Adoption du projet de loi fédéral « anti-briseurs de grève »

Adoption du projet de loi fédéral « anti-briseurs de grève »
Adoption du projet de loi fédéral « anti-briseurs de grève »

Le projet de loi qui interdira le recours à des travailleurs de remplacement lors d’une grève ou d’un lock-out dans les entreprises de compétence fédérale a finalement été adopté à l’unanimité, en troisième lecture, lundi après-midi.

Au final, 317 députés ont voté pour, dont les conservateurs, et aucun contre.

Attendu depuis des décennies par les syndicats, mais critiqué par les associations patronales, le projet de loi déposé par le ministre fédéral du Travail, Seamus O’Regan, en novembre dernier sera désormais renvoyé au Sénat.

Même si une loi similaire existe au Québec depuis 47 ans, elle n’existait pas au niveau fédéral, affectant ainsi des entreprises telles que les télécommunications, le transport ferroviaire, les institutions financières, la radiodiffusion et le transport aérien.

Le projet de loi prévoit un délai d’un an avant son entrée en vigueur. Lors du dépôt du projet de loi, le ministre O’Regan a expliqué que c’était à la demande du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI). Ce tribunal administratif spécialisé en droit du travail sur la scène fédérale a eu besoin d’un certain temps pour effectuer sa formation, a expliqué le ministre. Au départ, on parlait même d’un délai d’un an et demi.

Bien qu’il interdise le remplacement des travailleurs en grève ou en lock-out par des travailleurs de remplacement, le projet de loi prévoit un volet important sur le maintien des activités dans l’entreprise pendant le conflit, pour des raisons de santé, de sécurité ou s’il existe un risque environnemental ou des dommages à l’environnement. l’équipement.

Ainsi, dès l’émission d’un avis de négociation, les parties disposeront d’un délai de 15 jours pour s’entendre sur le maintien de certaines activités pour ces raisons. S’ils ne sont pas d’accord, ce sera au CCRI de trancher.

Travailleurs fédéraux

Des membres des syndicats Vidéotron de Gatineau et des dockers du port de Québec, tous deux en lock-out respectivement depuis sept et 20 mois, rattachés au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, étaient présents à Ottawa pour la adoption du projet de loi.

« Ces deux groupes ont été les fers de lance dans la lutte pour faire adopter cette loi anti-briseurs de grève. Si ces dernières existaient déjà, ces gens ne seraient pas dans la rue», a souligné Frédéric Brisson, secrétaire général du SCFP de Québec.

La présidente de la FTQ, Magali Picard, était également présente à Ottawa pour l’événement.

Pour Josée Lussier Hall, une employée de Vidéotron Gatineau en lock-out depuis sept mois, ce projet de loi « apporte de l’espoir ». «C’est un grand pas en avant. »

Partis politiques

Au Bloc Québécois, le député Alain Therrien s’est dit « satisfait, mais pas complètement ». Le délai d’un an avant l’entrée en vigueur du projet de loi, bien que raccourci, le dérange toujours. « Nous ne comprenons pas cela ; 12 mois, c’est déjà beaucoup trop long. Vous ne savez jamais ce qui pourrait arriver. »

Signe du travail laborieux accompli avant d’en arriver là, le Bloc québécois avait déjà déposé 11 projets de loi à ce sujet au fil des années.

Pour le chef du NPD, Jagmeet Singh, il s’agit d’un « jour historique ». « Avec ce projet de loi, les patrons, les grands patrons, ne pourront plus continuer à vous exploiter à l’avenir. Nous allons arrêter les jaunes, nous allons arrêter les briseurs de grève. »

Même si les conservateurs ont cette fois voté en faveur du projet de loi, M. Singh dit craindre pour l’avenir si leur chef, Pierre Poilievre, est élu aux prochaines élections.

« Sur ce projet de loi et sur tous les projets de loi qui « impactent » les travailleurs, les syndicats, j’ai des craintes basées sur les faits, basées sur les antécédents de Pierre Poilievre et des conservateurs, qui vont s’attaquer aux droits des syndicats et des travailleurs. »

A voir en vidéo

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

PREV in Brest Rural, Matthieu Muller, the tireless candidate of Lutte Ouvrière – .
NEXT Nîmes Karting abrite désormais un spot de lancer de haches