôme-Olivier Malo affirmait avoir constitué une équipe expérimentée composée de « physiciens qui bousculent le statu quo, d’ingénieurs d’Hydro-Québec qui ont de l’électricité dans les veines, de magiciens financiers qui voir au-delà des résultats financiers et des investisseurs providentiels qui ont les yeux rivés sur un horizon éclairé par l’innovation.

Le porte-parole d’Hydro-Québec, Jonathan Côté, nie ces affirmations. « Nous ne travaillons pas avec cette personne. C’est vraiment quelqu’un avec qui nous n’avons aucun lien. » Il ajoute : « Nous avons nous-mêmes trouvé les affirmations de l’entreprise assez étonnantes. Ils ne sont pas les premiers à proposer des solutions quelque peu miraculeuses. Et généralement, quand c’est trop beau pour être vrai, c’est tout simplement trop beau pour être vrai. »

 
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